23 janvier 2010

Blastann Zeimer

Projets Angoulême 2010 (clique sur les liens & épate tes amis !) :
1/ 1916
2/ Abattoir
3/ L'âge de Tantale
4/ L'ami imaginaire
5/ Blastann Zeimer

Cinquième des 5 projets que je m'apprête à soumettre aux éditeurs cette année, Blastann Zeimer, réalisé avec le dessinateur Enrique Alcatena. Les couleurs et le lettrage sont de German Nobile. Blastann Zeimer est de ces histoires qui ont une longue histoire mais je vous la raconterai une autre fois. L'essentiel de l'univers, de l'histoire, et des personnages sont la création de Christophe Lacaux, qui m'en a confié le développement.

Les bandes dessinées d'Enrique ont été publiées, au cours des 30 dernières années, aux USA, en France, en Italie, en Angleterre et bientôt en Inde. Il a travaillé sur Conan the Barbarian et Fantastic Four pour Marvel, sur Batman, Superman, Flash et Hawkman pour DC Comics, et Judge Dredd Vs. Predator pour Dark Horse. En France, ses travaux ont parus chez Albin Michel et Soleil. A noter que Quique a encré Hawkworld de Timothy Truman (DC Comics, 1989), qui est l'une de mes BD de chevet depuis plus de 10 ans : c'est un peu un honneur pour moi que de pouvoir travailler avec lui.

Je vous laisse en compagnie des premières planches, sans un mot de plus sur le scénario ^^ Il suffit de cliquer sur les planches pour les voir en grand format.



































































L'ami imaginaire

Projets Angoulême 2010 (clique sur les liens & épate tes amis !) :
1/ 1916
2/ Abattoir
3/ L'âge de Tantale
4/ L'ami imaginaire
5/ Blastann Zeimer

Quatrième des 5 projets que je m'apprête à soumettre aux éditeurs cette année, L'ami imaginaire, réalisé avec le dessinateur Roberto Viacava (son blog et son autre blog).

Roberto a publié aux USA et en Italie, notamment les bandes dessinées Zombie Highway (traduite en France par Wetta) et Absolution avec le scénariste Christos Gage (publié par Avatar Press).

Je vous laisse en compagnie des 7 premières planches, sans un mot de plus sur le scénario ^^ Il suffit de cliquer sur les planches pour les voir en grand format.























































































































22 janvier 2010

L'âge de Tantale

Projets Angoulême 2010 (clique sur les liens & épate tes amis !) :
1/ 1916
2/ Abattoir
3/ L'âge de Tantale
4/ L'ami imaginaire
5/ Blastann Zeimer

Troisième des 5 projets que je m'apprête à soumettre aux éditeurs cette année, L'âge de Tantale, réalisé avec le dessinateur Tomás Aira (son blog, son autre blog et encore son autre blog)

Tomás a publié l'album 78kmph en Argentine, et réalisé la mini-série Night & Fog avec les scénaristes Alex Leung et Mark Bradford, publiée aux USA par Studio 407 et dont les droits viennent d'être achetés à Hollywood.

Je vous laisse en compagnie des 7 premières planches, sans un mot de plus sur le scénario ^^ Il suffit de cliquer sur les planches pour les voir en grand format.











































































































































Abattoir

Projets Angoulême 2010 (clique sur les liens & épate tes amis !) :
1/ 1916
2/ Abattoir
3/ L'âge de Tantale
4/ L'ami imaginaire
5/ Blastann Zeimer

Second des 5 projets que je m'apprête à soumettre aux éditeurs cette année, Abattoir, réalisé avec le dessinateur German Nobile.

German a déjà publié un album en Argentine. Il travaille aussi beaucoup pour l'industrie des cartes à jouer. Il est le coloriste et le lettreur de la bande dessinée Homo Superior, que je réalise actuellement avec le dessinateur German Ponce, et qui paraîtra en 2010 aux éditions Ankama.

Je vous laisse en compagnie des 4 premières planches, sans un mot de plus sur le scénario ^^ Il suffit de cliquer sur les planches pour les voir en grand format. Il se peut qu'il y ait une ou deux planches de plus d'ici quelques jours.

























































1916

Projets Angoulême 2010 (clique sur les liens & épate tes amis !) :
1/ 1916
2/ Abattoir
3/ L'âge de Tantale
4/ L'ami imaginaire
5/ Blastann Zeimer

Premier des 5 projets que je m'apprête à soumettre aux éditeurs cette année, 1916, réalisé avec le dessinateur Danilo Guida (son site et son blog), avec qui j'avais déjà composé Les nymphes cannibales l'an dernier. Les couleurs et le lettrage sont de German Nobile.

Danilo travaille beaucoup pour l'industrie du jeu de rôle. Il a également publié dans divers magazines, dont Heavy Metal aux USA, et été l'assistant de Tomàs Giorello sur Star Wars, publié chez Dark Horse.

Je vous laisse en compagnie des 4 premières planches, sans un mot de plus sur le scénario ^^ Il suffit de cliquer sur les planches pour les voir en grand format.






































































20 janvier 2010

... (35)

les reproches ne sont que
les yeux jaunâtres de crapauds vautrés
il convient de les accueillir comme
la luxure avide
du malheur

18 janvier 2010

... (34)

il est temps, parfois
de payer tribut & de s'en régaler
mais avant cela
un peu de contemplation s'impose
& situe

17 janvier 2010

Comment Shaomi devint (presque) sans-papiers

C’est amusant que je n’aie jamais pensé à raconter ça ici, depuis plus de deux ans que c’est arrivé… mais je suis presque sans papiers…

Avant, j’avais une carte d’identité et un passeport (je n’ai jamais vu l’utilité de passer le permis de conduire en vivant en plein centre de Lyon). En avril 2007, lors de l’Epouvantable Expérience Marseillaise (E.E.M.), on m’a volé mon portefeuille avec ma carte d’identité dedans.

Alors je porte plainte et tout le tralala puis début juillet, comme j’avais un passeport périmé et qu’un voyage en Inde se profilait à l’horizon, je suis allé refaire tous mes papiers. Le passeport pas de souci, mais pour la carte on me demande « le papier jaune ». Quel papier jaune ? « Le papier jaune que la police vous a donné quand vous avez déposé plainte ». La police ne m’a jamais donné de papier jaune, tout ce qu’ils m’ont donné c’est une copie de ma plainte. « Je comprends Monsieur, ça arrive et j’aime autant vous prévenir qu’ils vont le nier, mais il faut y retourner et demander un duplicata ». Et la dame (une très gentille jolie dame blonde de 40 ans à qui j’avais très envie de mordiller les pommettes) d’ajouter « Et puis aussi vous allez avoir des soucis parce que le papier jaune stipule que vous avez deux mois pour renouveler votre carte, et là ça fait trois mois, mais récupérez déjà le papier jaune et puis on verra ensuite. »

Bon… Je vais au commissariat. « Ah non Monsieur c’est impossible on donne toujours le papier jaune. » Ben non, vous me l’avez pas donné et puis en plus vous m'avez pas dit que j'avais que deux mois. « Si, obligatoirement, on donne toujours le papier jaune et on dit toujours qu'il y a un délai de deux mois. ». Ben vous auriez pu oublier à la fois, ça arrive ces choses-là. « Non Monsieur ça n’arrive jamais, on donne toujours le papier jaune et on précise toujours pour le délai. » Bon, ok, admettons que vous m'ayiez dit pour le délai et que j'aie oublié, mais par contre je suis navré mais je persiste à nier pour le papier jaune. « Ah, attendez : vous dites que c’était en avril ? Oui alors à cette époque on n’avait plus de papier jaune donc on a du vous l’imprimer sur du papier blanc mais on vous l’a donné c’est certain. » Bon, ok, soit, on va pas y passer la nuit, admettons qu'il ait été blanc et que je l’aie perdu : il me faut un duplicata. « Nous ne pouvons pas faire de duplicata ». Comment ça, vous pouvez pas faire de duplicata ? « On ne peut pas ». Il doit bien y avoir un moyen, il suffit de me réimprimer le truc. « On n’a pas le droit et de toute façon même si on voulait on peut pas, il y en avait un pour vous et un pour la préfecture et nous on n’a pas gardé de copie et on ne peut pas en refaire un comme ça. » Ah, bon, alors je fais quoi moi ? « Allez à la préfecture au service des papiers et demandez-leur une copie de leur copie. »

Bon… Je vais à la préfecture. « Monsieur, le service des papiers ne reçoit pas le public ». Oui mais la police m’a dit de… « La police vous a raconté n’importe quoi, le service des papiers ne reçoit pas le public : même si moi je vous laisse passer, ils ne voudront pas vous recevoir ». Oui mais la mairie dit que sans papier jaune vous ne me referez pas ma carte et que la police doit me donner le papier jaune mais la police dit que c’est à vous de me donner le papier jaune. « La police peut vous refaire le papier jaune : dites-leur de vous refaire le papier jaune ». Mais madame ils refusent, ils disent qu’ils n’ont pas le droit. « Ils vous mènent en bateau parce qu’ils ont la flemme. Retournez-y et demandez à parler à un gradé pour qu’il vous fasse le papier jaune, parce que ici on ne vous recevra pas ».

Bon… Je retourne au commissariat et on m’amène un gradé et là pas la peine que je me fatigue à écrire : vous remontez de deux paragraphes et vous relisez le premier passage au commissariat parce que c’est la même conversation mot pour mot et on me dit de retourner à la préfecture ou sinon à la mairie mais qu'ici ils ne peuvent plus rien pour moi.

Alors finalement je décide de faire une pause et trois semaine plus tard je retourne à la mairie récupérer mon nouveau passeport et je raconte tout à la dame aux jolie pommettes et elle hausse les épaules en me disant qu’elle n’a aucune idée de ce que je devrais faire pour ravoir une carte d’identité mais que si elle envoie un dossier sans papier jaune la préfecture va le lui renvoyer de toute façon comme étant incomplet. Comme à cette époque je suis encore comme qui dirait lié à une ex/future/future-ex, je n’invite pas la dame blonde à se faire mordiller les pommettes ni même à boire un café, et je rentre chez moi.

Quelques mois plus tard, un ami bien placé m’expliquera que mon seul recours est de porter plainte au tribunal administratif parce que l’État n’a pas le droit de me refuser une carte d’identité et que ça sera long et compliqué mais que je suis sûr de gagner et d'avoir ma carte au bout du compte. Mais entre temps j’étais retourné en Inde et j'avais pris certaines décisions, et du coup je me suis dit que honnêtement ce passeport m’irait très bien en guise de seul et unique papier d’identité, vu que de toute façon je vais probablement passer l’essentiel de ma vie future comme expatrié, et que citoyen du monde, ma foi si ça convient à Ryuichi Sakamoto ça me convient bien à moi ^^

& c’est ainsi que Shaomi devint (presque) sans papiers…

15 janvier 2010

Un opéra... electroclash ?!

L'electroclash a toujours été une musique d'intellos. Derrière ses apparences superficielles, dansantes, parfois salaces, le genre ne s'est pas contenté de reinventer l'electro des années 2000, d'y ré-insuffler la pop que l'electro des années 1990 avait chassée à grand coups de breakbeat et de glitch (pour paraître, justement, très intello). L'electroclash est un manifeste, le retour d'une attitude sex, drugs & rock'n'roll si exagérée qu'elle en devient caricaturale, et au bout du compte fait le procès d'une société de consommation où même l'autre devient un objet (sexuel) qu'on achète et qu'on jette. Paradoxalement, c'est aussi (quand même) le retour de la légèreté, du droit au glamour et à l'autodérision. Et encore, pourrait-on dire, une régurgitation parfaite de tout ce qui s'est fait de Elvis Presley à Aphex Twin en passant par Cocteau Twins, The Human League et James Brown...

Le duo suédois The Knife s'illustre depuis 2001 comme l'une des plus fascinantes bizarreries de ce mouvement. Les quatre albums parus à ce jour (dont une musique de film) sont autant de perles minimalistes, expérimentales, ténébreuses ou dansantes (parfois tout ça à la fois). On peut ne pas apprécier leur esthétique radicale, leur déconstruction systématique de la cold-wave et de la dance music, deux langages qu'ils maîtrisent parfaitement, mais on ne peut que s'incliner devant la singularité de leur esthétique.

Le nouveau projet de The Knife, Tomorrow, In A Year, s'annonce comme un tournant décisif dans leur carrière puisqu'il s'agit... d'un opéra ! Pas un opéra rock à la con comme on en a tant vu, mais bel et bien une pièce contemporaine, qui s'inscrit autant dans la lignée des musiques dites « savantes » (contemporaines, répétitives, etc.) que dans la tradition électronique. Commandité par la compagnie Hotel Pro Forma dans le cadre plus global d'un spectacle sur Darwin et sa théorie de l'évolution (!!!), le double album sera disponible au mois de mars, et le premier extrait (une pièce de 11 minutes en écoute sur leur Myspace) met l'eau à la bouche !

Il faut dire que Tomorrow, In A Year marque aussi la première collaboration entre The Knife et les musiciens Planningtorock et Mt. Sims. Planningtorock est anglaise (mais vit à Berlin) et s'est faite remarquer avec l'album Have It All en 2006. Cet album est lui-même une bizarrerie, quelque part entre la douceur baroque de Kate Bush et l'hystérie élégante de Dandi Wind. Mt. Sims, lui, est canadien (mais il vit aussi à Berlin). En 2002, il débutait sous le nom de Mount Sims avec Ultra Sex, une merveille de synth-pop boostée au Minneapolis Sound façon Prince, un album qui contribua grandement à lancer l'explosion electroclash des années 2002-2005. Ont suivis un disque plus sombre, à la limite de l'indus,
plus difficile d'écoute mais d'une assez fascinante morbidité, jusqu'à la formation du groupe Mt. Sims à Berlin et l'album cold-wave qui en découla.

Alors voilà : trois des entités musicales les plus remarquables de la décennie se réunissent pour composer un opéra, il serait étonnant que ça ne donne pas quelque chose de mémorable ! Une expérience qui marque en tout cas le véritable début d'un mouvement post-electroclash (ce mouvement qu'on ne sait plus comment appeler puisque la presse musicale a décrété la mort de l'electroclash en 2005 !). C'est tout une génération de musiciens qui va enfin se libérer de son image suave, sex, drugs & rock'n'roll. Ainsi, le mouvement qui a su ramener la pop dans l'electro finirait donc par la réconcilier avec ses origines electroacoustiques... L'electroclash est mort ? Vive l'electroclash ! Une boucle se boucle en tout cas...

Colouring Of Pigeons, premier extrait de l'opéra
Tomorrow, In A Year, est en écoute ici. C'est prometteur, c'est magique, c'est beau, c'est ce vers quoi nous autres artistes devrions tous tendre (et moi l'écrivain le premier) !

Et en bonus, quelques vidéos des artistes susnommés, pour vous donner le ton :

We Share Our Mother's Health de The Knife.


Toujours The Knife avec Heartbeat.


Une touche de Planningtorock avec Have It All.


Et la classique How We Do de Mount Sims.

14 janvier 2010

Georges Mélies est mort en 1938

Pauvre lapin, pauvre doudou, qui n'avait rien vu du tout...

(Ne vous inquiétez pas, ça nous arrivera à nous aussi ^^)

11 janvier 2010

Bébé Coma Solo

Bébé Coma est un projet de semi-improvisation pluridisciplinaire qui a une longue histoire. Issu de sessions d'écriture intensives de l'automne 2003 en vue de futures Combustions Spontanées, héritier thématique d'un spectacle similaire avorté en 2002, produit sur scène à 5 reprises en 2003-2004 avec votre humble serviteur au texte, NeSty NeSs au son, et selon les cas Pierrick Maitrot ou Jean-Pierre Olinger à la peinture, Stéphan Meynet à la vidéo ou safran en projection photographique... Vous pouvez trouver une historique plus détaillée du projet ici.

Après que la première version ait vécue, le projet repartit dans une nouvelle direction en 2005, avec le musicien Vincent Palumbo, la danseuse Florence Bordarier et la vidéaste Isa Borgo. Malheureusement je suis parti deux ans à Marseille, Vincent est parti en Angleterre puis à Paris, et tout ça est resté en stand-by depuis 3 ans. Nous nous sommes revus tous les quatre il y a peu, et on s'est dit qu'on finirait bien le travail, pas en live mais en studio, pour une version qui serait alors diffusée online : à suivre donc...

En attendant, Florence eut l'occasion de présenter une partie de son travail sur le spectacle en 2006. Chorégraphié par ses soins sous la direction de Dominique Buttaud, danse silencieuse (d'où la vidéo sans musique), Bébé Coma Solo est tout ce qui est visible à ce jour du projet... J'espère que vous pourrez un jour découvrir Bébé Coma dans son intégralité et d'ici là, je vous laisse en compagnie de Florence.


9 janvier 2010

... (33)

toucher les cieux
fermer les yeux
& les rouvrir sur un torrent
entre deux prises de conscience
hurler à la vie

8 janvier 2010

La Compagnizz, la série : épisode 10 - Le nouveau spectacle de lalaBolduc

Explications et épisode 1 ici.
Épisode 2 ici.
Épisode 3 ici.
Épisode 4 ici.
Épisode 5 ici.
Épisode 6 ici.
Épisode 7 ici.
Épisode 8 ici.
Épisode 9 ici.

Vous avez peut-être déjà entendu les rumeurs : lalaBolduc prépare un nouveau spectacle, avec plein de nouveaux morceaux et tout ! La grande nouveauté c'est aussi qu'elles sont parvenues à se cloner !!!

Ainsi donc, en exclusivité mondiale, voici le morceau d'introduction du nouveau spectacle des lalaBolduc !!! Les habitué(e)s du précédent reconnaitront sans doutes quelques allusions ^^

La Compagnizz, la série : épisode 10 - Le nouveau spectacle de lalaBolduc
http://www.grapheine.com/bombaytv/movie-uk-9c361d108468c3c851ef78ed87791013.html

A la semaine prochaine pour un nouvel épisode !

10 décembre 2009

Amnésie

Le maire d'Amnéville a été condamné pour faux et usage de faux mais ce n'est pas grave puisque tous les habitants d'Amnéville sont, par définition, amnésiques. Ils auront donc bientôt tout oublié et le maire sera réélu ^^

7 décembre 2009

... (32)

les poissons rouges tournent de rage
boivent leur urine en corps
frustrés par la vitre
ils nous menacent
sans bruit

4 décembre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 9 - Sainthomas traumatisé par Denis Lecarme

Explications et épisode 1 ici.
Épisode 2 ici.
Épisode 3 ici.
Épisode 4 ici.
Épisode 5 ici.
Épisode 6 ici.
Épisode 7 ici.
Épisode 8 ici.

Il y a quinze jours, vous avez pu entendre les doléances de Sainthomas par rapport à ce qu'il attendait de sa carrière de musicien. Aujourd'hui, vous allez voir que Thomas a parfois... des soucis de confiance en lui ! Ou comment le nouveau gimmick de Denis Lecarme le plonge dans une panique irraisonnée !

La Compagnizz, la série : épisode 9
Sainthomas traumatisé par Denis Lecarme

A la semaine prochaine pour un nouvel épisode !

3 décembre 2009

Toutes ces histoires...

C'est drôle, parce que je n'ai pas du tout peur de mourir. J'ai peur de la souffrance qui peut précéder la mort mais je n'ai pas du tout peur de mourir. D'une part cela me rapprochera de ma prochaine incarnation (dans un monde sans arthropodes, j'espère), mais même si je me trompe et qu'il n'y a rien, je suis d'accord avec Socrate qui explique que de toute façon, puisque nous ignorons ce qu'est la mort il est absurde de la craindre puisque si il y a quelque chose, ça ne peut pas être pire qu'ici et, s'il n'y a rien, nous ne serons plus en état de nous plaindre de notre propre néant...

Pourtant, il m'arrive parfois d'avoir peur de mourir jeune, non pas à cause de ce que je ne vivrai pas (j'en ai déjà tant vécu) mais à cause de toutes ces histoires que je n'aurais pas eu le temps d'écrire !

Non que je n'en ai pas déjà écrit beaucoup. J'en ai écrit un paquet pendant toutes ces années, dont quelques unes sont disponibles en ligne. Mais il reste toutes celles qui attendent, qui sont là en train d'être conçues ou finalisées dans ma tête : les plus importantes puisqu'il faut si longtemps pour acquérir une maturité dans sa pratique artistique... Concrètement, à 33 ans, ma bibliographie officielle (donc aboutie), si l'on en ôte tout ce qui n'est pas publié (y compris un roman complet), ne compte que Fragments nocturnes, Tabloïde, et les deux tomes de Homo Superior qui paraitront l'an prochain chez Ankama Editions. C'est très peu au regard de toutes les histoires que j'ai commencées, que j'ai en tête, que je n'ai pas finalisées... Ce n'est qu'un tout petit début...

Sauf que pour le moment j'ai besoin de me consacrer à mon taf de chargé de diffusion, certes culturel mais point littéraire, pour vivre. Et à ma formation en FLE, pour préparer mon exil en Asie, et tout ça prend du temps sur ma création, et même si je suis en train de préparer une demi-douzaine de projets de BD avec autant de dessinateurs, que je vais tâcher de vendre au prochain Angoulême, j'ai la sensation de ne pas faire ce qui est la chose la plus importante de ma vie : écrire.

C'est étrange, pourtant, parce que le monde n'a pas besoin de ces histoires. Enfin, je ne crois pas. Même si je suis certain de ne pas être le plus mauvais du lot, loin s'en faut, il existe des tonnes de romanciers et de scénaristes plus talentueux que moi, dont le travail marquera l'histoire de l'art, bouleversera la vie de milliers de gens et d'artistes. Je n'ai pas cette prétention. Mais l'enjeu n'est pas là. L'enjeu existe en soi : c'est celui de toutes ces histoires qui veulent être écrites, qui hurlent chaque jour leur besoin d'être écrites dans ma tête, qui ont besoin de l'être, et qui ne le sont pas toujours... Leur succès commercial, leur impact historique, n'a en réalité aucune importance. Ce qui a de l'importance c'est que je puisse les écrire, c'est qu'elles existent, quand bien même il n'y aurait personne pour les lire. Je ne sais foutrement pas pourquoi. C'est comme ça. C'est tout.

Alors voilà, j'ai toute confiance en ce Shiva que vous appelez Dieu pour me rappeler quand le moment sera venu, mais je suis navré d'avance si je n'ai pas eu le temps d'écrire toutes les histoires qu'il me fallait écrire. Vraiment navré pour ces orphelines, qui n'attendaient que moi. Je fais comme je peux, autant que je peux. Si un jour je peux de nouveau me consacrer totalement à elles, comme je l'ai fait à certaines périodes de ma vie, je le ferai, promis juré.

27 novembre 2009

Warp

Warp est un projet de bande dessinée de science-fiction, qui fut d'abord monté en 2001-2002 avec le dessinateur Arden. Nous étions sur le point de signer avec l'éditeur Pointe Noire lorsque celui-ci fit faillite, après quoi Arden renonça à la BD pour se consacrer à son métier d'infographiste.

Après un faux départ avec une seconde artiste en 2004, le projet fut finalisé en 2005 avec le duo dessinateur/coloriste C.M.H. & A. et c'est cette version que vous allez découvrir aujourd'hui (il ne me reste malheureusement rien des deux précédentes). Le projet fut soumis aux éditeurs en 2006, sans succès (il y en eut bien un pour manifester un vague intérêt, mais rien n'aboutit). Ainsi donc, Warp termina dans un warp ^^

Humainement et artistiquement, la collaboration avec C.H.M. & A. fut un réel plaisir ! Tout autant d'ailleurs que celle avec Arden. Mais au bout du compte, indépendamment de la qualité de leur travail et de nos échanges, je suis plutôt content qu'aucune des deux versions n'ait été publiée : ce scénario était exactement le contraire de ce qu'il aurait du être. Les artistes n'y étaient pour rien : c'était ma faute, purement de ma faute.

Lorsque j'eus l'idée première de Warp, il devait s'agir d'une espèce de Aguirre, la colère de Dieu de la science-fiction, une réflexion sur la notion de civilisation, une épopée violente, déjantée, hystérique, dans laquelle des êtres prétendument évolués étaient plongés dans la barbarie la plus noire, jusqu'à eux-même sombrer dans les ténèbres. Mais bizarrement, j'ai écris tout autre chose ! Était-ce la peur de ne pas parvenir à vendre un projet trop « littéraire » ? Était-ce une volonté inconsciente de rester « pop » ? Je ne sais pas ce qui s'est passé, juste que dès les premières lignes, Warp prit la forme d'un truc de SF au ton léger, complètement mainstream : précisément l'inverse de ce que je voulais !!! Évidemment, je n'étais jamais vraiment satisfait du scénario, que je retravaillais sans arrêt, m'efforçant d'en étoffer la dramaturgie pour compenser cette « dérive ». Au bout du compte, je crois que la dernière version n'était pas si mauvaise, pas pire en tout cas que nombre d'autres trucs « tous publics » que l'on trouve en librairie. Mais quelles qu'aient pu être ses qualités, mon script restait consensuel, convenu, formaté : tout ce que je déteste !!! Mon seul pari un tantinet osé fut que, de la douzaine de personnages, un seul était humain... et mourrait avant la fin du premier tome ! Était-il possible de susciter l'intérêt du lecteur pour des personnages étant tous extra-terrestres, appartenant tous à des cultures différentes de la notre ?

C'est en tout cas bizarre, parfois, comme les histoires que l'on veut raconter ont leur propre vie, leur propre existence et nous échappent pour devenir ce qu'elles veulent devenir ! Peut-être finirai-je un jour par reprendre ce concept de zéro, et en faire ce truc tordu que j'avais en tête. Peut-être... ou pas.

Quant à C.M.H. & A., ils écrivent désormais leurs propres scénarios, et je leur souhaite le plus vif succès dans leurs projets. Qui sait si nos chemins artistiques ne se recroiseront pas un jour ? Ce serait pour moi un plaisir... Dans tous les cas, je reste très amoureux de leur coup de crayon et du travail qu'ils ont fourni sur Warp...

Voici donc les planches, suivies de recherches sur les personnages.
































21 novembre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 8 - La Compagnizz fait dans les mondanités

Explications et épisode 1 ici.
Épisode 2 ici.
Épisode 3 ici.
Épisode 4 ici.
Épisode 5 ici.
Épisode 6 ici.
Épisode 7 ici.

De temps à autres, lalaBolduc, Denis Lecarme et Sainthomas se réunissent en co-plateau, histoire de faire un peu de buzz, de motiver les programmateurs à venir découvrir les trois artistes d'un coup, de rameuter les spectateurs récalcitrants en leur offrant trois concerts pour le prix d'un...

Mais bon... Comme vous allez le voir, Carole Jacques de lalaBolduc est timide, donc pas toujours à l'aise lorsqu'il s'agit de présenter une soirée... Et depuis que Sainthomas est passé de sa formule quatuor à sa formule solo, Carole trouve ça encore plus compliqué à expliquer (ce que Thomas comprend bien, à en croire son hochement de tête) !

Et puis disons-le franchement : le vrai problème c'est que le public lyonnais est très... mondain...

La preuve en images !

La Compagnizz, la série : épisode 8
La Compagnizz fait dans les mondanités

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18 novembre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 7 - Sainthomas n'est pas content

Explications et épisode 1 ici.
Épisode 2 ici.
Épisode 3 ici.
Épisode 4 ici.
Épisode 5 ici.
Épisode 6 ici.

La plupart des musiciens le savent : le jour où vous annoncez à vos parents que vous allez plaquer votre carrière d'architecte pour vous consacrer à la musique, la réaction est assez violente ! Sainthomas a eu de la chance : son père a compris que son fils devait réaliser ses rêves. Ainsi, il l'a encouragé sans réserve !

Quelques années plus tard, c'est l'heure des bilans... et là : Sainthomas n'est pas content, mais alors pas content du tout !

La Compagnizz, la série : épisode 6
Sainthomas n'est pas content

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17 novembre 2009

Insoluble

Comment dire aux gens qui nous ont blessé qu'ils nous ont blessé sans les blesser si le fait de leur dire qu'ils nous ont blessé les blesse ?

16 novembre 2009

Shaomi est complètement has-been

Ben oui : ce week-end j'étais malade, alors je me suis dit que ça devait être la grippe A !

Comme je suis un être totalement superficiel qui ne se soucie que de son image, j'étais super content, genre : « Wow ! La classe ! Je suis méga-tendance sur ce coup-là ! »

Et ben non : c'était juste une grippe à la con, banale et bénigne...

Déjà que j'étais passé à côté de la vache folle dans les années 90 et de la grippe aviaire en 2003, et bien entendu j'étais trop jeune pour choper le sida en 1985 (j'aurais pu par la suite, mais c'était plus du tout avant-gardiste après 1990...).

Putain les mecs je suis complètement has-been...

15 novembre 2009

La réhabilitation de Thomas Dolby

Totalement oublié en France, Thomas Dolby fut, aux côtés de Gary Numan, The Human League, Heaven 17 et Depeche Mode, l'un des pionniers les plus remarquables de la synthpop anglaise. Si sa discographie s'est considérablement ralentie après 1988, Dolby restera l'auteur de l'un des disques les plus intelligents des années 80 avec son premier album autoproduit, The Golden Age Of Wireless. Empruntant (comme Numan avant lui) à David Bowie son sens de la mélodie à la fois élégante et envoutante, Dolby s'imposa immédiatement comme un « savant fou » de la pop. Superposant avec allégresse nappes de synthétiseurs et bruitages incongrus, invitant la star japonaise (elle-même ô combien visionnaire) Akiko Yano à pousser la chansonnette sur un titre, mélangeant habilement instrumentation « traditionnelle » et bidouillages avant-gardistes, Dolby suscita immédiatement l'enthousiasme en cette année 1982. The Golden Age Of Wireless est un disque rien moins qu'essentiel, en ce sens qu'il parvient à synthétiser avec brio l'essence même de la pop music dans ce qu'elle a de plus intemporel, tout en cristallisant les innovations d'une époque. D'ailleurs, contrairement aux artistes cités plus haut, Dolby s'obstina ne jamais sombrer dans la froideur synthétique qui caractérisait ses contemporains : le son reste très « chaud », se refuse radicalement au minimalisme, de sorte que les savoureuses textures sonores sont ornées en permanence d'une panoplie d'arrangements fournis. Et, comme souvent avec les œuvres de jeunesse, l'ensemble respire un enthousiasme débordant de vie, contagieux ! Ces mots, tirés du single She Blinded Me With Science, pourraient s'appliquer au disque tout entier : « it's poetry in motion ».

Depuis que nous nous sommes rencontrés en 2002, The Golden Age Of Wireless ne m'a jamais ni déçu ni lassé : il restera probablement à jamais l'un de mes disques de chevet. A noter qu'il en existe plusieurs rééditions, avec des tracklists différentes d'une version à l'autre. Le mieux est donc de mettre la main sur la version remasterisée qui vient de paraître chez EMI, et qui contient l'intégralité des sessions. Cette version est disponible en digital à un prix dérisoire (9,99€ pour 19 titres, sur Amazon).

Quelques extraits sur Youtube :

She Blinded Me With Science

Radio Silence

Europa And The Pirate Twins

Airwaves

Windpower

One Of Our Submarines

Flying North

13 novembre 2009

Interdire la burqa ? Oui, mais...

Je ne suis pas spécialement excité par la burqa (je lui préfère le sari ou la mini-jupe) mais tout féministe que je sois, je serais bien en peine de juger à quel point elle participe d'une tradition et à quel point elle participe d'une oppression de la femme. Ce que je me demande, par contre, c'est à quel point son interdiction a le moindre sens. D'abord, comment l'appliquer ? Qui condamner en cas d'infraction ? La femme qui la porte ? Et en ce cas n'est-ce pas l'oppresser doublement ? Son époux, son père ? Et en ce cas qu'en est-il si la burqa est un choix de la femme et non des hommes qui l'entourent ? Condamnera-t-on des innocents ?

Mais au delà de ça, mon inquiétude concerne surtout le préjudice, plus grand encore, qui risque d'en découler pour les femmes des familles les plus radicales. Je suis certain que certains pères ou époux décrèteront que, si une femme ne peut plus porter la burqa dans la rue, la femme ne sortira plus de chez elle. Qui le saura ? Qui ira vérifier, et comment ? Des dizaines, des centaines, des milliers peut-être, de femmes musulmanes françaises pourraient alors se retrouver confinées dans leur appartement jusqu'à la fin de leurs jours, avec interdiction totale de mettre un pied dehors sous peine de graves représailles. On me dira que depuis l'interdiction du voile à l'école, les gamines y vont tout de même. Oui, car la scolarisation est obligatoire. Le travail, lui, ne l'est pas (pas encore en tout cas) : comment alors saurons-nous ? Qui les tirera de là, toutes ces femmes séquestrées ? Personne, j'en ai bien peur.

De fait, peut-être vaut-il mieux un combat idéologique contre un phénomène identifié, qu'une loi générant une dissimulation du phénomène davantage que sa disparition. J'ajouterai enfin que, à ma connaissance, il n'est pas un seul passage du Coran qui prescrive le port de la burqa. C'est une invention du clergé musulman et c'est peut-être plutôt cela qu'il faudrait répéter inlassablement aux communautés musulmanes, ça plutôt qu'une loi.

11 novembre 2009

... (31)

écumes voraces
insatisfaites par les lignes droites
déchirent la route en fourches
impromptus prédestinés au chaos
intérieur

10 novembre 2009

... (30)

le silence est improbable
sur l'incessante autoroute
l'ego sollicité peut se nourrir de plantes
mais le jeûne est un mirage
visionnaire

9 novembre 2009

Délicieuse charogne...

Après mon dernier article, je parie qu'en lisant le titre vous avez pensé « oh putain le salaud, il va encore nous faire chier avec son végétarisme, à nous faire encore culpabiliser et tout ».

Et ben non ! Même pas ! (Ceci dit, vous ne perdez rien pour attendre !)

Non : la charogne en question n'est pas celle que vous bouffez tous les jours mais une jeune écrivain ou plutôt -c'est elle qui le dit- une « putasse d'artiste » qui a choisi le pseudonyme de « Charogne de Doberman ».

Pour ceux qui trouvent ça vulgaire, je ferai remarquer que c'est un nom à particule, donc assez distingué en fait.

Coline Honoré, puisque c'est son vrai nom, est en train de manger le monde sur son blog. Et elle fait bien, parce qu'elle le fait dans les règles de l'art (l'art avec un grand « a ») ! Avec cynisme et intelligence, elle démonte, déchiquète et crucifie le marasme ambiant, l'échec flagrant de la civilisation occidentale, la morbidité de la société qui nous entoure, et c'est un vrai régal !

Alors je vous vois déjà en train de ruminer comme des vaches sacrées : « oh non, merde, y'en a marre de ces écrivains amers qui crachent dans la soupe ! »

Certes...

Sauf que Coline Honoré crache son venin avec une telle jubilation, avec tant d'élégance et de flegme, et surtout avec tellement d'humour, qu'il serait vraiment dommage de s'en priver ! Il n'est pas un de ses textes qui ne m'arrache au moins deux ou trois fous-rires, et c'est alors que la noirceur se fait lumière !

Et puis aussi, Coline écrit sans fautes d'orthographe et se souvient de l'existence de ces choses exotiques nommées « conjugaison » et « accords ». Vous me direz que c'est quand même la moindre des choses pour un auteur. Je vous répondrai que vous avez raison mais qu'internet a malheureusement atteint le degré de déchéance où cela mérite d'être noté, considérant que nombre de blogueurs -indépendamment de leur éventuel talent littéraire- ont décidé de se passer de ces encombrants concepts.

Mais ce qui est vraiment bluffant, ce qui témoigne d'un talent monstrueux et (je le lui souhaite sincèrement) d'un avenir brillant dans le métier : c'est son âge ! Coline a 19 ans et sa plume a la maturité, la verve d'un écrivain accompli ! A chaque lecture de ses textes, je me dis : « la $£%ù¤& !!! », parce qu'à son âge j'étais loin d'une telle qualité d'écriture. Parce que ce putain de style, cette foutue précision du langage, ce satané regard critique qu'il m'a fallu tant d'années de boulot acharné à développer, que nombre de romanciers publiés n'ont pas et n'auront jamais, Coline les a déjà acquis, à un âge où l'on fait normalement ses premières armes littéraires ! Il lui reste certes à franchir l'étape la plus difficile : celle qui consiste à passer du texte court à une véritable dramaturgie, de l'article à la nouvelle, jusqu'au roman (ou à la pièce de théâtre, ou au scénario). Mais je crois savoir qu'elle y travaille déjà et son talent est déjà tellement flagrant, saute déjà tant à la gueule du lecteur, que je ne m'inquiète pas pour elle.

Alors je vous le dis tout net : il faut la lire ! C'est radical, sans concession, étonnamment bien écrit et hilarant ! Il faut la lire et il faut l'encourager, parce que si une plume aussi prometteuse se perdait dans l'obscur marécage des putasses-d'artistes-qui-finissent-par-renoncer-à-faire-le-tapin-faute-de-clients, ce serait juste trop triste.

Son blog est accessible sur son profil Myspace, c'est à dire ici.

Allez ! Vite ! Cliquez sur le lien et cassez-vous de mon blog pour aller lire le sien, sinon c'est moi qui vous mange !

7 novembre 2009

Elle est pas belle la vie ?

Le slogan de la marque de charcuterie Fleury Michon, « elle est pas belle la vie ? », me laisse rêveur...



























































Alors, elle est pas belle la vie ?


6 novembre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 6 - lalaBolduc ne sont pas des filles faciles

Explications et épisode 1 ici.
Episode 2 ici.
Episode 3 ici.
Episode 4 ici.
Episode 5 ici.

Tout d'abord, veuillez accepter nos plus plates excuses pour ces deux semaines sans nouvel épisode. Comme vous le savez, notre série est produite à Bollywood (question de budget), et une grève des techniciens a paralysé la production dans tout Bombay, pendant deux semaines ! Figurez-vous qu'ils réclamaient un statut d'intermittent en Inde, ces cons-là. Heureusement, le patronat local les a matés vite fait (ils en ont même immolé deux ou trois pour l'exemple) !

Bref, ce nouvel épisode a pour but de laver la réputation de Carole et Lucile de lalaBolduc, vaguement entachée par notre épisode 3. Il se trouve en effet que Lucile a invité un mec à prendre un verre, l'autre jour, et voilà que le gars lui répond : « Merci pour l'invitation, que j'accepte bien sûr (même si la vidéo de la Compagnizz n'est pas tout à fait rassurante !). »

Ne vous y méprenez pas : si les lalaBolduc ont des techniques de dragues très efficaces, elles refusent régulièrement de donner leurs corps aux hommes, y compris aux plus grandes stars de la chanson française. La preuve par l'exemple !

La Compagnizz, la série : épisode 6
lalaBolduc ne sont pas des filles faciles.

(Clique sur le lien & épate tes amis !)

(Note : cet épisode a été réalisé par Lucile Brisset.)

5 novembre 2009

Karcher mon cul !

Je n'ai jamais été un supporter de Nicolas Sarkozy. Je n'ai pas voté pour lui et ses ambitions m'ont toujours parues davantage au service de ses intérêts propres qu'à celui des intérêts de ses électeurs. Ceci dit, même si mon cœur balance à Gauche, je me demande parfois si je ne suis pas un mec de Droite qui ne s'assume pas, tant la Gauche me navre continuellement. Ce que je voulais dire c'est que les comparaisons perpétuelles entre Sarkozy et (au mieux) Le Pen et (au pire) Hitler me gavent. Confondre le libéralisme, aussi navrant soit-il (et il l'est !), avec le fascisme ou le nazisme est aussi grossier que les amalgames que font les gens d'Extrême Droite entre le Parti Socialiste français et le Stalinisme. Mais bon, c'est pas de ça que je voulais parler.

Ce dont je voulais parler, c'est des promesses électorales de M. Sarkozy. M. Sarkozy nous a promis de « nous débarrasser de toutes ces racailles » et de « passer les banlieues au karcher ».

Aucun de ces propos ne m'avait choqué à l'époque. Dieu sait qu'il y a des choses qui me choquent chez Sarko, mais pas ces deux phrases. Pourquoi ? Parce que je fréquente suffisamment de gens de Gauche pour savoir qu'ils sont les premiers à se plaindre des « racailles » et de la dérive des « banlieues ». C'est normal. La Gauche est -traditionnellement- humaniste. Je ne vois donc pas au nom de quoi elle tolèrerait que des gamins de 16 ans agissent en gangsters sexistes ultra-violents, traitant les femmes de « salopes » et agressant physiquement les gens à tours de bras. Le mec de Gauche qui vous dit qu'ils ne sont pas représentatifs de l'immigration : il a raison. Le mec de Gauche qui vous dit qu'ils ont toutes les excuses du monde, dans un pays riche comme le notre : il se fout de votre gueule !

J'ai rencontré une fois un éducateur spécialisé qui avait mené des gamins en séjour de vacances en Algérie. Des gamins issus de l'immigration, des « jeunes délinquants », des « durs ». Deux semaines. Deux semaines dans un village empli des valeurs musulmanes (pas islamistes : musulmanes), un village où les gamins n'avaient même pas la télé chez eux, où ils devaient faire dix bornes à pieds par jour pour aller à l'école (et les faisaient)... Le mec me raconte : « sur seize ados soi-disant irrécupérables, quinze sont rentrés dans le droit chemin en rentrant, et un seul a continué ses conneries. »

Tout ça pour dire quoi ? Nous sommes responsables du désastre de nos gosses ? Certes. Ils en sont seuls responsables ? Non. Comme le souligne très bien Pennac dans son dernier livre, comme le soulignera n'importe quel prof de collège qui a fait ses armes en banlieue, ces gosses ont eu le cerveau lavé par la télévision et les marques, et voilà le résultat ! Il n'empêche que quand on a voyagé en Inde, en Chine ou en Mongolie, leurs caprices se révèlent pour ce qu'ils sont : des caprices d'enfants gâtés de pays riches, parce que là-bas aucun ado n'oserait se comporter en « racaille ». Donc, selon moi, il en résulte un double constat : un manque d'éducation ET un manque de discipline.

Mais bon, c'est pas de ça que je voulais parler. Ces bâtards de télévision et de marques, je leur en réserve d'autres sur ce blog, restez connectés.

Ce dont je voulais parler, c'est de ce qui m'est arrivé hier soir. Et oui : cet article est totalement égocentrique. J'assume. A la fois, ce qui m'est arrivé hier soir n'est pas anodin. Pas du tout anodin. Représentatif ? Je sais pas. Anodin : non. Quant au lien avec ce menteur de Nicolas Sarkozy, suivez-moi jusqu'au bout et vous verrez.

Contextualisation : J'habite rue Sainte Catherine à Lyon, au 18, entre deux bars nommés l'Arrosoir et la Taverne du Perroquet Bourré (véridique !!!), donc on a de gros problèmes de tapage et de voisinage, auxquels je m'abstiens habituellement de participer vu que j'habite au sixième et que j'entends pas grand chose et que de toute façon, en bon Indien, le tapage je m'en tape. Ah oui, aussi : j'ai une fenêtre (avec barreaux et, bien entendu, rideaux) qui donne sur le palier du côté cour. C'est un détail important pour la suite.

Bref... c'est pas de ça que je voulais parler. Ce que je voulais dire c'est que hier, vers 22h30, j'étais au téléphone avec mon oncle, qui me faisait le bilan quotidien de la santé de mon père (entre la vie et la mort depuis bientôt un mois), lorsque l'on frappe à ma porte. Je dis à mon oncle « attends deux secondes, ça frappe » et j'ouvre. Je me dis que les voisins veulent du sel ou un truc du genre...

Trois gamins. Et puisque je sais qu'on va me poser la question, deux d'origine maghrébine et un caucasien à bouclettes blondes. Trois ados, je dirais 16/17 ans.

Je demande
« - Oui ?
- C'est toi qu'a un appart' qui donne sur la rue ?
- Heu... oui [NDLR : tous les apparts de mon immeuble donnent sur la rue.]
- C'est toi qui nous a jeté un verre de pastis dessus par la fenêtre ?
- Non [NDLR : j'aurais du mal, ma fenêtre donne sur le balcon du voisin du dessous]
- Vas-y enculé on t'a vu on sait que c'est toi ! »
Bon là j'avoue je me suis énervé, j'ai manqué de diplomatie : j'ai dis à mon oncle « attend y-a un problème je te rappelle » et j'ai raccroché et je leur ai dit à eux :
- Vous venez pas me parler comme ça sur le pas de ma porte, je vous ai rien jeté dessus, dégagez !!! »

Là, je sais pas trop ce qu'y s'est passé : j'ai du voir l'étincelle de la haine dans leurs yeux, je sais pas, ils ont commencé à me chauffer et j'ai eu le réflexe de leur fermer la porte au nez. Je me souviens juste d'eux répétant « on t'a vu, on sait que c'est toi ».

Alors, tout est parti en sucette, Orange mécanique version 2009 et la porte entre nous : les mecs ont essayé de bloquer ma porte avec leurs pieds, j'ai été plus fort, et une fois la porte fermée, tout a basculé. Coups de pieds sur la porte (qui par miracle n'a pas cédé, c'est vraiment une porte de merde pourtant), et derrière les mecs ont pris les pots de plantes (pas de fleurs, de plantes, genre des gros pots) sur le palier et les ont balancé sur la fenêtre ! Le second miracle étant que la fenêtre ferme mal (ne peut pas s'enclencher) et qu'elle s'est ouverte toute seule et que les débris ont atterri chez moi sans briser les vitres. Les mecs ont continué à balancer tout ce qu'ils ont pu et se sont tirés en courant voyant que j'appelais la police (en même temps que 3 autres voisins, apprendrai-je plus tard).

Moralité 1 : plus de peur que de mal, un gros chantier sur le palier (terre et bouts de vases), le plâtre autour de ma fenêtre écroulé, un énorme tapage, et c'est tout.

Moralité 2 : « tu aurais du sortir et les fumer ! »
Ce à quoi je réponds :
- J'ai eu peur, ils étaient trois avec des chaussures et j'étais tout seul pieds nus (je sais que plein de mes lectrices ne voudront plus coucher avec moi après avoir lu ça, mais qu'elles se rassurent, je veux pas coucher avec elles non plus).
- Je suis non-violent par conviction et si je ne suis pas acculé je préfère la fuite (là, les même lectrices voudront de nouveau coucher avec moi mais moi je veux toujours pas, c'est trop tard mesdemoiselles : fallait y penser avant).
- Franchement, j'ai été pris de court (ça arrive même aux meilleurs).
- C'était pas si con, parce que si on s'était battu et que j'avais perdu, ils aurait défoncé mon appartement, cassant tout et partant avec au moins mon ordinateur portable (là, les lectrices qui n'en peuvent plus d'excitation devant mon instinct de préservation du nid sont priées de se souvenir du point numéro 1).

Bref, qu'est-ce que ça a à voir avec Sarkozy ?

J'y viens.

Un quart d'heure passe : deux flics par ailleurs très cordiaux arrivent et m'expliquent que c'est bien fâcheux tout ça mais que les mecs ils ne les choperont jamais en dépit des caméras de surveillance dans la rue qui ne servent à rien parce que peu importe à quel point elles sont performantes on a trop de suspects et que je vais perdre au moins deux heures à faire la queue le lendemain si je veux porter plainte donc c'est pas la peine. Je dis « ok, je verrai ».

Aujourd'hui, je me dis que quand même c'est citoyen de porter plainte ne fut-ce que pour le principe et je vais au commissariat.

J'arrive à 12h30 : « Repassez à 13 heures parce que là on va changer de service. »

Ok.

Je repasse à 13h. On me reçoit.

EUX : Monsieur, tentative d'agression et tentative d'effraction ça n'existe pas et acte de vandalisme pour deux pots de fleurs ça compte pas.
MOI : Oui, mais... Enfin si les mecs étaient rentré j'aurais fini aux urgences.
EUX : Ils ne sont pas rentrés.
MOI : Ils ont essayé de défoncer ma porte, c'est une tentative d'effraction !
EUX : Une tentative d'effraction c'est avec un pied de biche.
MOI : Oui mais ils ont quand même saccagé l'allée et jeté des pots de fleurs sur la fenêtre.
EUX : La fenêtre a été cassée ?
MOI : Non, mais bon...
EUX : Bon, comme vous dites. Donc il n'y a pas lieu de porter plainte, on va faire une main courante.
MOI : Non mais attendez ! Des mecs sont venus frapper à ma porte et ils voulaient me défoncer et ils ont essayé de rentrer chez moi de force et...
EUX : Ils vous ont menacé de mort ?
MOI : …
EUX : …
MOI : Non, mais...
EUX : Si il n'y a pas menace de mort, c'est une main courante.
MOI : Même si...?
EUX : Si il n'y a pas menace de mort, c'est une main courante.
MOI : C'est compté dans les statistiques, une main courante ?
EUX : Non. C'est juste au cas où ils reviendraient, pour avoir une trace.
MOI : …
EUX : …
MOI : Bon ben on va faire ça.
EUX : Ok on va faire ça. Par contre le système informatique ne marche pas aujourd'hui, gros bug. Je suis désolé j'y peux rien.
MOI : Oui bien sûr je comprends.
EUX : Vous pouvez repasser demain ?
MOI : Heu... Oui. A quelle heure ça vous arrange pour que je fasse pas la queue ?
EUX : Oh... bon ben... vous travaillez pas, donc neuf heures ça va vous faire lever trop tôt.
MOI : :-o !!! Je travaille pas ? Mais si, je suis salarié, je... je travaille ! Mais je travaille chez moi donc je peux...
EUX : Disons onze heures et demi ?
MOI : Non mais heu je trav... Ok.
EUX (cyniques) : Bon ben passez à onze heures et demi, ça vous laissera le temps de travailler un peu avant.

Entre temps, j'ai contacté une amie juriste. Ils n'ont pas le droit de refuser ma plainte. Mais pour la leur imposer je vais devoir porter plainte contre la police pour refus de recevoir une plainte. Et en ce cas c'est un terrain glissant, parce que toute l'administration va se retourner contre moi et chercher à me faire chier, du Trésor Public jusqu'à la CAF en passant par l'Ursaf. Je suis clean, mais ça veut dire BEAUCOUP d'emmerdes même si je suis irréprochable à l'arrivée...

Mais bon, c'est pas de ça que je voulais parler...

Enfin... si.

Je voulais parler du fait que c'est comme ça que « les chiffres du crime » baissent. C'est pas la faute aux flics, notez : ils ont des consignes strictes et je ne suis même pas ironique en disant ça. C'est la faute au putain de Ministère de l'Intérieur. Et pour le coup, puisque M. Sarkozy insiste que c'est lui qui décide et que les autres appliquent, c'est la faute du Président de la République.

Et donc ???

Et donc Nicolas Sarkozy est un menteur et un escroc. Parce que, que l'on ait été d'accord avec ces déclarations ou pas, il avait promis de « passer les banlieues au karcher » et de « nous débarrasser de toutes ces racailles », et que, sept ans après qu'il ait été nommé Ministre de l'Intérieur, deux ans après qu'il ait été nommé Président de la République, les « racailles » continuent de rigoler quand on leur dit qu'on va appeler les flics, et de filer en toute impunité, et les Institutions de la République refusent que l'on porte plainte lorsque l'on est agressé jusque chez soi, et grâce à ça, on nous affirme que la criminalité baisse.

Je n'ai pas encore décidé si j'y retourne demain et si je menace les policiers de porter plainte contre eux si ils refusent de prendre ma plainte. Je me donne la nuit pour réfléchir. Mais je suppose que je vais m'écraser : porter plainte contre la police, c'est porter plainte contre l'État, et porter plainte contre l'État c'est du suicide parce que l'État vous le fait payer d'une manière ou d'une autre...

C'est un peu comme ce prof, la semaine dernière, qui a plaqué au sol et accidentellement tué cet ancien élève qui avait pénétré chez lui par effraction, les avait arrosé lui, sa femme et sa petite fille d'essence et sorti un briquet, et qu'on a inculpé pour « homicide volontaire ». Dernier point pour les filles qui veulent plus coucher avec moi : j'aurais passé un des trois mecs par le balcon (j'aurais pu en me jetant fort sur lui), je serais en taule à l'heure qu'il est.

Vive la République, vive la France !

En attendant (mais ce sera le sujet d'un autre article), les jeunes Indiens et Chinois, quels que soient leurs défauts, se souviennent du sens du mot « civilisation ». Pour le moment.

Jusqu'à quand ?

Jusqu'à-ce que McDo et Nike les aient asservis !

4 novembre 2009

Shaomi a un nouvel ami

Il s'appelle Machine Dreams, c'est le dernier album du groupe Little Dragon et il est merveilleux !

Vous pouvez en écouter des bouts sur leur site et leur myspace.

Vu que l'apocalypse de 2012 me fait une petite avance sur droits d'auteur ces derniers jours, autant dire que ce genre d'ami est précieux pour le moral ^^

Ceci dit, j'y crois pas une seconde à cette histoire d'apocalypse en 2012...

3 novembre 2009

Shaomi se pose beaucoup de questions

Le nouveau slogan des pubs Mamie Nova, « Mamie Nova, il n'y a que toi qui me fait ça », est-il un appel à la gérontophilie ?

Si une entreprise refuse la candidature d'une personne parce qu'elle est décédée, la famille du défunt peut-elle porter plainte pour discrimination ?

Quand quelqu'un termine d'écrire une phrase par « ^ » au lieu de « ^^ », s'agit-il juste d'un étourdi ou a-t-on affaire à un cyclope ?

2 novembre 2009

Pennac et moi...

Je viens de terminer Chagrin d'école, le dernier essai de Daniel Pennac. Retrouver cet auteur, ou plutôt retrouver cette personne abstraite que je pourrais nommer « les livres de Pennac », m'a fait la sensation de boire un café avec un vieil ami, un qui m'avait manqué, un qui a toute ma confiance... et qui me fait du bien à chacun de nos rendez-vous.

Je dois beaucoup à Daniel Pennac, en fait. Je lui dois beaucoup en tant qu'écrivain, je veux dire. Lorsque je découvris la Saga Malaussène, ce fut un choc qui devait contribuer à modifier définitivement mon rapport à la littérature, en tant qu'acteur (modeste) de celle-ci. Tout comme les romans de Milan Kundera, que je découvrais d'ailleurs à la même époque, les romans de Pennac me firent l'effet d'une grande baffe bienfaisante, parce qu'ils constituaient à mes yeux un idéal de roman. Un idéal qui devait me servir de guide, qui me dévoilait la possibilité de sentiers que je devinais, sur lesquels je tâtonnais, mais que je n'osais m'avouer à moi-même comme des sentiers praticables, en terme d'écriture. Bref, une baffe de celles qui vous réveillent, qui vous donnent tout d'abord l'impression d'être passé à côté de l'essentiel, puis qui vous font finalement réaliser que vous y aviez toujours été, dans l'essentiel ! Sauf que vous vous sentiez seul au monde, en marge de votre discipline, cancre en somme, et que votre travail en souffrait...

Je me souviens d'une conversation, peu après. J'expliquais le choc de cette double découverte : Kundera et Pennac, deux pierres angulaires de la littérature contemporaine, pourtant aux antipodes l'une de l'autre. Et mon interlocutrice de me faire remarquer que, quoi qu'ayant aimé les livres de Pennac, elle ne les qualifierait pas de « littérature » au sens de ceux de Kundera, au sens de « grande littérature ». Oh putain ! Que n'avait-elle pas dit ! Je me revois en train d'expliquer que si, c'était précisément de la putain de grande littérature, en tout cas les quatre premiers Malaussène sans le moindre doute ! J'expliquais combien, à mes yeux, la plume de Pennac était débordante de style, dégoulinante de subtilités. Derrière leur apparence « simple », voire « facile », j'avais trouvé dans ces livres une mine d'or, que ce soit en terme de construction de personnages, de style, de ton, de construction dramatique, de sens du dialogue...

Surtout les dialogues ! Mon Dieu, ces dialogues !!! Moi qui avais toujours accordé, dans mon propre travail littéraire, une très grande importance aux dialogues (déformation professionnelle du scénariste de BD ?), je trouvais en Pennac l'incarnation ultime du dialoguiste-romancier ! Ai-je jamais lu dialogues plus pétillants, pétaradants, dynamiques, insolents, qui sonnent vrai, que chez Pennac ? Pas que je me souvienne. Et j'avoue être tombé fou amoureux de cet usage du « - … » en tant que réplique (la technique peut sembler anodine, elle est en fait d'une efficacité redoutable !)

Et puis, ça n'a pas grand chose à voir mais cela crève tant la page dans ses romans et mille fois plus encore dans ses essais : il y a Pennac l'écrivain, qui est juste là derrière. Pennac l'écrivain donc Pennac l'homme. Un homme qui semble déborder de ce mot qu'il décrit comme un « gros mot » dans les dernières lignes de Chagrin d'école : l'amour. Pennac n'est pas naïf, ses livres ne sont pas niais ni spécialement consensuels. Son humour est, en fait, aussi acide qu'il semble, au premier abord, inoffensif. Mais Pennac n'est pas cynique. Moqueur, oui. Taquin, oui (coriace dans la taquinerie, même). Insolent, c'est indéniable ! Mais pas désenchanté ni cynique. Ce n'est pas une qualité en soi, du point de vue littéraire je veux dire. Mais c'est un morceau de sucre appréciable de temps à autre, entre deux livres plus amers. Et l'idée que ce type chaleureux, intellectuellement honnête, existe, quelque part, met de meilleure humeur les jours où l'on désespère de l'espèce humaine...

Alors voilà. Pennac n'a pas vraiment besoin de moi et de mon petit blog pour vendre ses livres, puisque ce sont des best-sellers. Mais si vous êtes de ceux qui n'avez jamais été voir par chez lui, par peur que son succès ne cache un auteur édulcoré, ou pour quelque autre raison, courez acheter Au bonheur des ogres (autant commencer par le début), parce que là vous êtes en train de rater un auteur essentiel !

Quant à moi, puisque je viens de terminer la lecture d'un livre dans lequel Pennac s'interroge sur ce qui fait ou non un bon professeur des écoles, j'en profite pour lui exprimer mon immense et sincère gratitude. Parce que sur les bancs de l'école de l'écriture, il aura été parmi mes professeurs les plus généreux, les plus encourageants, les plus enrichissants ! Tout ce que j'ai écris au cours des sept dernières années, je le lui dois un peu. Il est probable que sans les « enseignements » de M. Pennac, de M. Kundera et de quelques autres, je n'aurais jamais fini par décrocher ce premier contrat avec un éditeur. Mais surtout, je serais sans doute passé à côté de bien des joies dans ma pratique !

Merci, monsieur Pennac ! Merci, monsieur Malaussène !

28 octobre 2009

Nostalgie d'un soi-temps

« Parce que la véritable nature de tous les êtres est déjà libre de toute souffrance, et qu'en elle se trouve le bonheur permanent. Quand nous cherchons à être heureux et à fuir la souffrance, par quelque moyen que ce soit, nous ne faisons qu'exprimer ce que nous sommes déjà en essence. (…) D'une certaine façon, nous avons le mal du pays de notre véritable nature. »

Yongey Mingyour Rinpotché, Bonheur de la méditation.

23 octobre 2009

23 octobre

C'est gentil tes mots. Tu es la 2ème personne a me laisser un commentaire de ce type aujourd'hui. Ça me laisse perplexe parce que ce n'est qu'un tout petit blog parmi des millions d'autres... Il faudrait que les gens lisent le recueil de nouvelles (Tabloïde) ou une de ces BD à venir et là peut-être on pourrait dire que je suis un « grand écrivain », je ne sais pas, pour l'instant j'ai l'impression de faire du vent avec ce blog, et de ne pas faire l'essentiel qui serait de continuer à bosser sérieusement une véritable œuvre littéraire comme je l'ai fait jadis... C'est une période, plus tard je me consacrerai de nouveau à écrire des choses sérieusement comme j'ai fait déjà parfois autrefois, quand j'aurai le temps, quand je ferai plus un million d'autres trucs à côté comme en ce moment...

Pour le poème t'inquiète ça va avancer doucement mais sûrement, maintenant que c'est lancé...

J'ai passé la soirée avec une ex, celle que d'entre toutes je devrais épouser si je ne partais pas en Inde... mais je pars en Inde donc la question ne se pose pas. Ça me fait du bien de la voir c'est tout parce que c'est un ange et en plus elle va bien, et ça me rend heureux de la voir heureuse. Je suis juste trop ivre pour méditer et pas assez pour m'écrouler dans mon lit... C'est énervant comme état intermédiaire... mais j'ai mon chat blanc qui ronronne blotti contre moi sur le canapé et elle va dormir avec moi comme chaque nuit et ça je kiffe !

L'état de mon père devient ridicule tellement les mauvaises nouvelles se succèdent sans que le diagnostic vital n'évolue. Hier ils parlaient de le réveiller alors qu'il a un tube dans la bouche pour faire fonctionner ses poumons et que rien ne marche dans son corps, aujourd'hui il est question de le réopérer (pour quoi faire ? Je n'en sais rien...) Je voudrais qu'il revienne à la vie pour de bon ou qu'il meure, égoïstement peu m'importe à ce stade, juste qu'on en finisse et qu'on passe à autre chose.

J'ai envie de pleurer mais je suis pas assez ivre pour...

En fait je vais bien, je veux dire je ne suis jamais allé aussi bien de ma vie que depuis un an et quelques, juste je suis dans une immense confusion affective à cause de ce père qui se refuse à vivre ou à mourir et j'ai des gros problèmes de sommeil du coup, et j'ai plus de lave-linge alors qu'il devient crucial que je lave le tapis du salon...

Excuse pour ce mail confus, tu m'as dis que je pouvais te parler alors voilà...

Je relis ce mail avant de l'envoyer et je décide que je vais le publier sur le blog... Sans doute il y en aura pour dire que je suis un génie de la littérature encore demain...

Putain qu'est-ce que je donnerais pas pour être en Inde ou, faute de mieux, pour avoir une bouteille de whisky à la maison...

Je t'embrasse fort.

Sha'

22 octobre 2009

Bouillie médiatique

On nage dans une telle bouillie d'informations, plus inutiles & plus superfêtatoires les unes que les autres...

Livrons-nous à un petit jeu.

Les gros titres de Yahoo News étaient aujourd'hui :
- La défense de Villepin plaide la relaxe et met en cause Sarkozy
- Remise d'un rapport susceptible de relancer l'affaire Grégory
- Un homme porteur de la grippe A décède à Paris
- L'expulsion de trois Afghans provoque un tollé en France
- La fin d'une prise d'otages dans un supermarché à Sevran
- Le Nouveau Centre réclame cinq têtes de listes aux régionales
- Marie Bové, fille de José, future tête de liste verte ?

Maintenant, posez-vous honnêtement la question, auriez-vous capté la différence si les journalistes de Yahoo s'étaient embrouillés et avaient, à la place, titré ceci :
- La défense de Villepin susceptible de relancer l'affaire Grégory
- Remise d'un rapport d'une future tête de liste verte
- Un homme porteur de la grippe A provoque un tollé en France
- L'expulsion de trois Afghans dans un supermarché à Sevran
- La fin d'une prise d'otages réclame cinq têtes de listes aux régionales
- Le Nouveau Centre décède à Paris
- Marie Bové, fille de José, plaide la relaxe et met en cause Sarkozy

Ou encore, si vous aviez lu cela :
- La défense de Villepin décède à Paris
- Remise d'un rapport qui plaide la relaxe et met en cause Sarkozy
- Un homme porteur de la grippe A future tête de liste verte ?
- L'expulsion de trois Afghans susceptible de relancer l'affaire Grégory
- La fin d'une prise d'otages provoque un tollé en France
- Le Nouveau Centre dans un supermarché à Sevran
- Marie Bové, fille de José, réclame cinq têtes de listes aux régionales

Bon, ok, c'est rigolo. Mais sérieusement, si je ne vous avais rien annoncé au départ, combien d'entre vous auraient tilté ? Et si je recommençais ce petit jeu tous les jours, les résultats seraient-ils plus invraisemblables ?

Moi je crois que j'aurais rien capté, rien du tout. Tout au plus me serais-je demandé ce que le Nouveau Centre pouvait bien foutre dans un supermarché à Sevran... Et pourtant, je regarde les infos tous les jours ou presque, mais le fait est que ni l'affaire Clearstream (j'y ai jamais rien compris de toute façon), ni l'affaire Grégory (ça concerne qui à part la famille et les proches de ce pauvre gosse ?), ni la prise d'otage à Sevran (je sais même pas où c'est), ni le Nouveau Centre (parti mort-né), ni les Verts (parti mort-tout-court), ni la grippe A (on verra quand elle arrivera à Lyon, et quand bien même, qu'y pourrai-je ?), ni les clandestins afghans (je suis navré pour eux mais c'est surtout du pain béni pour la Gauche), ne se distinguent à mes yeux des résultats du foot et autres informations, importantes ou non, que les journalistes se plaisent à mélanger sans aucun ordre de priorité, tous les jours. De sorte qu'on est arrivé au point où le début et la fin des gros titres sont interchangeables, sans que ça ne fasse plus aucune différence !

Jésus pourrait réapparaitre et enculer le Pape sur les Champs-Elysées que ça serait traité sur le même ton que l'accident de bus tuant trois personnes en Mayenne et la famine tuant 3 millions d'Africains : avec la même (non)-importance, le même sens du spectacle, le même vide...

Et pas plus tard que le lendemain, on ne se souviendrait déjà plus trop qui, de Jésus, d'un bus mayennais, ou d'une famine africaine, a enculé le Pape...

L'info, on la consomme, comme le reste, et on nage dans la bouillie...

20 octobre 2009

Les kamikazes de France Telecom

Ça fait un moment que je cogite à cette histoire de suicides chez France Telecom et ces derniers jours rebelote aux infos : une tentative ici, une réussie là, les syndicats accusent, les patrons s'excusent & les médias traitent tout ça comme si c'était la plus naturelle des choses. J'ai comme le sentiment qu'après les séquestrations de patrons qui -n'en doutons pas- deviendront de plus en plus violentes, les syndicats sont en train de nous concocter du bon vieux kamikaze... Je veux dire, je suis pas en train de dire que les syndicats poussent les mecs au suicide mais ils se servent de ça d'une manière qui... je sais pas. Je sais pas et je comprends pas que tout le monde soit d'accord avec cette explication du phénomène : « culture du résultat d'entreprise de merde » + « délocalisations-je-sais-pas-quoi » = « suicides de masse ». Ok on est bien d'accord c'est une ambiance pourrie et les pauv' vieux fonctionnaires pépères de l'époque des PTT y doivent pas en revenir mais...

Réfléchissons deux minutes. Je veux dire y'a un mec qui se flingue tous les mois & ça serait genre juste la faute au taf ? Vous vous suicidez à cause du taf, vous ? On en a tous connu des gens qui faisaient des T.S. et moi j'ai jamais entendu parler de gens qui se flinguent à cause du taf ! Des gens qui font une bonne vieille dépression oui ça d'accord, mais le suicide c'est quand même pas à la portée du premier dépressif venu, je veux dire c'est quand même méga GRAVE, c'est le NON total à la vie, radical, sans retour. C'est le NON définitif aux gens qu'on aime et qui nous aiment, aux pizzas, à la baise et à la plage et au foot pour ceux qui kiffent (parce que moi le foot...). Sans déconner vous vous flingueriez à cause du taf ? Réfléchissez deux secondes ? Vous préfèreriez pas encore démissionner, vous faire virer, pointer au chômage ou au même au RMI, enfin je sais pas n'importe quoi mais se suicider à cause d'un putain de taf ???

Non, je gobe pas ça. On se suicide pas comme ça parce qu'on est dans une entreprise de merde dirigée par des gros cons. Ça peut peser lourd dans la balance mais y'a d'autres trucs, bien plus profonds, une dépression larvée, une thérapie pas faite, des bons vieux traumas bien enfouis et tout le tralala. On se fout pas en l'air comme ça, à cause d'un seul facteur.

Alors attention je suis pas en train de prendre la défense des dirigeants de France Telecom qui de toute évidence sont des abuseurs de première classe qui ne vivent que pour faire du chiffre et ils seront bien avancés avec leurs chiffres sur leurs lits de mort. Non, tout le mal que je pense de leur soi-disant « culture d'entreprise » qui est tout sauf une « culture », qui est l'aliénation de l'être au groupe non plus au nom de la moindre valeur fut-elle archaïque comme autrefois mais au nom du profit des actionnaires et des cadres, qui vont vous faire croire que si vous avez la « France Telecom attitude » ou Dieu sait quelle connerie de ce genre, vous allez être heureux alors qu'en fait tout c'est que du bourrage de crâne hyper bien pensé avec techniques marketing et psychologie appliquée et toute une armada de méthodes de propagande éprouvées, bref... Non, cette « culture d'entreprise »-là c'est comme les campagnes de pub des hypermarchés qui se positionnent en alliés du consommateur pour des prix plus bas et toutes ces conneries alors qu'ils ne font que profiter de votre manque d'éducation, de votre illettrisme et de votre vie trop fatigante pour réfléchir pour vous faire gober n'importe quoi ! C'est que de la merde, aux antipodes des préoccupations qui devraient être celles d'un être humain éduqué, éthique, spirituel... Le travail bien fait oui, mais le mec qui s'en branle de son taf tu lui feras pas gober la France Telecom attitude, tu lui fera faire semblant jusqu'à-ce que le mec soit encore plus un mensonge sur pattes qu'il ne l'était déjà au départ ! Enfin bref, non, j'excuse pas les patrons de France Telecom qui feraient mieux de se poser des questions et de penser un peu moins au fric et à la « production » et un peu plus au bien qu'ils font autour d'eux dans leur vie quotidienne...

Mais qu'on arrive à leur faire dire, et qui sait peut-être même croire, que les mecs se suicident spécifiquement à cause d'eux !!! C'est ENORME !!! Je serai le patron de France Telecom je sais pas je me défendrais je dirais « arrêtez vos conneries, on peut discuter, vous pouvez dire que notre leadership c'est de la merde, qu'on vous prend pour des cons, qu'on vous met la pression comme des enculés, mais putain on n'y peut rien si les gens se flinguent !!! » Mais non, le type il arrive la queue entre les jambes et il promet de faire des efforts et tout l'arsenal !

C'est le putain de monde à l'envers. Que j'aie tort ou raison c'est le putain de monde à l'envers. Parce que si j'ai raison, on est de plus en plus à côté de la plaque, on est de plus en plus incapable d'identifier clairement les causes de la détresse psychologique ou plutôt l'incommensurable ensemble de facteurs qui ont, je l'avoue, de quoi pousser les gens au suicide et ça depuis la maternelle jusqu'aux maisons de retraites si ils n'ont pas les outils psychologiques favorables à un profond travail sur soi, alors on trouve des boucs émissaires et on oublie tout le reste de ce qui fait l'équation d'une dépression nerveuse, ce qui est aussi stupide que si un mec se suicide parce que sa meuf l'a plaqué : si vous mettez tout ça sur le compte seul de la rupture, c'est que vous êtes à côté de la plaque ! Et si j'ai tort alors ça veut dire que la soi-disant « culture d'entreprise » l'a emporté sur l'humain, la famille, la religion, l'amitié, l'amour et la lumière du soleil, que le bonheur des gens n'est plus conditionné que par leur taf que de toute évidence ils détestent, par des actionnaires qui n'en n'ont rien à foutre d'eux et qui les manipulent, par des valeurs qui n'en sont pas (le terme « valeurs d'entreprise » me fait encore plus gerber que le terme « culture d'entreprise » !). Ça veut dire que ce n'est plus la peine d'avoir peur de Sarkozy parce que tout ce que vous craignez qu'il ne fasse a déjà été, en fait, totalement accompli par ceux qui l'ont précédé.

Voilà, je sais il est un peu en vrac cet article, écrit d'un-coup-comme-ça-clac-au-fil-de-la-plume et faudra faire avec, parce que pour une fois j'avais pas envie de faire des jolies phrases et de vous balancer une argumentation méga structurée, je peux pas tout le temps taffer moi non plus ^^

Sur ce, bonne semaine, et essayez de pas trop vous suicider, c'est super mauvais pour le karma !

15 octobre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 5 - Denis Lecarme ne supporte pas les fausses notes

Explications et épisode 1 ici.
Episode 2 ici.
Episode 3 ici.
Episode 4 ici.

Au printemps dernier, Sylvain Ferlay quittait le trio Denis Lecarme afin de poursuivre une carrière solo sous le nom de... "Seul". Après un faux départ avec quelqu'un d'autre (ça arrive), Denis Lecarme s'est vu dans l'obligation d'auditionner des centaines de guitaristes. Mais il est tellement perfectionniste qu'il n'a pas encore trouvé un musicien qui soit à la hauteur de ses exigences ! Et quand Denis auditionne, Denis est impitoyable !

La Compagnizz, la série : épisode 5
Denis Lecarme ne supporte pas les fausses notes.

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14 octobre 2009

Ferme ta gueule pour voir !

Parce qu'un peu d'humour ne saurait nuire en ce monde de brutes...
Un acte terroriste de Gilles Langoureau (son site et son myspace) :

13 octobre 2009

Elle me brûle les neurones

Petit exercice de style, composé en mars 2001, lors de mon premier voyage en Inde.

Cette chansonnette, qui fut un temps considérée pour les Fragments nocturnes, fut avant tout écrite dans l'idée d'être mise en musique, ce qui fut fait dans le cadre de mon défunt projet electroclash, Shoona Sassi. Vous noterez le petit hommage final à Bashung, qui donnait lieu, lors des concerts, à un ad lib funky au vocoder.

ELLE ME BRÛLE LES NEURONES

Plus besoin d’un pétard
Pour détendre mes soirs
Je la kiffe tant que sa présence me rend serein
Serein…
Câlin…

Plus besoin d’alcool
Pour que mon cœur décolle
Je m’enivre tant de son odeur que j’en meurs
J’en meurs…
J’en pleure…

Plus besoin d’cocaïne
Pour me sentir sublime
Son amour pour moi est la fierté de ma vie
Ma vie…
Reluit…

Cette fille me brûle les neurones
& électrise mon corps
Je me noierais dans le Rhône
Plutôt que de la perdre encore
Oh mon Dieu, que faire
Pour me désintoxiquer ?

Plus besoin de speed
Pour combler le vide
Elle est mon énergie & mon amphétamine
Divine…
Sanguine…

Plus besoin d’kétamine
Plus rien ne me mine
Je n’ai qu’à la regarder pour être scotché
Scotché…
Bluffé…

Plus besoin de psylo
Je m’envole aussi haut
Depuis qu’un psy-link relie mon esprit au sien
Au sien…
Je viens…

Cette fille devient toute ma vie
Mieux qu'la réalité
D’elle seule je n’ai plus qu’envie
Je voudrais fusionner
Oh docteur, que faire
Pour me désintoxiquer ?

Plus besoin d’ecstasy
Pour sourire jour & nuit
Elle est ma pilule d’amour : un geste & je fonds
Je fonds…
C'est bon…

Plus besoin d’acide
Je suis si lucide
Cette fille est un trip, elle me retourne la tête
Ma tête…
S’entête…

Plus besoin de crack
Comme une crise cardiaque
Elle n’a qu'à m’effleurer pour que je craque
Je craque…
Quelle claque…

Cette fille est bien trop parfaite
Existe-t-elle vraiment ?
Elle me semble si concrète
Faite de chair & de sang
Oh bébé, que faire
Pour me désintoxiquer ?

Plus besoin d’un shoot
Pour évincer mes doutes
Elle est mon héroïne & j’en suis accro
Accro…
C'est trop !

Oh Gaboux...
Gaboux !
Faut pas m'laisser comme ça la nuit !
J'écris rien qu'des conneries !
Oh Gabouuuuuuuuux !

12 octobre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 4 - La vie conjugale de Sainthomas

Explications & épisode 1 ici.
Épisode 2 ici.
Épisode 3 ici.

La semaine dernière, vous avez pu découvrir les techniques disons... entreprenantes des lalaBolduc, lorsqu'il s'agit de séduire les hommes. Vous allez découvrir aujourd'hui que cela n'a pas été sans poser quelques problèmes de couple à Sainthomas, lorsqu'il a intégré la Compagnizz...

La Compagnizz, la série, épisode 4 :
La vie conjugale de Sainthomas.

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5 octobre 2009

Perf 74

regarde-toi dans le blanc des yeux

regarde-toi dans le blanc

qu’es-tu qui ne sois pas le contraire de tout ce que le sens implique, toi qui es ce que tu es sensé(e) être ?

sensé(e)

sensé(e)

sensé

être

autour de toi c’est un opéra punk une free-party démesurée le chaos des « bonjour » des « au-revoir » & des « oui » & des « non » & des « peut-être » & des « si » & des « quand » - tu ne me feras pas croire que ta cravate ou ton tailleur mettent de l'ordre dans tout ça ils ne sont que des parapluies !

bonjour & au revoir & oui & non

on exige de toi que tu choisisses ton camp sur toutes les questions c’est « oui » ou c’est « non »

oui ou non bien ou mal noir ou blanc beau ou laid propre ou sale lui je l'aime & lui c'est un gros con

le choix voile & donne l'illusion d'une identité

oui ou non bien ou mal noir ou blanc beau ou laid propre ou sale gentil ou méchant intelligent ou bête

(contrastes en solde !)

on exige de toi que tu choisisses ton temps sur toutes les questions les « si » & les « quand » & ne parlons même pas des « avant » qui t'écrasent sous leurs espoirs pesants leurs regrets tronçonneuses & te coupent du réel qui est là maintenant bien là pourtant mais tu ne le vois pas

le vrai oui est au-delà du « oui »

tu te débats avec ta propre image de toi tu te la construis la figes la projettes dans les allers-retours-détours & d'entre toutes tu finis par être la personne que tu connais le moins au monde !

ton reflet, cet inconnu

avec ton mental-photoshop tu détoures ce qui constitue ce « toi » identitaire et ce « toi » qui va s’opposer au « eux » des autres car en ce monde la dualité est paradigme

tu détoures chaque couche de matière ajoutée à l’être original qui a été créé petite âme vierge tu n’as plus rien de vierge ni de blanc tu n’es qu’un amas de contradictions & de couches !

les premières couches absorbaient ton pipi puis les suivantes ont recouvert ton être & le réel couche sur couche pour absorber l’humain & le monde qui l'entoure il ne reste plus qu’un masque composite de « oui » & de « non » de blancs & de noirs une perception détourée de chaque chose qui constitue ton environnement qui te permet de situer les autres carnivores dans la géométrie variable des opinions

chaque fragment de réel détouré devient une jungle ou un verre d'eau qui te coupe du tout unifié

nulle réalité que celle des interactions certes mais fallait-il que cet être artificiel te remplace ?

si encore tu étais heureu(se)x

si au moins

dans l'abyssale mise à nu des préoccupations contemporaines il n’y a plus que de vaines tentatives pour comprendre le sens de cette ombre sur-imprimée sur nos peaux...

3 octobre 2009

... (29)

l'ineffable perfection des synchronismes
tisse un enivrant séminaire sémantique
ceux qui ont les yeux dans la bouche
surfent sur une vague
de présages

30 septembre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 3 - Les plans drague de lalaBolduc

Explications & épisode 1 ici.
Episode 2 ici.

C'est bien connu : la vie des musiciens tourne autour de trois choses : sex, drugs & rock'n'roll ! Un de ces trois trucs est un petit peu plus important que les deux autres pour Carole et Lucile de lalaBolduc, on vous laisse deviner lequel...

La Compagnizz, la série : épisode 3 :
Les plans drague de lalaBolduc.

28 septembre 2009

Une « innocente » affaire de viol

L'affaire Roman Polanski défraie la chronique : doit-on extrader, juger et condamner un grand artiste pour une affaire de viol sur mineure datant de 1977, alors que la victime elle-même appelle les autorités américaines à enterrer l'affaire ?

Roman Polanski doit-il payer pour son crime ? Je n'ai jamais cru que l'incarcération ait le moindre intérêt en tant que « punition » : elle ne devrait servir qu'à protéger la population d'individus dangereux et, si elle était pratiquée autrement que dans les conditions épouvantables où elle l'est aujourd'hui, permettre la réhabilitation de ces individus.

Libre, donc, aux autorités américaines et suisses de décider ce qui leur semblera équitable, puisque c'est leur travail. Ce qui m'inquiète, c'est la réaction immédiate et bruyante de la communauté du cinéma en particulier et de la culture en général : « Roman Polanski est un immense artiste, le crime est ancien, laissez-le tranquille ». A ma grande surprise, Costa-Gavras -pourtant grand défenseur des droits de l'homme- a déclaré qu'il ne s'agit, somme toute, que d'une pratique pardonnable car courante à Hollywood. On entend parler d'un « soi-disant », « prétendu » ou « supposé » viol alors que la victime, malgré sa clémence, n'est jamais revenue sur sa version des faits. Cerise sur le gâteau, Frédéric Mitterrand, représentant de la culture française, déclare quant à lui qu'il s'agit « d'une affaire ancienne qui n'a pas vraiment de sens. »

Je serais curieux de savoir quelle serait la réaction du monde du cinéma si Roman Polanski s'était rendu coupable de meurtre, ou même si le viol avait été commis, par sodomie, sur un individu de sexe masculin. Je serais curieux de savoir ce que M. Costa-Gavras ou M. Frédéric Mitterrand en penseraient si la victime avait été leur fille ou leur sœur !

Je n'ai pas à me poser en juge et jury de Roman Polanski mais je me pose en juge et jury d'individus qui minimisent publiquement l'acte de viol. A les entendre, il ne s'agirait que d'un incident inconséquent. A en entendre d'autres, le statut de grand artiste met un homme au dessus des lois, surtout s'il s'agit d'un délit aussi bénin. A en entendre d'autres encore, la victime était consentante, quoi qu'elle en dise et en dépit de ses 13 ans.

Une fois de plus, l'ensemble de la société s'accorde à ne pas reconnaître le viol comme un acte d'une gravité extrême, comme un acte qui gâche des vies, comme un crime majeur. Une fois de plus, le message est envoyé aux innombrables femmes victimes d'abus sexuels (environ une sur 2 en France d'après certains chiffres) qu'elles doivent garder le silence, qu'on ne les croira pas, qu'elles étaient consentantes, qu'il ne s'agit pas d'une chose assez terrible pour qu'elles osent, en retour, bouleverser la vie de l'homme respectable qui a abusé d'elles.

Allez vous faire foutre, messieurs les cinéastes, vous et votre corporatisme de merde ! Vos propos et votre obscurantisme sont dignes des talibans que vous vous accordez tous à dénoncer quand il en est question ! Roman Polanski a violé une gamine de 13 ans, il lui a mis de force sa bite dans la chatte : vous voulez un dessin ? Doit-il finir ses jours en prison pour cela ? Je n'en sais rien, peut-être pas, il n'appartient qu'à la justice et à la victime d'en décider. Mais le message que vous envoyez au monde, aux autres victimes de viols, et surtout aux centaines de milliers de violeurs impunis qui parcourent la planète, est sans ambiguïté : « Le viol, ce n'est pas si grave, ce n'est jamais vraiment prouvable et c'est dans tous les cas un écart pardonnable si le violeur est, à d'autres égards, un homme respectable. »

Le monde artistique, je le fréquente suffisamment pour le savoir, se revendique toujours de détenir l'intelligence et de défendre le progrès, le respect des droits de l'homme, l'égalité des sexes... Envoyer ce genre de message au monde, c'est appeler à un retour au patriarcat le plus obscur, à l'irrespect et à la dégradation des droits de la femme. A l'heure où ces droits sont encore si souvent bafoués, ce n'est peut-être pas la chose la plus intelligente à faire !

27 septembre 2009

Nos vieilles cassettes...

Je ne suis pas vraiment nostalgique de l'époque archaïque où la musique était contenue dans des objets ronds et plats que l'on appelait "CD" : j'ai totalement adopté le mp3 et autres formats digitaux, que je trouve 100 fois plus pratiques pour tout plein de raisons. Alors ne venez même pas me parler des vinyles et des cassettes avec lesquels j'ai grandi...

Il n'empêche qu'il y a UN truc que j'adorais avec les cassettes, c'était le bruit qu'elles faisaient : quand on les attrapait, quand on les mettait dans le lecteur, quand on fermait le lecteur et quand on les en ressortait... Je sais pas si c'est de la nostalgie où si ce bruit me plairait de toute façon, mais je ne l'oublierai jamais.

Petit exemple pour les plus jeunes qui n'ont pas connu ça :

26 septembre 2009

Hop

Une vidéo de Sam Quentin.
Son site et son myspace.

Enjoy!

25 septembre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 2 - Sainthomas adore les programmateurs

Explications et épisode 1 ici.

Les aventures de la Compagnizz continuent, & vous allez voir que la vie de musicien n'est pas simple tous les jours, notamment au niveau des relations avec la presse et les programmateurs !!!

La Compagnizz, la série : épisode 2 :
Sainthomas adore les programmateurs.

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21 septembre 2009

L'homme qui vivait la nuit

Après La malédiction du plombier-garou, Justin Chien, Cassandre et Le Long Halloween, voici la cinquième des 8 histoires pour enfants écrites à l'automne 2005.
En bonus, les recherches sur le personnage de mon ami Jérôme Dupré La Tour, qui avait envisagé un temps d'illustrer l'histoire (et pour ceux qui aiment son trait, nos deux autres collaborations sont visibles ici et ). A noter que l'anecdote des voisins rue de l'Annonciade, qui enduraient le tapage nocturne sans sourciller, mais venaient sonner si je mettais la musique fort à 10 heures du matin, est véridique (lol !).

L'HOMME QUI VIVAIT LA NUIT

Il était une fois un homme qui vivait la nuit. Depuis sa plus tendre enfance, Monsieur Lune n’avait jamais pu fermer l’œil de la nuit, et dormait toute la journée. S’il suivait son rythme naturel, il se levait à huit ou neuf heures le soir, et se couchait à dix ou onze heures le matin.

Bien-sûr, cela n’était pas sans lui poser bien des problèmes… Par exemple, il n’avait pas pu terminer ses études parce qu’il dormait toujours en classe, ce qui agaçait beaucoup ses professeurs…

Quant à se faire des amis : à chaque fois qu’on l’invitait à dîner, il manquait le rendez-vous… parce qu’il ne s’était pas réveillé à temps.

Monsieur Lune avait tout de même réussi à trouver un travail qui lui convenait : il s’était fait veilleur de nuit. Mais il dormait mal la journée à cause du bruit des marteaux-piqueurs, des voitures, des voisins, des marteaux-piqueurs des voisins en voiture…

Monsieur Lune était donc toujours fatigué, et sa vie était bien compliquée. Connaissez-vous beaucoup de jeunes filles qui acceptent un rendez-vous galant… le matin ?

Sans parler des magasins, qui l’obligeaient à faire ses courses à l’heure où il aurait aimé se prélasser devant la télé ou dormir…

Non, décidément, il n’était pas facile de vivre dans un monde qui n’était pas fait pour lui. Monsieur Lune aurait voulu lui aussi être un bonhomme de jour… ou que tous les autres soient des bonshommes de nuit…

Un beau jour, pourtant, il commença à avoir de gros ennuis : les nuits où il ne travaillait pas, il passait son temps chez lui puisqu’il n’y avait rien à faire dehors. Alors pour s’occuper, il passait l’aspirateur, faisait la vaisselle, écoutait de la musique, regardait la télévision…

Toutes activités qui n’étaient pas du goût de ses voisins, car l’immeuble était fort mal insonorisé. Monsieur Lune avait beau essayer de vivre en silence, il ne pouvait pas éviter de faire un peu de bruit…

Ainsi, son propriétaire lui annonça finalement qu’il était expulsé pour cause de tapage nocturne à répétition. Monsieur Lune fut bien embêté.

Il passa tout d’abord des matinées entières à chercher un appartement. Mais comme dans les grandes villes il est dur de trouver un appartement, il démissionna de son travail pour avoir le temps de chercher. Mais il s'aperçut alors qu'il est encore plus dur de trouver un appartement quand on n’a pas de travail…

Finalement, il trouva quand même un grand appartement, dans un quartier que l’on appelait « la Croix-Rousse ». C’était au 13 de la rue de l’Annonciade, et Monsieur Lune ne savait pas trop si ce chiffre 13 allait lui porter chance ou malchance…

A peine installé, il décida qu’il en avait assez d’être décalé. Et puis, il ne voulait pas d’ennui avec ses nouveaux voisins ! Puisqu’il ne travaillait plus la nuit, il allait chercher un travail normal, et changer de vie une fois pour toutes ! Monsieur Lune était ravi de cette nouvelle résolution.

Il tâcha donc de se coucher le soir et bien sûr, il eut beaucoup de mal à s’endormir. Il faut dire qu’il ne s’était jamais couché à pareille heure ! Mais en plus, tous ses voisins écoutaient de la musique, parlaient fort et faisaient toutes sortes d’autres bruits, jusqu’à l’aube. Et Monsieur Lune fut agacé par le bruit des bouteilles débouchonnées, des voisins, des téléphones qui sonnaient, des téléphones des voisins qui débouchonnaient des bouteilles...

Le lendemain, fatigué mais déterminé, il partit de bon matin chercher un travail dans le quartier. Il regarda les petites annonces, mais il ne trouva que des emplois nocturnes, comme barman, disc-jockey ou vendeur dans des épiceries de nuit. « Voilà qui est bien curieux », se dit-il.

La deuxième nuit, il ne parvint toujours pas à dormir à cause des voisins et de leur musique. Bien que cela l’embêta, il alla donc sonner chez eux un par un pour leur demander s’ils pouvaient faire moins de bruit. Les voisins le regardèrent tous d’un air ahuri, comme si on ne leur avait jamais demandé quelque chose d'aussi bizarre. Néanmoins, ils dirent tous, très poliment, qu’ils allaient tâcher de faire attention.

Le jour suivant, il voulut commencer la journée en faisant ses courses : il lui manquait encore beaucoup de choses dans son nouvel appartement. A sa grande surprise, toutes les boutiques étaient fermées, et elles n’ouvraient pas avant le milieu de l’après-midi. « Voilà qui n’est pas commun », se dit-il.

La troisième nuit, les voisins recommencèrent à faire un vacarme de tous les diables. Monsieur Lune n’était pas content, mais alors pas du tout content. Mais il n’allait pas sonner chez eux tous les jours… il décida donc de mettre des boules Quies dans ses oreilles.

Il parvint donc à dormir, et se réveilla tôt. Comme il était en forme, il décida de finir de ranger son appartement. Monsieur Lune mit de la musique en faisant le ménage « Au moins, maintenant je ne dérangerai plus personne », songea-t-il avec soulagement.

Mais une demi-heure n’avait pas passé que quelqu’un sonna. Il coupa la musique, et entendit derrière sa porte de nombreuses voix en train de rouspéter. Qui cela pouvait bien être ?

Lorsque Monsieur Lune ouvrit, tous ses voisins étaient là, en pyjamas et furieux. « Vous ne pouvez pas faire un boucan pareil à dix heures du matin ! » crièrent-ils. « Il y a des gens qui dorment ici ! »

Monsieur Lune était effaré : à présent qu’il se décidait à vivre normalement, le monde se mettait à tourner à l’envers ! Désespéré, il se mit à pleurer.

Les voisins, qui n'étaient pas méchants, étaient bien ennuyés : qu’arrivait-il à ce pauvre Monsieur Lune ? Alors il leur raconta sa vie marginale, ses bonnes résolutions, et toutes les difficultés qu’il avait rencontrées depuis le début de notre histoires.

On lui expliqua qu’il était bien mal tombé : dans le quartier de la Croix-Rousse, il n’y avait presque que des artistes, et tout le monde vivait la nuit. A cause de cela, tout était fermé la journée, et la notion de « tapage nocturne » avait été remplacée par celle de « tapage diurne. »

Monsieur Lune n’en revenait pas : ici, c’était ceux qui vivaient le jour qui étaient décalés. Il pouvait donc mener son existence comme il l’avait toujours souhaité, sans gêner personne ! Les voisins l’invitèrent d’ailleurs à une fête qu’ils organisaient la nuit suivante, afin qu’il rencontre tout le monde.

Aujourd’hui, Monsieur Lune s’est fait plein d’amis qui vivent la nuit, tout comme lui. Il travaille dans un bar toute la nuit, et dort toute la journée dans le silence le plus complet. Il a même une fiancée.

Monsieur Lune est donc l’homme le plus heureux du monde. Comme quoi, même lorsque l’on est différent des autres, il y a toujours, quelque part, des gens comme nous. Il suffit de savoir les trouver…

19 septembre 2009

La Compagnizz, la série : épisode 1 - La magie du processus créatif : Denis Lecarme et Lucile Brisset en répétition

Comme Batman, Shaomi a une identité secrète la nuit, et une vie « normale » le jour. La nuit, je brille dans le noir et je vibre sans piles ! Le jour, je suis Fred, chargé de diffusion d'une association musicale nommée La Compagnizz (association composée des groupes lalaBolduc, Denis Lecarme et Sainthomas). Je peux vous en parler ici car personne ne me croira de toute façon : Fred porte des lunettes et Shaomi ne porte pas de lunettes, preuve incontestable qu'il ne peut s'agir de la même personne (de fait, les ennemis de Shaomi ne menaceront pas les proches de Fred.)

Si je vous parle de ça c'est parce que Fred, qui n'est pas Shaomi, a créé... une série télé autour de la vie quotidienne de La Compagnizz ! Une sorte de soap-opera bollywood, qui me fait bien marrer ! Je vous invite donc d'abord à jeter un œil au myspace de La Compagnizz histoire de comprendre un peu de quoi et de qui il s'agit, après quoi je vous invite à visionner le premier épisode en cliquant sur le titre !

La Compagnizz, la série, épisode 1 :
La magie du processus créatif : Denis Lecarme & Lucile Brisset en répétition.

(Clique sur le lien & épate tes amis !)

Pour ceux qui kiffent, il y en aura un par semaine !

16 septembre 2009

... (28)

le moment si réellement vécu
que les douves de la mémoire s'effilochent
leur emprise réduite à quelques pointillés
celui qui ne fait qu'être réduit à néant
la nostalgie

14 septembre 2009

... (27)

la magie de l'instantané n'a de nuance
que dans l'instantané qui suit
les présents les plus étranges pourtant
s'enlacent & se procréent eux-mêmes
& sans cesse

12 septembre 2009

... (26)

dans le sommeil se dissolvent
idées sombres & nouvelles troubles
pour qui sait la saisir, chaque nuit
est le théâtre d'un profond
nettoyage

10 septembre 2009

Je compte jusqu'à 3 !!!

Je n'ai jamais compris pourquoi les mamans s'obstinent à menacer leurs enfants de « compter jusqu'à 3 », lorsqu'ils sont indisciplinés.

Je veux dire, qu'il y aurait-t-il donc de si terrifiant dans le fait de compter jusqu'au chiffre « 3 » ?

Allez, je vais vous faire une petite frayeur :

1...

2...













6 septembre 2009

Un voyage, une bonne nouvelle, des projets... une rentrée en somme !

Mais non voyons, je n'étais pas mort !

Me voici donc de retour online après deux mois de voyage en Chine. Deux mois magiques et bien remplis, très instructifs aussi, dont je vous ferai le récit dans quelques semaines, le temps de mettre en ordre mes notes et de faire le tri ! Comme cette seconde expérience chinoise comportait plusieurs renvois à la première (en 2002), il m'a également semblé pertinent de farfouiller dans mes vieux cahiers et de vous livrer prochainement le récit du premier voyage et, tant qu'à faire, celui de mon premier voyage en Inde (2001). En attendant, vous pouvez toujours vous référer au récit du second voyage en Inde.

Toujours est-il que cette rentrée commence avec une bonne nouvelle ! Une putain de bonne nouvelle, en fait ! C'est officiel, c'est signé : ma première bande dessinée, Homo Superior, paraitra au début de l'année 2010 aux éditions Ankama, avec German Ponce au dessin, et German Nobile aux couleurs et au lettrage !!! Il s'agira du premier de deux tomes de 72 pages chacun, et je vous reparlerai bientôt du projet plus en détail. Pour ceux que cela intéresse, vous pouvez consulter les premières pages telles qu'elles étaient au moment où j'ai vendu le projet. Notez que le dessin et le texte ont depuis subi quelques modifications, que le lettrage est désormais totalement différent et que la BD paraitra, disais-je donc, en couleurs ! Difficile d'exprimer mon émotion, mon enthousiasme, face à ce premier contrat ! C'est l'aboutissement d'années de travail acharné et de démarchages forcenés... C'est pour ainsi dire un rêve devenu réalité ! Il n'y a plus qu'à espérer que la BD trouvera ses lecteurs, et que vous en ferez partie !

Dans les autres projets en cours :
Je prépare bien entendu l'artillerie lourde pour parvenir à vendre d'autres projets de bandes dessinées au prochain festival d'Angoulême (priez pour moi !). Bientôt des previews ! Reste également à essayer de vendre Les nymphes cannibales aux Etats-Unis, puisque les éditeurs français n'ont pas été séduits (mais le style du dessin semblait, dès le départ, plus adapté au marché US)...
Je viens d'à peu près terminer le scénario du court métrage Ce que font les morts, qui sera produit par Tutella Prod et réalisé par Eric Chmara, avec la participation du comédien Rémy Dumont et du musicien Xcyril. A noter qu'il ne s'agit pas d'une adaptation de la nouvelle du même nom, mais plutôt d'une variation sur le même thème. Mais, là encore, nous en reparlerons en temps et heure...
Mon second recueil de poèmes avance doucement, et je ne désespère pas de l'avoir terminé d'ici un an (vous pouvez déjà en lire de nombreux extraits sur ce blog, et certains de ces textes devraient d'ailleurs être mis en musique dans les mois qui viennent). En parlant de recueils, je vais bientôt m'atteler à (enfin !) proposer une version papier des Fragments nocturnes et de Tabloïde, via le site Lulu.com... Je m'apprête aussi à démarrer une collaboration avec une amie poète qui doit me maudire de ne pas encore m'être occupé d'elle (qu'elle me pardonne, j'arrive !).
Quant aux Combustions Spontanées, j'ai décidé de prendre un peu de recul par rapport à ce projet, pour me recentrer sur l'écriture. Mais comme d'autres semblent déterminés à reprendre le flambeau, j'y participerai sans doute de temps à autres... Une date s'annonce le 25 septembre à la Friche RVI. Je ne sais pas encore si je serai sur scène ou simple spectateur, mais quoi qu'il en soit je vous invite à visiter régulièrement le Myspace des Combustions pour plus d'infos.
Et puis se prépare doucement mon exil définitif en Asie, que j'envisage pour dans un an environ, mais comme dirait Yoda : « toujours en mouvement l'avenir est », donc nous verrons en temps et heure...

Je tiens aussi à remercier les lecteurs et lectrices, de plus en plus nombreux, de ce blog : près de 7000 visites en un an !!! C'est un soutien apprécié par le petit agneau pourpre, et je vais m'efforcer de continuer de vous fournir de la lecture (et de faire rager mes auto-proclamés « ennemis », parce que sinon ça serait pas drôle !) Vos commentaires restent, bien sûr, des « plus » appréciés et bienvenus !
Les habitués auront d'ailleurs remarqué que ce blog a désormais un titre : Cette fois, vous ne pourrez pas dire qu'on en vous a pas prévenus ! Ce titre remonte à loin : en 2000-2001, bien avant l'époque des blogs, j'avais lancé un « journal mural » du même nom, que je collais dans la rue, sur les murs de Lyon, à une centaine d'exemplaires. Les deux premiers « numéros » contenaient les textes La croisée des chemins et Confession publique, et le troisième était un pamphlet du suscité Rémy Dumont (qui est aussi auteur à ses heures). Après quoi Gérard Collomb commença à verbaliser l'affichage sauvage, ce qui mit un terme prématuré à l'entreprise. Au fond, ce journal mural était un prélude à ce blog, puisqu'il consistait à exprimer mes humeurs pré-apocalyptiques de façon libre et spontanée. Je ne sais pas pourquoi j'ai repensé à ça l'autre jour, mais toujours est-il qu'il m'a paru approprié de ressortir ce titre du placard !

Et comme je reste funky, c'est en musique que je vous souhaite la bienvenue dans cette saison 2009-2010 ! Felix Da Housecat affirme que « nous voulons tous être Prince », et ce n'est pas moi qui le contredirai ! Clique sur la vidéo & épate tes oreilles :


Je ne sais pas si ça vous a plu, mais j'en connais au moins un qui kiffe, ha ha ! Ce titre est en écoute sur le dance'n'groovy Shaomix !

Et, comme dirait le même Prince : « Peace... and be wild! »

1 juillet 2009

... (25)

lorsque les crises de surface se diluent
dans les fruits d'un profond travail sur soi
& la courbe du temps qui n'est pas
la béatitude à nouveau s'écoule
évidence paisible

26 juin 2009

Ouh le menteur !

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy déclarait devant les caméras : « On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d'État n'existe plus »

Il fallait oser...

Et bien moi j'ose dire que cette déclaration est le plus gros mensonge de la carrière politique de Nicolas Sarkozy.

En osant espérer que le Président de la République a un peu plus de dignité que Mme. Nadine Morano, secrétaire d'État à la famille, qui avait fait convoquer une internaute au commissariat pour avoir écrit « ouh la menteuse » à son propos (mais il est vrai que Nadine Morano a finalement retiré sa plainte).

25 juin 2009

... (24)

l'abstinence est un art héroïque
en ces temps de facilité
réalisable en dépit des appels
elle requiert une stricte discipline
masturbatoire

24 juin 2009

... (23)

orgies décalées de l'enfance
tarie désemparée
par les images accumulées
la mémoire surchargée de mots
shunte

20 juin 2009

Naturel, pas naturel...

Je suis toujours très étonné, en tant que végétarien, de la violence de la réaction de certains omnivores face à un mode de vie certes affiché, mais jamais de façon militante. Régulièrement, des gens à qui je ne demande rien tentent de me démontrer l'absurdité de mes habitudes alimentaires. Les arguments rivalisent alors de mauvaise foi, avec en tête de file cette phrase qui revient sans cesse : « c'est pas naturel. »

Ainsi donc le végétarisme serait « mal » parce que l'homme est naturellement omnivore et qu'il serait « néfaste » de s'éloigner de notre comportement « animal. » Lorsque l'on sait les dégâts causés à l'environnement par l'industrie agroalimentaire, sans parler du fait que cet argument provient de gens qui vivent en ville, portent des vêtements, se chauffent en hiver, conduisent des voitures, utilisent des contraceptifs et ont toutes sortes de comportements qui n'ont pas grand chose de « naturels », j'ai déjà du mal à être réceptif.

Mais cette argument ouvre surtout la porte d'un raisonnement qui, vous le verrez, est une véritable boite de Pandore !

Manger de la viande pour obéir à ses instincts, pourquoi pas ? Mais où s'arrête-t-on ? Parce que, si l'on creuse un peu, on se rend compte que le meurtre et le viol sont également des comportements naturels de l'homo sapiens sapiens en tant qu'espèce. Leur pénalisation serait donc tout aussi anti-naturelle que le végétarisme, et devrait de fait être remise en cause.

Je vous vois déjà pousser des cris et vous dire intérieurement que je raconte n'importe quoi, et pourtant si vous regardez l'espèce humaine du point de vue d'un zoologiste : c'est vrai !

Il existe très peu d'espèces dont les individus tuent les membres de leur propre espèce, mais il en existe (je pense entre autre aux coqs ou à certaines araignées) et l'homme en fait partie. Sans le cadre de la loi, sans le poids de la morale et de l'éducation, sans la peur de la sanction, l'homme peut très facilement céder à ses pulsions meurtrières et l'Histoire comme l'actualité nous montrent chaque jour qu'il ne s'en prive pas, malgré la loi, la morale, l'éducation et les sanctions. Ces choses n'existent pas chez les loups, leur nature leur dicte de ne pas s'entretuer. L'homme, lui, tue l'homme pour un oui ou pour un non (et plus souvent pour satisfaire à une pulsion que pour des raisons idéologiques). Se laisser aller à certains comportements sous prétexte qu'ils sont naturels devrait donc nous conduire à la légalisation du meurtre, que l'on considèrerait alors comme un débordement fâcheux mais acceptable.

Il en va de même du viol : l'acte sexuel imposé par la force existe également chez certaines espèces animales (les guépards, par exemple). Là encore l'Histoire et l'actualité nous montrent que le mâle humain a une propension non négligeable à ce comportement et que le moindre prétexte (de la guerre aux effets de l'alcool en passant par l'espoir de ne pas être pris) est bon à prendre pour abuser sexuellement d'une femme. Donc la soumission de l'être humain à sa nature devrait nous conduire à une légalisation immédiate du viol !

Alors il va de soi que la plupart des êtres humains admettent l'idée que certaines pulsions doivent être réfrénées pour le bien commun, que les comportements énoncés plus hauts sont inacceptables et doivent être combattus. Mais alors on se rend compte que l'argument « ce n'est pas naturel » ne tient pas : tout n'est qu'affaire de choix éthiques. La plupart des individus et des civilisations estiment que la morale nous dicte de ne pas nous entretuer, de ne pas abuser sexuellement de nos prochains (ce dernier point étant déjà beaucoup plus flou dans nombre de sociétés, à commencer par la notre), mais que la torture et le meurtre de membres d'autres espèces à des fins alimentaires (voire récréatives) est un comportement parfaitement acceptable. C'est un choix moral qui consiste à faire preuve de compassion dans un cas, et à s'en montrer incapable dans l'autre. Je m'interroge d'ailleurs sur le bien fondé de notre compassion dans le cas numéro un : est-elle réellement de la compassion ou simplement le choix d'interdire quelque chose qui pourrait nous arriver à tous (alors que l'on a assez peu de chance d'être mangé par un autre être humain) ?

Cela peut être sujet à discussion, mais la morale et la compassion ne sont -a priori- pas des comportements naturels. Ce sont des comportements induits par des valeurs acquises et un consensus social : pour ne citer qu'un exemple (mais il y en aurait bien d'autres), l'esclavage des Noirs n'émouvait pas grand monde à une certaine époque. Les Noirs était des animaux, ou du moins des sous-hommes, et par conséquent ils n'avaient aucun droit et leur vie n'avait aucune valeur. Des millions de gens de par le monde trouvaient cela parfaitement normal... et naturel.

Alors si vous voulez bouffer de la viande, bouffez de la viande. Testez éventuellement votre compassion et vos choix moraux en regardant des vidéos d'abattoirs (Youtube en regorge) ou en égorgeant vous même un lapin mais si après avoir fait l'un ou l'autre vous considérez toujours que manger les autres est votre droit, ou que votre plaisir à le faire vaut plus que la souffrance de ceux qui sont mangés, alors ma foi faites-le.

Mais ne venez pas m'emmerder avec mon végétarisme, parce qu'il ne s'agit pas de « nature » mais d'éthique. L'éthique des Talibans leur dicte que lapider une femme est naturel. Votre éthique vous dicte que manger de la viande est naturel. Mon éthique me dicte que ne pas en manger est aussi naturel que ne pas égorger mes voisins (et pourtant Dieu sait qu'ils m'emmerdent) !

De ces trois éthiques, laquelle est la plus juste ? Ce n'est qu'une affaire de points de vue et la « nature » s'en contrefiche.

Mais si il advient que l'Histoire avance dans le sens du progrès moral et de l'égalité des droits, il est vraisemblable que nos lointains descendants seront végétariens. Leur regard sur l'homme du XXIème siècle sera alors aussi sévère que notre regard sur les esclavagistes du XVIème siècle.

17 juin 2009

Le sage et l'apprenti

LE SAGE : Mais ce n'est pas parce qu'un projet n'est pas à la hauteur de ce que tu aurais espéré que -d'une part- il aurait forcément été à la hauteur si tu avais eu tous les pouvoirs de décision et que -d'autre part- il n'a pas influé positivement sur nos vies... Il n'y a jamais de perte de temps : il y a juste le temps qui passe et qui est ce que tu as décidé d'en faire...
L'APPRENTI : Moi je sais, mais elle ne sait pas : elle croit que le temps se « perd » !
LE SAGE : C'est fâcheux, parce que si l'on considère que le temps qu'elle perd ne se retrouve jamais... Elle doit voir sa vie de façon très triste !
L'APPRENTI : C'est le cas. Ça fait des années qu'elle voit sa vie sous cet angle et c'est tragique ! Je veux l'aider à en sortir !
LE SAGE : Heu... tu ne peux pas ! Elle a choisi sa vie... et elle en a quand même pour encore un moment (sauf accident de parcours que je ne lui souhaite pas). Après, peut-être qu'elle devrait envisager de réorganiser cette vie de sorte qu'elle lui convienne... On n'est jamais que le maître du voyage qu'on fait ici bas : si on coule, on ne peut pas tout rapporter à la qualité de la barque.
L'APPRENTI : C'est une lutte éternelle entre sa solitude et ma collectivité...
LE SAGE : C'est donc sans fin pour elle.
L'APPRENTI : Ou pas. C'est sans fin tant qu'elle accepte mes invitations...
LE SAGE : C'est donc à elle de faire des choix. Si elle ne les fait pas, c'est sans fin pour toi...

Merci à Cycy B.

16 juin 2009

Ce s'ra pas toujours moins bien qu'les Ricains !

-M- disait « ce sera toujours moins bien que les Américains » et malheureusement c'est souvent très vrai. Pourtant, de temps à autre un artiste français aurait de quoi en remontrer à nos ainés d'outre-Atlantique. C'est le cas de Curieux Dandys, groupe parisien qui fait partie de mes grands coups de cœur de l'année, et qui vient de sortir son premier album, Ixe Reality Show.

Alors comme ils chantent en français on pourrait dire que c'est de la chanson française. Mais si vous aimez la chanson qui vous parle de votre « quotidien », du regard de la boulangère, d'une tasse de thé sur un canapé ikea ou des parfums nostalgiques de votre village d'enfance, mieux vaut passer votre chemin ! Chez les Curieux Dandys, on est glamour et hédoniste ! Leur quotidien consiste à vivre dans la décadente métropole de Voracity, à passer de chaudes vacances dans la luxueuse station balnéaire d'Alvadora, à chauffer le chauffeur de sa limousine, à se faire belle comme une « cosmetic lover », etc. ! Bref, un univers joyeux et moite, dont le maître mot est une sensualité torride. Et quelle sensualité ! Même la douleur d'une séparation, épisodes peu glorieux de nos existences terrestres, se transforme ici en un requiem à la fois grandiose et ironique. Ce qui n'empêche pas le disque de se terminer sur une note sensible avec une très intimiste ballade au piano, comme quoi ici tout est permis ! Et ne vous laissez pas avoir par mes mots si tout cela vous paraît superficiel : Ixe Reality Show est un magnifique voyage, un album concept bourré de second degré. C'est juste pour le fun !

Derrière Curieux Dandys, il y a avant tout 20.100 V-GA, (synthétiseurs, piano, percussions et programmation), auteur compositeur et chef d'orchestre : c'est à lui que l'on doit le concept de cet univers musical surprenant. Il y a ensuite la brillante Clémence Lévy, qui assure le rôle clé de chanteuse lead du groupe. De formation classique (elle a obtenu plusieurs médailles du conservatoire de Paris), elle a l'air bien sage lorsque l'on visite sa page Myspace et celle de son ancien groupe Love Canailles, mais ici elle s'encanaille pour de bon, et ça lui va à merveille ! A leurs côtés sévissent la très croquette Elise Nortop aux chœurs, le batteur G-Mo et les guitaristes Vidda et Ju l'Autruche (eux même issus d'un fameux groupe de metal dénommé Psykup). La version live du groupe est en train de se mettre en place et m'est avis que ça va enflammer pas mal de salles de concerts !

La musique des Curieux Dandys est assez difficile à définir : il y a de tout dans ce disque et c'est tant mieux. Pop avant tout, l'ensemble garde un esprit très funk (20.100 V-GA est tout comme moi un inconditionnel de Prince, et il lui rend d'ailleurs un hommage que seuls les initiés percuteront, dans le morceau M. Diva). On y retrouve toutefois une bonne dose d'electro, parsemée d'un peu de synth-pop par-ci et de chanson française par-là, le tout dans un esprit très glam-rock qui n'est pas sans rappeler Goldfrapp, et une démesure poétique qui me fait penser aux magnifiques frasques de Claire Diterzi. Peu importe le « genre » : le résultat est tout simplement épatant ! Des compositions qui allient parfaitement mélodies riches (les habitués de ce blog connaissent mon goût pour la mélodie) et grooves irrésistibles (les habitués du Shaomix connaissent mon goût pour les rythmes qui déchirent leur race), le tout avec des textes très travaillés, des arrangements raffinés et une originalité unique dans le paysage musical national.

Curieux Dandys pourraient bien être à la musique française des années 2010 ce que les Rita Mitsouko furent à celle des années 80 : une bouffée d'oxygène salvatrice et inspirante ! Reste à voir si le succès frappera réellement à leur porte en ces temps si concurrentiels. Un remix réalisé pour Lio semble démontrer que leur talent ne passe pas inaperçu et augure de futures collaborations avec d'autres artistes reconnus (mais je n'ai pas le droit d'en dire plus à ce stade). Espérons en tout cas que les producteurs parisiens ne passeront pas à côté d'un tel talent ! Pour finir (et cela démontre une épatante prolixité) 20.100 V-GA travaille déjà au second album, qui devrait s'appeler Série Z et que j'ai très, très hâte d'entendre !

En attendant, le premier est disponible sur iTunes et autres sites de vente en ligne (Fnac, Virgin, etc.) via le myspace du groupe. Alors filez vite écouter ça et si ça vous séduit, faites-les connaître autour de vous !

12 juin 2009

Neweden/Mercure Liquide : fin d'un projet, fin d'une époque...

Ce soir, une aventure culturelle lyonnaise s'est terminée, qui fut probablement l'une des plus singulières de la vie artistique locale de ces quinze dernières années.

La revue Mercure Liquide sortait son dernier numéro, et célébrait de joyeuses funérailles lors d'une ultime soirée. Tous ne le savent pas, mais Mercure Liquide fut en fait l'ultime émanation du collectif Neweden, collectif pluridisciplinaire fondé en 1997 autour du fanzine Scrach, lui même né en 1995. Cette soirée était la dernière, ever.

Co-fondateur et de Scrach, et de Neweden, et de Mercure Liquide, ce n'est pas sans émotion que je vois cette page se tourner, même si j'avais quitté le projet depuis deux ans déjà. Je n'ai pas assisté à la soirée, pour diverses raisons, mais mon cœur était un peu là-bas tout de même.

Il y aurait sans doute une histoire à écrire autour de ces quatorze années, car quand je parle d'aventure je peux vous dire que c'en fut une sacrée ! Deux fanzines, une revue et une maison d'édition ; trois festivals et plus de trente autres événements où se mélangèrent concerts, danse, expositions, lectures, performances, projections et théâtre ; aux alentours de trois cent artistes et bénévoles impliqués de près ou de loin ; quelques trois ou quatre milliers de spectateurs et lecteurs... Tout ça avec des bouts de ficelle et une foi inébranlable : Neweden aura bien vécu ! Que d'anecdotes et de moments ahurissants, hilarants ou difficiles, que de galères, de joies, de succès, d'engueulades et d'embrassades... Que de travail aussi. Si vous saviez le nombre de souvenirs qui m'assaillent quand je repense à tout ça ! Il y a eu des périodes d'accalmie, mais il faut comprendre que ce n'était pas juste un truc qu'on faisait, c'était un truc qu'on vivait, qui construisait et déconstruisait nos quotidiens, nos priorités, nos fêtes, nos amitiés, nos histoires d'amour parfois même.

Il y a une histoire à écrire, du premier numéro de Scrach, fanzine photocopié, tapé à la machine et tiré à 22 exemplaires jusqu'au dernier numéro de Mercure Liquide, revue classieuse reconnue nationalement, subventionnée et tirée à 500 exemplaires. Il y a une histoire à écrire, de la toute première New Eden Party dans un petit bar obscur jusqu'à nos soirées aux Subsistances ou au Croiseur (en passant par l'épique New Eden Week de juin 2000, un festival homérique, long d'une semaine, qui marqua pas mal d'esprits). Une histoire de projets impossibles et pourtant mis en œuvre, souvent titanesques au regard des moyens financiers et humains dont nous disposions. Une histoire de lieux aussi, ceux qui ont accueillis nos soirées, ceux que nous avons occupés plusieurs mois durant (la Casa Okupada, puis la Friche RVI à ses débuts). Et surtout une histoire humaine, de rencontres, de collaborations, tissée non seulement par une équipe (qui connut tant d'incarnations différentes) mais aussi par de nombreux acteurs de la vie culturelle locale, qui flirtèrent avec nous le temps d'un ou quelques événements.

La liste complète des contributeurs, artistes pour la plupart, est presque impossible à établir mais peut-être avec nos archives y parviendrons-nous un jour. Des tas de noms, de visages, me reviennent en mémoire en plus de tous ceux que je fréquente toujours. Certains étaient plus avancés que nous dans leur carrière, et nous ont généreusement donné un coup de pouce. D'autres, la majorité, ont fait leurs premières armes à nos côtés. Des tas de gens à qui j'ai envie de dire merci ! Merci d'avoir été là, merci d'avoir fait avec nous, merci d'avoir fait cette légende. Ce n'était peut-être qu'une petite légende lyonnaise, qui sera vite oubliée, mais il n'empêche que régulièrement je croise des gens qui évoquent avec émerveillement et gratitude tel ou tel moment qui les ont marqués, qui leur ont permis d'avancer dans leur vie, leur création ou leur carrière. C'est tellement bon de savoir que tout ça n'a pas servi à rien !

Alors en attendant d'évoquer tout le monde ou presque, de vous raconter un jour tout ça dans les détails, il y a quand même cinq personnes sans lesquelles je n'aurais rien fait du tout, et que je tiens à saluer en ce jour d'enterrement. Plusieurs autres personnes ont apporté des éléments déterminants quant aux directions artistiques du collectif et de ses projet. D'autres encore ont été très impliquées, voire vitales à certaines périodes transitoires. Mais il serait impossible de les nommer sans évoquer une foule de pourquoi et de comment. Aussi me contenterai-je aujourd'hui de vous parler des cinq personnes qui ont été, à mes côtés et à tour de rôle, la colonne vertébrale de Neweden.

Tout d'abord mon ami l'auteur de BD Frédéric Thirion, co-fondateur de Scrach, qui n'eut de cesse pendant deux ans de me tanner pour qu'on monte un fanzine, jusqu'à ce que je craque et accepte, sans imaginer une seconde où tout cela nous mènerait !
Il y a ensuite les deux personnes qui ont formé avec moi le « trio moteur » de la première « grande époque » de Neweden entre 1998 et 2001 : la danseuse et chorégraphe Florence Bordarier et le photographe Fred Grégeois. Nous avons traversé de telles tempêtes ensemble, à cette époque où le collectif comptait une quarantaine de membres ! Nous n'étions que des gamins de 20 ans, avec une immense envie de déplacer des montagnes, et nous les avons déplacées !
Il y a enfin les deux autres membres du second « trio moteur », celui du festival Garden Freaks et des années Mercure Liquide (2003-2008) : le photographe safran et la chargée de projet Marion Blangenois. Nous étions déjà moins jeunes et moins fous, l'équipe était plus réduite mais la tâche toujours aussi ambitieuse, sinon davantage. Grâce à eux, Neweden quitta la sphère de l'underground et mit en œuvre un projet plus mûr, plus abouti, plus cohérent aussi... Nous avions envie de déplacer d'autres montagnes, et de nouveau elles furent déplacées !

Sans tous les autres, nous n'aurions rien pu faire du tout.
Sans ces cinq personnes-là, je n'aurais jamais pu construire un bateau assez solide pour accueillir tous ces autres. A titre personnel, je leur dois beaucoup. A titre collectif, Neweden leur doit énormément.

Alors voilà, Neweden avait bien vécu : trop bien, trop vite et trop intensément pour vivre plus longtemps. C'est à peine une métaphore que de dire que le cœur a lâché... Le moment était venu d'explorer d'autres horizons, de faire chacun notre route. Les deux Fred se sont fait un peu plus discrets depuis quelques années, mais il continuent de faire leurs trucs dans leur coin, toujours avec le même plaisir. Je crois savoir que Marion prépare déjà un autre projet, et je ne doute pas un instant que ce projet sera à la hauteur de son talent d'organisatrice. Quant à Florence, safran et moi, en parallèle de nos projets personnels nous sommes en quelque sorte revenus aux sources, avec les Combustions Spontanées qui regroupent, entre autres, un certain nombre d'anciens membres et collaborateurs de Neweden. Et toujours, partout autour de nous, je vois naître (ou durer) d'autres collectifs, d'autres revues, d'autres talents... Je vois aussi nombre de ceux qui nous ont accompagnés murir, grandir, s'épanouir dans leur création. La scène lyonnaise est si riche !

Un jour je vous raconterai tout, promis ! En attendant, tout ce que je peux vous dire, c'est que c'était un sacré voyage, qui valait vraiment la peine d'être vécu ! Merci encore à tous ceux qui en ont fait partie, et bonne route à tous !

This is the end, my friends...
This is the beginning !

11 juin 2009

Contresens

aube empourprée
pourquoi toujours heure temps ?
éclats d'argile
immuable immédiat
quand le seul lieu est rencontre
un corps qui n'a de sens
d'importance
de beauté
que lorsque extatique
le reste
déjà
souvenir
à peine consumé
mes mots - fruits de plaisirs à peine écartés
voile - écarté
nom ombre
(ou du moins ce serait mieux ainsi)
(ne) recherche (plus) ange
(blanc)
pour dépasser la béatitude
se fondre dans la croisée
es-tu là ?
es-tu là ?
je suis là
quand tout semble renaître
surtout ce qui vit (encore) déjà
complétude presque (là)
au dessus des nuages (là)
je t'observe d'en haut, à mille lieues du sol
& pour autant
je dois encore
lever
les yeux
la magie n'a d'égale que la plénitude
(plénicertitude)
ce serait drôle que les sphères soient en
apesanteur
tout ça comme
au lieu de rouler, de tomber dans les trous
oublier chacun des éphémères
devant l'évidence
d'un océan d'idées sauvages
(la sagesse est tellement sauvage)
vagues
gouttes
facettes
réalité senteur
couleur
de ton
deep space nine
ou quelque chose comme ça...
te goûter était un mythe
le mythe est consumé

(Remix d'un inédit de l'automne 2000, qui dit aujourd'hui le contraire de ce qu'il disait alors...)

7 juin 2009

Lyon, capitale européenne du puritanisme ?

Lyon n'a peut-être pas été capitale européenne de la culture (et c'est bien dommage) mais la ville s'annonce bien classée pour être capitale européenne du puritanisme !

Le premier arrondissement de Lyon est en train de muter et à bien des égards c'est tant mieux. Les habitants de la rue Sainte Catherine, où j'habite depuis un an, se sont mobilisés pour que cesse le chaos qui régnait depuis des années dans cette rue (les lyonnais qui lisent ce blog savent de quoi je parle) et il faut reconnaître que moi même, qui n'ai jamais cru en la validité du concept de « tapage nocturne » (voir à ce sujet le récit de mon dernier voyage en Inde), j'en avais jusque là de l'ambiance glauquasse de la rue après 22 heures : bruits de bagarres, insultes, hurlements, bouteilles cassées et poubelles renversées, les copines pas rassurées lorsqu'elles quittaient mon appartement en fin de soirée, etc. Que les gens fassent la fête, très bien. Malheureusement la « fête » ressemble trop souvent ici à une beuverie violente.

Alors les autorités ont -enfin- réagi. Les bars de la rue Sainte Catherine qui, d'après certaines rumeurs, avaient jusque là obtenu le droit de faire tout et n'importe quoi à coups de pots de vin et de copinage politique, ont été contraints de maîtriser leur clientèle et de fermer plus tôt. Il faut admettre que cela n'est que justice quand on sait l'hécatombe des café-concerts et autres lieux culturels associatifs qui a suivi l'élection de M. Gérard Collomb, maire de gauche certes mais pas trop tout de même. Un nombre ahurissant de ces lieux, malgré tous leurs efforts, ont été fermés souvent à cause des plaintes d'un seul voisin, alors que les antres d'ivrognerie de la rue Sainte Catherine passaient allègrement à travers les mailles du filet et emmerdaient tout le monde au passage.

Malheureusement, l'espèce humaine est incapable d'agir avec modération et c'est ainsi que je constate avec effarement un changement d'attitude radical de la part des riverains. Fiers de cette petite victoire, les « croquantes et les croquants » (comme disait l'autre) se précipitent pour faire régner l'ordre et le silence. Ainsi, dans mon immeuble, il a fallu du jour au lendemain virer tous les vélos, cordes à linges et autres choses qui pouvaient « encombrer » les allées. De même, les petites gens bien pensants ont-ils décidé de ne plus tolérer le moindre pet de lapin après 22 heures. Avec l'agressivité sans borne dont savent faire preuve les gens qui ruminent leur amertume de se lever le matin pour aller faire un boulot de merde, j'entends maintenant hurler la nuit non seulement les ivrognes, mais aussi ceux qui ne supportent pas que tel ou tel de leur voisin passe une petite soirée entre amis sans fermer ses fenêtres (et je ne parle pas là de « fêtes » mais bien de « petites soirées » à trois ou quatre). J'observe et j'écoute l'air de rien : il se créé des alliances, des clans, ça cancanne dans les allées et l'ambiance n'est pas sans me rappeler le passage du voyage vers l'Afrique de Voyage au bout de la nuit, quand les bien-pensants s'allient pour montrer du doigt le supposé fauteur de trouble.

Mais l'aspect le plus honteux, le plus lamentable, de cette « épuration » est le décret préfectoral qui interdit désormais aux épiciers de vendre de l'alcool après 22 heures. Nous sommes dans la seconde métropole de France, une ville qui se veut une « capitale européenne » et il n'est même plus possible de s'acheter une bouteille de bière ou de vin le soir si l'on a décidé de finir entre amis à la maison. Enfin si : c'est encore possible. Mais cela oblige à faire appel aux sociétés de livraison d'alcool à domicile, pour des prix démesurés. Ce décret tout d'abord ramène Lyon au niveau d'une petite bourgade de province alors que pouvoir trouver à boire (ou à manger) à toute heure fait tout de même partie des avantages d'une ville comme la nôtre ! Ce décret ensuite punit les (nombreux) braves gens dont la vie ne s'arrête pas à 22 heures, tous ceux qui, sans êtres des poivrots, sans foutre le bordel dans les rues, aiment bien pouvoir décider de façon impromptue de poursuivre la soirée chez eux avec une bouteille. Pour une poignée de fauteurs de troubles, c'est la majorité silencieuse des bons-vivants qui est « punie » par les très actifs puritains (et une lettre du conseil de quartier vient de remercier très chaleureusement M. le Préfet pour ce décret). Ce sont, enfin et encore et toujours, les riches qui sont favorisés, puisque ceux qui ne peuvent s'acheter qu'une bouteille de vin à 4 euros ne pourront pas forcément payer leur bouteille 12 euros aux sociétés de livraison nocturne.

Mais bon, ainsi va le monde, ainsi va Lyon. Les lieux nocturnes associatifs, innombrables il y a dix ans, sont désormais quasiment inexistants. Les fêtards sont désormais décentralisés vers le Ninkasi et les péniches, entreprises lucratives. Les habitants des immeubles seront désormais priés de vivre enfermés chez eux dans le plus grand silence et sans qu'un seul objet ne dépasse de leur porte d'entrée.

Moi aussi je voulais que ça se calme rue Sainte Catherine. Mais pas comme ça, pas dans cette ambiance, et pas au prix de ma liberté d'acheter une bouteille de vin à une heure du matin si le cœur m'en dit !

6 juin 2009

Journée mondiale de l'environnement, fête des mères, tout ça...

Aujourd'hui c'était la journée mondiale de l'environnement...

Oui, bon...

Le truc c'est que le réchauffement de la planète, moi je suis POUR !!! D'abord je trouve qu'il fait beaucoup trop froid en France. Et puis voir la Bretagne et Marseille (surtout Marseille) engloutis sous les flots, ben si ça permet d'avoir la mer à Lyon moi je dis au bout du compte c'est pas une si mauvaise affaire. ^^

Heureusement dimanche c'est la fête des mères et là je remercie le ciel parce que que ça fait maintenant huit ans que je suis débarrassé de cette innommable corvée ! Bon courage à tous ceux qui ont encore une maman.

En tout cas l'acteur David Carradine a célébré tout ça avec humour puisqu'il semble bien qu'il soit décédé d'un accident masturbatoire, ce qui n'est pas donné à tout le monde ! Moi je dis : la classe jusqu'au bout le mec, et paix à son âme !

Ben quoi ? Là depuis minuit on est le 6 juin. C'est pas le 6 juin la journée mondiale de la mauvaise foi ? Ah, bon...

4 juin 2009

Ah... c'était le bon temps !

On dira ce qu'on veut sur les années 80, elles furent au moins autant la décennie des romantiques que celle du matérialisme. Les pop-songs d'alors avaient un sens de la mélodie implacable et une dévotion sans borne au fantaisies amoureuses les plus roses-bonbon. Tout ça s'est perdu depuis et je me demande bien à quoi peuvent rêver les ados d'aujourd'hui avec ce que crachent les radios (à être des stars du porno peut-être ?) En fait j'aurais beaucoup à dire sur la magie de ces années-là et sur ma joie d'avoir grandi dans leur atmosphère culturelle mais ce sera le sujet d'un autre article, un jour.

Bref, mon trip du moment c'est la B.O. du film Electric Dreams (1984), un des premiers films de la génération MTV, dont furent issus quatre singles plus romantiques les uns que les autres. La meilleure reste la sublimissime et kitschissime Together In Electric Dreams de Philip Oakley et Giorgio Moroder. Vous pourrez ensuite savourer la délicieuse Video de Jeff Lynne, l'épique Electric Dreams de P.P. Arnold et puis enfin la plus connue et magique Love Is Love de Culture Club.

Bon trip nostalgie à ceux qui ont connu 1984, en espérant que les plus jeunes comprendront ^^








14 mai 2009

Le long Halloween

Ralentissement d'activité sur ce blog ces derniers temps. Non pas que l'inspiration me manque (bien au contraire) mais votre agneau préféré croule sous le travail et n'a guère de temps à accorder à son blog. Et encore, heureusement que je me suis acheté un esclave syrien au marché pour faire le ménage ! En tout cas, toutes mes excuses à mes fidèles lecteurs, puisqu'il semble que fidèles lecteurs il y ait, pour ce ralentissement d'activité à durée indéterminée.

En attendant d'autres frasques, voici une quatrième histoire pour enfants, écrite comme les trois précédentes à l'automne 2005. Avec le recul, je trouve que le style est un peu trop littéraire et sérieux pour un jeune public, mais je continue d'aimer l'idée de base : et si, un lendemain d'Halloween, tout le monde se réveillait transformé en ce en quoi il était déguisé la veille ? Quoi que les deux histoires n'aient rien en commun, le titre est directement emprunté à la merveilleuse bande dessinée Batman : un long halloween, de Jeph Loeb et Tim Sale.

LE LONG HALLOWEEN

Il y a très longtemps, quand j’étais petit garçon, il fut un halloween très spécial dans notre ville. On s’en souvint sous le nom de « long halloween »… car il dura un an.

Les gens, lorsque tout commença, s’étaient comme il convient déguisés en toutes sortes de monstres et créatures surnaturelles. En ce temps-là, halloween était si populaire que même les adultes se déguisaient. Il y avait des Loups-garous, des Vampires, des Goules, des Dragons, des Squelettes, des Sorcières, et j’en passe…

Je n’avais moi-même pas pu me déguiser, car mes parents m’avaient puni pour quelque bêtise. Je devais donc rester dans ma chambre au lieu d’aller collecter des bonbons avec mes camarades d’école. Alors j’ai regardé la télé. Aux informations, ils disaient qu’une drôle de vieille dame était apparue à une réunion de la mairie. Elle avait déclaré que les gens de notre ville s’étaient fort mal comporté cette année : ils ne s’aimaient pas entre eux, et ils se disputaient pour n’importe quoi.

Le maire avait rit au nez de la dame, lui expliquant que c’était ainsi et qu’elle n’y changerait rien. Elle était partie, furieuse, en criant que puisque nous agissions en monstres, c’est ce que nous deviendrions. Les hommes politiques de la ville ne firent que rire davantage !

Lorsque je me levais le lendemain matin pour aller en classe, j’eus le pressentiment que quelque chose de pas normal était arrivé pendant la nuit. J’entendis Papa et Maman pousser des cris dans leur chambre et courir dans la maison : mon pressentiment était fondé !

J’allais à leur recherche et trouvais Papa caché derrière le canapé. Il avait l’air vraiment bizarre avec ses bandelettes ! Il me dit qu’il y avait une Sorcière dans son lit quand il s’était réveillé. Quand je lui répondis qu’il n’était pas tout à fait lui-même, il fit mine de ne pas comprendre.

Je trouvais ensuite Maman cachée dans un placard (à balais, bien sûr), et elle me dit en tremblant qu’à la place de Papa, il y avait une Momie dans son lit. Je lui expliquais que la Momie, c’était Papa. Et qu’elle avait bien changé, elle aussi.

Le petit déjeuner ne fut pas très gai. Papa et Maman n’arrêtaient pas de pleurer en se demandant ce qui s’était passé. Finalement, on est parti, moi pour l’école, eux pour leur travail. Dans la rue, c’était un sacré capharnaüm !

Il y avait des monstres en train de gémir ou de crier à tous les coins de rues. Il semblait que tout le monde se fut transformé en ce en quoi il s’était déguisé la veille. Tout le monde sans exception.

J’arrivais à l’école, et c’était un chahut sans nom ! La maîtresse était devenue une Chauve-souris Géante… Déjà qu’elle n’était pas belle avant ! Les élèves se moquaient tous d’elle et elle était furieuse. Il faut dire qu’ils n’avaient pas de quoi faire les fiers : vous auriez vu l’allure de ma classe !

Je me retrouvais assis entre la Créature du Marais et le Monstre de Frankenstein, pour écouter une Chauve-souris Géante nous expliquer des mathématiques…

Le soir, on a regardé les informations avec Papa et Maman : partout dans la ville, les gens s’étaient métamorphosés. Seules les rares personnes qui ne s’étaient pas déguisées avaient gardé leur apparence normale. Le Maire (qui était devenu un Clown), fit un long discours selon lequel il promettait de trouver une solution. Bien sûr, personne ne le crut.

Au début j’étais tout content de ne pas être un monstre, mais très vite je commençais à me sentir un peu seul. On me regardait dans la rue, et je n’aimais pas trop ça. A la maison ce n’était guère mieux : Papa n’arrêtait pas de se prendre les pieds dans ses bandelettes. Et Maman jetait des sorts sans le vouloir, ce qui provoquait plein de catastrophes dans la maison.

Et c’était compliqué partout : le voisin, par exemple, était un Bonhomme de Neige, et comme il fondait dès qu’il était près d’un radiateur, il dut se construire une cabane dans le jardin. En effet : il ne pouvait pas couper le chauffage, car sa femme était devenue un Robot, et ne supportait pas le froid qui coinçait ses articulations mécaniques.

Bref, la situation posait toutes sortes de problèmes à plein de gens, et chacun dut apprendre à s’adapter à sa nouvelle condition et à celle des autres. Les choses étaient d’autant plus difficile que le Président de la République avait décidé d’isoler la ville du reste du pays. A chaque fois que quelqu’un allait dans une autre ville, il créait une panique. Les gens voyaient débarquer un monstre et avaient peur.

Plus personne n’eut donc le droit de sortir de la ville. Nous nous retrouvions livrés à nous-même. La situation était très difficile, et les gens commencèrent à être encore plus méchants qu’avant. Ils se réunirent par genres de monstres, et firent des alliances : les Vampires cherchaient chamaille aux Loups-garous, les Goules s’alliaient contre les Gargouilles, etc… C’était absolument n’importe quoi !

Voilà qui ne me plaisait guère. Mais que faire ? Je ne pouvais pas obliger les gens à être gentils ! Je finis donc par sympathiser avec les rares autres enfants qui n’avaient pas été transformés, et nous nous demandions souvent ce que nous pouvions trouver comme solution.

Les mois passèrent et la ville sombra toujours plus dans la folie. Le clan des Vampires, en particulier, était particulièrement pénible. Comme ils ne pouvaient plus sortir que la nuit, ils essayèrent de construire au-dessus de la ville un énorme toit, pour qu’il fasse toujours nuit. Personne n’était d’accord et il s’ensuivit une terrible bagarre.

Le clan des Clowns, mené par le Maire, tenta ensuite de faire mettre en prison tous les King-Kongs, car un King-Kong avait contesté une loi votée par le Maire. Mais comme les Sorcières étaient les alliées des King-Kongs, cela déclencha encore des bagarres. Finalement, les Sorcières jetèrent un sort qui déclencha une terrible tornade. La tornade démolit bien des maisons et inonda la moitié de la ville.

Un soir, Papa nous expliqua fièrement que le clan des Momies avait mis le feu au supermarché, qui n’employait désormais plus que des Zombies. Mais le clan des Sorcières était allié à celui des Zombies, et cela provoqua une terrible dispute entre Papa et Maman. Finalement, Papa partit en claquant la porte, déclarant qu’il allait vivre avec les autres Momies.

Avec mes nouveaux amis, nous avons décidé que cela ne pouvait plus durer : en six mois, la moitié de la ville était déjà en ruines. Plein de familles s’étaient brouillées parce que leurs membres appartenaient à différents clans. Il fallait que tout le monde redevienne humain, car même si avant les gens se disputaient, cela n’allait jamais aussi loin.

Nous commençâmes donc à aller à la rencontre des gens, pour leur expliquer que nous ne pouvions plus vivre dans ces conditions. Mais personne ne nous écouta. Les adultes qui étaient resté humains organisèrent une grande réunion, demandant à tous de se concentrer pour trouver une solution, afin de redevenir tous normaux.

A notre grande surprise, les monstres de tous genres se mirent à protester qu’ils étaient très bien comme ils étaient ! Les Sorcières dirent qu’elles étaient ravies de pouvoir jeter des sorts, et les Vampires de boire du sang, et les Monstres de Frankenstein d’être très forts, etc… Plus personne ne voulait redevenir humain !

Les mois continuèrent de passer, et les non-monstres finirent par vivre entre eux, dans un immeuble avec un grand jardin. Nous avons commencé à cultiver nos légumes, et organisé entre nous un mode de vie paisible, sans disputes ni conflits. Au dehors, le chaos continuait.

Un an était presque passé, et nous approchions du nouvel halloween. Autant dire que dans le clan des Humains, personne n’avait envie de le fêter. Nous avions vu notre monde s’écrouler, et nos familles se disperser. C’est à ce moment-là que je me souvint de la vieille dame qui avait protesté contre la mesquinerie des gens. Il semblait que ce fut elle qui nous avait jeté un sort. Mais cela n’avait fait qu’empirer les choses.

Cette nuit-là, je vis la femme en rêve, elle était devenue très jeune et très belle. Elle me dit que moi seul pouvait résoudre la situation, mais que je devais me dépêcher : après la prochaine nuit d’halloween, la métamorphose serait définitive. Rien ne pourrait retransformer les monstres en les gens qu’ils étaient autrefois ! Je lui demandais quoi faire, et elle me répondit de chercher la solution au fond de moi, car c’était là qu’elle se trouvait.

Je passais de longues journées à me creuser la tête en vain. Rien n’y faisait. Puis, l’avant-veille d’halloween, quelqu’un fit une blague : « Dites, vous croyez qu’ils vont se déguiser en gens normaux pour halloween, les monstres là-dehors ? » « Eurêka ! » criais-je. « C’est ça qu’il faut faire !!! » Et j’expliquais mon plan : si les monstres se déguisaient en Humains, la transformation s’inverserait !

S’ils savaient que l’idée venait des Humains, les monstres ne feraient rien. Nous nous sommes donc déguisés en monstres pour passer inaperçus, et avons fait le tour de la ville en collant des affiches : « Monstres de tous poils, c’est bientôt Halloween ! Célébrons la fête qui a fait de nous ce que nous sommes, et moquons-nous ensemble des humains que nous étions jadis. Que chacun se déguise en la personne qu’il était avant ! »

Les monstres accueillirent la proposition avec enthousiasme. Il semblait que l’idée leur plaisait. Nous n’avions plus qu’à attendre et à prier pour que tous sans exception se déguisent. Je ne vous cache pas que la nuit fut longue. Très longue.

Le lendemain matin, nous sommes sorti voir ce qui s’était passé. Nous étions épuisés : le suspense était si grand que personne n’avait dormi. Dans la ville en ruine, les gens erraient, le regard perdu… Ils étaient redevenus eux-même !!! Nous avons passé la journée à les réunir dans notre grand jardin. Tous étaient complètement hagards, comme s’ils se réveillaient d’un long rêve. Je me jetais au cou de Papa et Maman, tellement heureux de les voir redevenus normaux !

Il fallut deux ou trois jours pour que tout le monde reprenne ses esprits. Les gens virent l’état de la ville, se souvinrent de la façon dont ils s’étaient fait la guerre pour des raisons absurdes ! Ils avaient terriblement honte, et ceux qui étaient restés humains pendant l’année les réconfortèrent : tout était pardonné. Il fallait à présent reconstruire la ville, et apprendre à vivre paisiblement.

Les ex-monstres étaient si reconnaissants envers nous de les avoir libérés de la malédiction, et de ne pas leur en vouloir pour la vie qu’ils nous avaient faite pendant un an, qu’ils promirent de se comporter bien à l’avenir. Puis, tout le monde se mit au travail : il y en avait, des choses à rebâtir !

Peu après, le Président leva l’isolement qui pesait sur la ville, et depuis ce jour, les gens se comportent avec respect les uns envers les autres. Chacun ici se souvient à quel point les discordes inutiles peuvent gâcher la vie. Tout le monde se souvient également de la bêtise qui était derrière l’idée des « clans » de monstres. Ainsi, chacun se garde désormais de juger autrui sur ses différences.

Le Long Halloween avait été une dure épreuve pour tout le monde, mais tous en étaient sortis grandi. Au bout de quelques années, la « ville des monstres » était devenue pour tout le pays « la ville où il fait bon vivre. » On nous prit en exemple, car nous avions à cœur de résoudre tous nos désaccords en parlant, sans nous disputer ni nous battre !

Quant à moi, je fus remercié d’avoir rétabli la paix avec mon idée, et chacun me fit un cadeau. Tout le monde était tellement heureux d’être redevenu normal ! Enfin, presque tout le monde…

Le Maire avait refusé de se déguiser en lui-même, fier qu’il était d’être un Clown. Au fond, c’est ce qu’il avait toujours été, et c’est ce qu’il serait toujours.

Heureusement, une certaine vieille dame, qui vivait au fond des bois et pratiquait la magie, accepta de l’embaucher comme jardinier… s’il promettait d’écouter ses enseignements.

1 mai 2009

Parce que Luc n'a pas d'humour...

...je persiste à en avoir !

(Clique sur le lien & épate Luc !)

23 avril 2009

Les adultes sont des cons !

Nous étions jeunes, nous avions vingt ans et tous nous avions décidé de faire de la création artistique notre vie.

La création artistique, nous en savions encore peu de chose, nous la découvrions à peine. Mais s'il y a une chose que nous savions, malgré notre (immense) arrogance, malgré notre (immense) naïveté, c'est qu'elle nous coûterait cher, qu'elle exigerait de nous bien des sacrifices.

Nous étions jeunes et tous paumés mais tous autant que nous étions, nous savions bien que c'était là notre vocation, qu'il n'y avait nulle alternative possible, comme un destin qui ne nous demandait pas notre avis. C'était quelque chose d'irraisonné et de déraisonnable et ça le serait toute notre vie. C'était tout simplement plus fort que nous.

Il y avait quelque chose à chercher, et nous devions chercher jusqu'au tombeau s'il le fallait (et il le faudra).

Nous étions jeunes mais aussi très vulnérables. Sortis du lycée ou à peine, découvrant la vie mais la sachant déjà difficile. Et nous aurions alors tant eu besoin du soutien de nos ainés.

Les adultes, nos parents, leurs amis, nos professeurs parfois : tous ou presque s'étaient passé le mot : il fallait nous décourager. Et ainsi ils nous apprirent (premier mensonge) que dans l'art il n'existait que deux alternatives, sans rien au milieu : la richesse et la célébrité ou la misère noire, absolue. Ils nous apprirent ensuite (second mensonge) que la première de ces options nous était inaccessible car nous n'étions pas assez doués et que seule la seconde, dans toute son horreur, nous attendait. Ils nous apprirent enfin (troisième mensonge) que nous étions en train de foutre toute notre vie en l'air et que (quatrième mensonge) nous le regretterions ensuite, avant d'ajouter (ultime et affreux mensonge) que nous pourrions faire autre chose, renoncer à créer, faire des études « normales » et aller ensuite au bureau tous les matins sagement, sans regrets, pendant que d'autres cherchaient ce que nous avions renoncé à chercher. Et être parfaitement heureux.

Certains d'entre nous ont en effet renoncé en cours de route. Ceux-là se sont rendu compte que la sécurité était une condition essentielle à leur bien-être (et qui peut les blâmer ?) et que « chercher » n'était finalement pas si important. La plupart de ces gens étaient sincères auparavant, mais juste égarés. D'autres ne cherchaient que la gloire et eurent vite fait de comprendre que la gloire, dans ce métier, est une notion toute relative et très coûteuse. Eux aussi renoncèrent vite.

Mais beaucoup d'autres sont toujours là. Ceux qui ne pouvaient pas faire autrement. Qui ne peuvent toujours pas. Il arrive que l'on en soit tant dégoutté de créer, de ces concessions que nous devons sans cesse faire au monde, que nous en sommes parfois totalement improductifs, mais ça revient toujours et nous replongeons de plus belle. Mais ce qui arrive surtout c'est qu'au bout du compte on ne galère plus tant que ça. On a trouvé nos voies de subsistance, nos heureux compromis, nos moyens de vivre correctement en faisant ce que nous devons faire. On n'est pas millionnaires mais enfin ! Combien de gens gagnent-ils le smic en souffrant 35 heures par semaine dans un bureau, dans une usine, sur un chantier ? Nos 35 heures (parfois 10 heures, parfois 70 heures, ça dépend des semaines) ont au moins du sens ! Nous ne sommes ni riches ni célèbres, mais ce n'est pas non plus cette misère atroce qu'on nous avait prédit.

Mais durant toutes ces années, combien d'angoisses, combien de douleurs, combien de peurs ? Combien aussi de moments de découragement ? Combien de cris ou, au contraire, d'acte désespérés pour obtenir la reconnaissance de nos ainés en dépit de nos choix de vie ? Ces choix dont nous savions qu'ils n'en étaient pas, qu'ils étaient plus forts que nous mais, contrairement à la drogue ou au crime, productifs, générateurs de rêves sinon d'humanité.

Les adultes sont des cons parce qu'à cause d'eux nous avons vécu ces années avec de la douleur et un sentiment d'échec injustifié. Parce que nous avons cultivé parfois les graines de l'échec qu'ils avaient semé en nous et que parfois nous avons peut-être échoué à cause de cela (ah, pouvoir de l'inconscient !). Ceux-là même qui prétendaient vouloir notre bonheur causaient notre malheur. Ils nous perturbaient et nous torturaient de leurs interminables, répétitives, redondantes et vaines remontrances. Nous avons plus de 30 ans à présent, alors nous savons que l'erreur était leur et pas notre. Nous somme heureux d'être là où nous sommes et de faire ce que nous faisons. Cette quête du beau et du sens qui nous anime est une chose merveilleuse. Y renoncer eut été folie. Mais combien de nuits blanches avant d'en arriver là ?

Les adultes sont des cons, mais maintenant c'est nous les adultes. Ne faisons pas subir cela à nos enfants.

17 avril 2009

On a décidément beaucoup à apprendre des enfants !

Et bien oui, voilà une petite fille qui pourrait m'en remontrer sur le plan de la dramaturgie :



(Merci à .R.僕は神ですレヤンとういいます^^ pour m'avoir fait découvrir cette vidéo.)

(Oui je sais, j'ai des amis qui ont des noms bizarres. A la fois... je suis bien fan d'un type qui s'est fait appeler O(+> pendant 6 ans alors je suis plus à ça près ^^)

16 avril 2009

L'histoire de ma vie (à part que j'ai jamais été peintre)...

« J'ai été un peintre, un écrivain... J'ai flirté avec la politique. Je me suis fait quelques ennemis... Mais, hé ! Ils se sont tous volatilisés en poussière et je suis toujours là. Alors je suppose que ça veut dire que j'ai gagné. »

Peter David, Fallen Angel.

14 avril 2009

Saturation

Meeeeeeeeeeeeeerde !!!

Nous y revoilà : j'ai encore dépassé le nombre de Dunbar !!! Ce n'est pas la première fois et le résultat est toujours le même : mon néocortex est en train d'exploser et je ne me souviens plus de rien ni de personne :-(

J'arrête de sortir pendant quelques temps, vous ne m'en voudrez pas, hein ?

7 avril 2009

Je viens de déterrer un ENORME os à moelle !

Le texte ci-dessous est constitué d'extraits de ce qui fut ma première tentative de roman, en 1991-92 (j'avais 14-15 ans). J'avais été marqué par La nausée de Jean-Paul Sartre, roman sur l'ennui, dont le protagoniste ressasse sans cesse les mêmes idées noires. Il y avait aussi un petit peu de Marcel Proust : j'avais essayé de lire et abandonné au bout de cinquante pages Du côté de chez Swann, mort d'ennui devant ce que je percevais alors comme d'interminables lamentations de l'auteur sur son enfance. Étrangement, ce livre m'influença néanmoins. Je crois aussi que le roman Cripure de Louis Guilloux m'avait quelque peu influencé, mais je ne puis l'affirmer (le souvenir de ce roman est très flou pour moi). Le titre, enfin, était une allusion non voilée aux Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir (Frédéric Beigbeder aurait, des années plus tard, la même idée en publiant ses Mémoires d'un jeune homme dérangé).

Mémoires d'un jeune garçon dérangé était bâti sous la forme d'un roman épistolaire, à la première personne et à sens unique (on n'avait jamais les réponses, si tant est que réponses il y eut) : le « héros », âgé de 16 ans et élève de seconde, écrit tous les deux ou trois jours à son meilleur ami, qui a quitté la ville avec sa famille. Chaque paragraphe correspond donc à une lettre - j'ai signalé les coupes dans le texte par des (...), mais très souvent, il manque aussi le début et/ou la fin du paragraphe, ce qui n'est pas indiqué. Le narrateur, non-nommé, vit avec son père, sa mère et sa sœur (jamais nommés non plus - les autres personnages ne sont d'ailleurs désignés que par leurs initiales). Pour l'essentiel, leur famille, bourgeoise, a subi les effets d'une crise économique et a vu son niveau de vie baisser considérablement. Le protagoniste était en réalité un anti-héros : tout était mis en œuvre pour le rendre antipathique, prétentieux, amer, délirant et au bout du compte détestable. A travers ce personnage torturé et cette famille névrosée, c'est toute l'amertume de mon adolescence qui s'exprimait, avec rage et violence.

Le roman, jamais achevé, manquait cruellement d'une direction, d'une structure et d'une dramaturgie claire. C'était tout ce qu'on peut attendre d'un adolescent de 14 ans qui fait ses premières armes : un charabia laborieux, parfois même illisible. Pourtant, en le relisant, je lui ai découvert une vertu totalement involontaire : je me suis retrouvé plié de rire à la lecture de nombreux passages. Il faut mesurer que j'ai écris tout ce qui suit avec le plus grand sérieux du monde. A la relecture, j'étais hilare comme je ne l'ai pas été depuis longtemps. Peut-être que vous ne trouverez pas ça drôle du tout. Il est même probable que vous trouverez cela ennuyeux (après tout, c'était un roman sur l'ennui). Peut-être que vous trouverez juste ça triste, trash et terriblement sombre. Ou peut-être que, comme moi 18 ans après les faits, vous vous en paierez une bonne tranche (je vous le souhaite). J'en appelle en tout cas à votre indulgence : je ne prétends pas que ce qui suit ait la moindre qualité littéraire, c'est juste -à titre personnel- un document intéressant dans mon parcours, qui m'a suffisamment amusé pour que j'ai envie d'en partager quelques extraits avec vous. C'est aussi une redécouverte, parce que je n'avais jamais relu ça et que je ne m'attendais pas du tout, mais alors pas du tout à rire autant (voire à rire tout court). Et je ne me souvenais pas non plus que c'était si acide, si noir, ni d'une telle démesure. Une dernière chose : j'ai vraiment fait des coupes sombres (Il doit rester 10% du texte) alors ne vous prenez pas la tête avec les informations qui vous manquent : prenez les extraits comme ils viennent, c'est amplement suffisant....

MÉMOIRES D'UN JEUNE GARÇON DÉRANGE :

« Je méprise presque tout le monde car les gens à la fois intelligents et sages sont rares et les autres ne sont pour moi que des êtres insignifiants et des vermines humaines ! »

« Le drame survint deux jours après, le 16 novembre 1990, autour de 12h45 : C., R. et D. se moquèrent de moi alors que S. était à côté. De la haine que j'eus pour eux, je compris que je l'aimais d'un amour absolu et qu'elle serait la seule dans ma vie. Trois jours plus tard, après avoir dans ma rage tabassé onze mecs qui me cherchaient des noises, dont une bande d'élèves de sixième (...), dont l'un d'entre eux que je tuais presque (leur chef), je décidais de me suicider si S. ne voulait pas de moi. »

« Enfin, je lui parlais pour le première fois :
- Je suppose que tu es au courant de tout ?
- Oui.
- Et alors, qu'est-ce que t'en penses ?
- Rien.
Et elle partit. Autant te dire que j'étais anéanti, aussi je décidais de ne plus attendre et de me suicider le samedi suivant. »

« A la fin de l'année, j'ai tout fait pour tomber amoureux d'une fille : L.B., mignonne, sympa, etc. Rien à faire !!! »

« En 1999, comme l'a annoncé Nostradamus, un autre Envoyé va arriver (…) Il provoquera une guerre nucléaire qui décimera plus de 95% de la population. Or il fallait quelqu'un pour s'occuper des survivants et les amener enfin sur la voie de la sagesse. S. et moi devions procréer et créer une nouvelle race. Inutile de te dire que c'est nous et nos enfants qui aurions du guider les survivants. (…) Nous nous sommes rencontrés trop tôt. »

« Nous reverrons les C. dimanche (si tu savais comme je m'en fous !) »

« Hier soir, avant de me coucher, j'ai tenté de me trancher les veines. Non pas pour mourir, comme les deux dernières fois, mais pour boire mon sang. Ceci dit, je ne suis pas arrivé à m'entailler suffisamment alors que lors de ma dernière tentative de suicide, le sang a fait une vraie flaque. C'est étrange. »

« Par ailleurs, je n'ai pas cessé d'emmerder Père aujourd'hui, je ne sais trop pourquoi. »

« Mère a piqué sa crise parce que je suis parti avec le peu d'eau minérale qui restait. Père est venu la récupérer et j'ai refusé de partager ce qui restait : j'ai tout rendu, quitte à boire de l'eau du robinet et puisque c'est comme ça je ne boirai plus jamais de leur eau, j'en achèterai moi-même et comme ça ils n'auront plus qu'à fermer leurs gueules ! Mais qu'ils ne viennent pas m'en mendier s'ils en manquent : ils n'en auront pas une goutte !!! «

« Avant de passer à mes réflexions d'aujourd'hui je vais faire suite à l'affaire de la bouteille d'hier soir. Père m'a dit que Mère lui avait fait la gueule toute la journée parce que (primo) il aurait fallu qu'il râle quand j'ai pris la bouteille et pas un quart d'heure après et (secundo), connaissant mon mépris envers les gens qui perdent leur sang froid, Mère craignait que je ne la prenne pour une conne. Aussi, étant donné (primo) que Mère était innocente et (secundo) que Père avait raisonnablement été humilié par sa faute et (tertio) que Père m'avait lavé de toute culpabilité et (quarto) que Mère me l'a demandé : j'ai considéré que je pouvais leur prendre de l'eau –ce que j'ai fait– sans entacher mon honneur »

« J'ai également pu voir le rectangle de mousse sur lequel je dormirai : ma pièce n'est pas assez grande pour y mettre un vrai lit. (…) Sœur et moi avons pris la décision d'adopter un hamster. »

« Ce soir je vais tester mon nouveau « lit ». (…) Sinon, rien de particulier. C'est vendredi soir qu'on va chez B. et cette triple-buse de Père a comme toujours fait le contraire de ce qu'on voudrait en émettant quelques contestations quant au fait que l'on voie les A. dans onze jours (quel âne !) Heureusement, Mère -qui est plus futée- a rattrapé le coup en plaidant en ma faveur. Bien qu'elle n'ait sans doute pas deviné ce que Mme. A. représente pour moi, elle a bien compris que je l'aimais bien et qu'elle pouvait m'aider. »

« Ensuite j'ai loué douze cassettes vidéo et on est rentré. (…) Je m'étais couché lorsque j'ai vu une lumière intense passer à travers mes volets puis ça s'est arrêté. (…) Il s'est avéré que Père a déclaré que je racontais des histoires abracadabrantes et que Mère et moi avons chacun de notre côté pensé à un ovni. (…) Va savoir... Ovni ou non, c'est quand même bizarre ! »

« Ah oui ! Pour finir : l'eau de toilette de la comptable de Père sent la bave d'escargot ! On aura tout vu !!! »

« En cours de sport, mes camarades faisaient les cons alors que j'étais calme dans mon coin et la prof m'a demandé si je ne les trouvais pas tarés. J'ai répondu (je cite) : Non, je le suis aussi et puis vous savez, j'ai été comme eux dans le temps. »

« Rien de neuf sur rien aujourd'hui, sinon que j'ai promené Pyrame en ville et on a vu un bébé lévrier nommé Gaston (Pyrame est le lévrier de Mère). »

« Ça y est, c'est fini... et c'est terrible ! C'était le dernier épisode. Je me suis battu pour ce feuilleton : j'ai fui de chez moi pour me réfugier chez Grand-mère, j'ai gâché ma dernière soirée à Nice et un repas dans une crêperie à Dijon, j'ai même utilisé la télé de B. ! Tout ça pour que ça soit... fini ! Et de quelle manière ? C. possédé par B. : c'est MONSTRUEUX ! Et tout le reste, cette fin... On ne sait rien de la suite : B. épousera-t-il S. ? B.H. est-il mort ? Que va-t-il advenir de D. et de sa famille ? Que vont faire N. et E. maintenant que N. a retrouvé la mémoire ? J. reviendra-t-il ? A, P. et A. ont-ils péri dans l'explosion ? L. s'en sortira-t-il ? A. et L. auront-ils leur enfant ? Tant de questions sans réponses ! (...) C'est trop affreux. Et C., le héros, finir ainsi... Si encore il était mort mais ça !!! On était sûr d'un happy-end, ça ne pouvait être autrement... mais non... le vide... C'est comme être marié avec quelqu'un ou élever un enfant puis ne plus rien savoir de lui, du jour au lendemain. On se sent mort, vidé, sans raison de vivre... J'en ai pleuré, de cette fin si horrible, du simple fait que ce soit la fin. Tout est fini, et moi je crois l'être aussi. »

« Sœur a dit LA chose à ne pas dire au cours d'une querelle entre nous. Elle l'a dit. LA chose. (…) Mère s'est empressée de clore l'affaire d'un « Fille, je te prie de garder tes réflexions pour toi. » Et pan, dans les dents ! De toute façon, Sœur a dit ce qu'il ne fallait pas et ça se paiera... Peut-être de son vivant et en tout cas les Tourments Éternels après sa mort ! Elle y coupera pas la sale petite garce ! Une bonne nouvelle, tout de même : Père serait enfin décidé à voir les A., dans quinze jours. »

« Quant à Père, il doit appeler les A. demain. Ce monstre a osé dire une obscénité sur Mme. A., c'est immonde ! (…) Ça se paiera ! »

« J'ai été seul tout l'après-midi. Seul. Père, lui, doit appeler les A. aujourd'hui et sinon je ne crois pas qu'il y ait autre chose à signaler. »

« F. m'a demandé si j'étais allé chez le coiffeur, ce à quoi j'ai répondu que non, que je m'étais juste coiffé à l'arrache. (…) Mère a donné à Pyrame un os qui puait comme j'ai jamais rien senti : l'horreur ! Aussi ai-je dit à Mère de le foutre en l'air, ce qu'elle a fait. Par contre, Sœur ne semblait guère disposée à me permettre de voir le Top 50 (elle est tout le temps collée devant la télé) : ça ne va pas se passer comme ça !!! Père n'a TOUJOURS pas appelé les A. !!! Je vais craquer ! »

« J'ai réalisé quelque chose de terrible : je vis maintenant une existence normale. Un père à peu près normal, une mère normale, une sœur, un chien et (cerise sur le gâteau) un hamster ! (…) Je m'ennuie !!! J'ai perdu mon inspiration (temporairement j'espère), mes orgasmes ne sont plus ce qu'ils étaient, je n'ai aucun sujet de préoccupation et du coup la vie a un goût de fiel. (…) Père a appelé les A. qui ne savent pas encore si ils seront libres. Pourvu que oui ! »

« Dans trois mois c'est noël et je vais très bien. Il a plu aujourd'hui. (…) Père n'est pas rentré ce soir, de sorte que je ne suis pas plus avancé en ce qui concerne les A. On verra demain. »

« L'époux A. doit rappeler Père demain matin. A part ça, le directeur de mon lycée a téléphoné à Père pour lui dire qu'il y avait enfin des places libres à la cantine mais c'est trop tard alors j'ai refusé !»

« F. m'a demandé si je pouvais lui donner 50 francs pour s'acheter un portefeuille Chevignon et je lui ai demandé ce qu'elle me donnait en échange. Elle ne savait pas et B. m'a suggéré de lui demander de sortir avec moi en contrepartie des 50 francs. J'y avais bien pensé mais je n'osais le tenter. Finalement je me suis jeté à l'eau. Elle a hésité car elle a un copain depuis cinq mois, un certain R. qui a 25 ans et qui est néo-nazi : elle hésite à le larguer. Elle n'a pas encore pris de décision mais j'espère qu'elle dira oui. Le seul problème est que, d'après B., le R. en question serait un colosse. (…) Autre problème : F. a tenté de me dissuader. Ne lui plairais-je pas ? Me suis-je illusionné ? »

« Rien sur les A. Revenons à F. : en cours d'espagnol, elle m'a dit que c'était non pour sortir avec moi, même si je gardais les 50 francs. Du coup, je lui ai proposé de les lui donner si elle me vendait son âme. Mais après avoir hésité, elle a refusé aussi. (…) Quoi qu'il en soit elle a fini par les obtenir car j'ai accepté « pour lui faire plaisir », en échange de quoi elle me sera redevable d'une dette d'honneur. Tout est donc rentré dans l'ordre et nous restons bons amis. »

« F. est d'accord pour me vendre son âme 200 francs. Grand-père est mort ce soir, à 20h30. (…) J'ai l'impression que tout est un décor, que le lycée s'écroulera à la moindre pichenette et que F. et les autres tomberont en morceaux, comme des mannequins. (…) Ces funérailles à la con, je m'en balance ! (…) Matériellement, par contre, ça me pose bien des problèmes. (…) Je ne sais pas si j'aurai autant d'argent de poche, etc. Lui a peut-être de la chance d'être mort mais merci pour ceux qui restent ! (…) Je tombe de sommeil : c'est les emmerdes qui font ça. Bonne nuit ! »

« F. est passée à 350 francs et il y a plein d'autres mecs que ça intéresse. J'ai discuté avec elle et je lui ai demandé pourquoi elle était si bizarre (c'est sa nature, dit-elle) et pourquoi elle me parlait plus que les autres (elle est sociable dit-elle). Tout malentendu est donc réglé. (…) Grand-père se fera incinérer lundi à 9 heures du matin : je te raconterai. »

« On est arrivé à 17 heures et on s'est d'abord occupé de vider les tiroirs du bureau de Grand-père. On est ensuite allé au restaurant. (…) Après on a commencé à regarder un ou deux trucs à récupérer et on s'est de plus en plus marré jusqu'à délirer complètement. (…) Je vais récupérer une loupe, un quotidien de 1930, un crocodile empaillé, une sculpture de sapin en cristal et quelques autres trucs. Le partage est équitable. (…) La sœur de Grand-mère arrive demain matin. Elle est sympa mais ce n'est pas le moment de l'avoir dans les pattes. Père et Grand-mère ont tout fait pour essayer de la dissuader mais rien à faire. »

« Je suis allé avec Père voir le corps de Grand-père. On voyait bien que c'était un mort. On le sentait aussi. (…) Il y a eu une messe complètement ridicule et tout le monde est rentré chez soi. »

« Vendredi et samedi j'ai acheté les best-of de Phil Collins, d'Elton John et des Carpenters. J'ai également acheté ma première âme : c'est C.P., un mec de ma classe, qui m'a vendu la sienne pour 50 francs. Il a signé le contrat et j'ai payé cash. Je ne sais encore pas trop ce que j'en ferai mais ça peut toujours servir. (…) Il est vrai que malgré son intelligence relativement limitée, Sœur a de forts bons goûts musicaux. C'est étrange. (…) Idem avec Mère, peut-être -sûrement, même- pourrait-on aiguiser sa réceptivité avec de l'entrainement, et une écoute parfaite. (…) Les A. ne se sont plus manifestés auprès de Père. Je sais que l'époux ne m'apprécie guère et je pense qu'il veut éviter de me voir avec Mme. A. Je sens bien qu'il est jaloux. »

« J'ai plusieurs personnes intéressées pour la vente d'âmes. (…) Si Père mourait, je ne crois même pas que je serais très triste. Un peu quand même, c'est sûr, il m'a tout de même élevé. Mais d'un autre côté, il est ma source principale d'ennuis. (…) Je vis, je ne sais pas trop jusqu'à quand ni pourquoi je continue de le faire. Bah... »

« Je suis de plus en plus nul en maths et en espagnol et c'est inquiétant. (…) Je ne saurais redoubler une deuxième fois. Je serais obligé de me suicider sans quoi je serais déshonoré. Si ça devait arriver, je pense que je ferais ça un jeudi après-midi (je n'ai pas cours le jeudi après-midi). »

« J'ai revu Le loup-garou de Washington avec Mère et Sœur. J'ai trouvé le film mieux que la première fois mais Sœur parlait régulièrement et perforait des feuilles pour faire des confettis, ce qui faisait un raffut monstre. Bien-sûr, Mère prenait son parti et elle aussi foutait un bordel monstre en faisant entrer et sortir Pyrame de la pièce. Puisque c'est comme ça et qu'il n'y a pas moyen de regarder un film en paix, je demanderai à Père de les enregistrer et je les regarderai la nuit, seul. Quel affront pour Mère et cette idiote de Sœur ! A propos d'affront, un certain Y.A. m'en a fait un sacré au lycée. Cette vermine (…) s'est jeté sur moi et m'a touché avec de grands mouvements, or ça me rend malade quand on me tripote ! (…) J'en suis malade ! Fais-moi penser de te parler des âmes. »

« Ce matin, en cours de sport, j'ai discuté un peu avec J.S. (…) Il m'a dit qu'il avait déjà trois tentatives de suicide à son actif et il a ajouté qu'il comptait se passer aux somnifères ce soir. »

« Ah... passé luxuriant, où donc es-tu ? »

« Peut-être vais-je me suicider à la fin de l'année, selon si je passe ou non en première. D'ici là, au cas où, j'ai dit à Mère qu'en cas de décès elle devrait accomplir mes dernières volontés. (…) Je ne désire plus rien de nouveau, ni amis ni filles. Juste le temps de rêver à mon passé... (…) Je voudrais vivre et mourir à la fois, c'est peu pratique. Vivement noël, c'est dans deux mois. (…) Tant-pis si je redouble, j'attendrai et au diable mon honneur. Je suis sur-intelligent et ça me suffit, les autres peuvent crever ! »

« Mère a tout de même refusé de jurer sur la tête de Sœur que j'étais normal. Elle ne peut être sûre à 100%. »

« Mère m'a donné une carte postale représentant un mec et une fille et sensée faire allusion à moi et S. Moi ça ne m'a pas inspiré grand chose mais bon, si ça peut lui faire plaisir. (…) Tiens, pendant que j'y suis, je vais t'expliquer la nature exacte des âmes par rapport à nous. (…) Ce que n'importe quel scientifique te confirmera. (…) Celui qui meurt gâteux retrouve sa fraicheur d'antan, celui qui meurt amnésique retrouve la mémoire, l'idiot devient intelligent. (…) L'après-monde est tout simplement une « autre dimension » dont les ondes électro-statiques, magnétiques et énergétiques coïncident avec celles des âmes et les attirent par des « portes » inter-dimensionnelles. (…) Il va de soi que les animaux ont également une âme. Voilà, tu sais tout. »

« Il m'arrive de me demander si je reverrai Mme. A. un jour, pas toi ? »

« F. m'a demandé pourquoi je serrais les mains des filles au lieu de les embrasser. Je lui ai expliqué que je n'aimais pas trop les contacts physiques et que je ne voyais pas l'intérêt d'embrasser les gens sur les joues. »

« Commençons par Mère et Père : leur vie sexuelle est aberrante ! Il y a un an je trouvais un vibro par hasard dans leur chambre. Il y a trois mois, Père me disait qu'il n'avait jamais pu jouir en même temps que Mère, ni même la faire jouir en la pénétrant. Il y a une autre méthode mais il refuse de ma la dire. Quelques jours après je tombe sur un AUTRE gode ! Le premier coup, j'avais cru à une fantaisie mais là j'ai pigé. Mère carbure au vibro ! En deux mots : Père se masturbe avec le corps de Mère et Mère se masturbe au vibro. C'est dingue, non ? Il faut dire qu'à ce que m'en a dit Père, le premier mari de Mère ne couchait avec elle qu'une fois par mois environ et elle était obligée de se caresser et de se doigter régulièrement pour se contenter. Penser qu'au 20ème siècle il y a encore des gens qui en sont là ! En plus, après le sexe, Père et mère vont se laver. Moi je m'en fous mais je trouve ça mieux de tout laisser sécher et de s'endormir là-dessus (…). Enfin, à chacun ses habitudes, hein ? (…) Mère râle après moi parce que je ne me trouve pas beau. (…) Pour l'instant en tout cas je n'ai pas la moindre envie d'être beau. »

« D'ici cinquante ans, l'Envoyé de 1999 aura peut-être annihilé la civilisation : qui sait si la télé existera encore ? (…) Ça ne m'intéresse plus de grandir. Mon esprit a déjà atteint son évolution maximum et je me fiche de mon corps. Tu penses que je devrais voir un psy ? En tout cas je ne pense pas que cela soit utile. »

« Père et Mère sont absents ce soir. (…) Je leur ai laissé un mot : Je ne vous ai pas attendu, non pas parce que j'avais sommeil mais parce que le sommeil est préférable à l'ennui, ennui qui amène finalement la déprime. Demain, je commence à 8 heures, comme d'habitude. Ne me souhaitez pas mon anniversaire demain matin : vu les circonstances ce serait ironiser avec ma vie et mes problèmes et c'est un droit que je me réserve. Bonne nuit. »

« Avant-hier soir, dans Nulle Part Ailleurs (sur Canal +), l'invité était un surdoué et hier matin, ceux de ma classe m'ont dit que j'étais aussi intelligent que lui. Je l'ai nié car bien que possédant un Q.I. très supérieur à la moyenne, je n'ai sûrement pas celui du gars de la télé (…) Penser que ça fait plus d'un an que C., T. et R. sont venus chez moi pour mes 16 ans, qu'on est allé au magasin de farces et attrapes et qu'on a aspergé M. de boules puantes. (…) Je suis déprimé à mort et Mère le déplore. Je suis dans le même état que l'année dernière pendant ma dépression nerveuse. »

« Je suis plus déprimé que depuis longtemps. Mère râle pour ça, pourtant je ne vois pas de quoi elle se plaint : je suis morne, silencieux (…) et pourtant elle râle de me voir triste, je ne comprendrai jamais ces humains ! »

« Pour ce qui est de Mme. A., je ne sais pas trop quand je la reverrai. Mère cherche un moyen mais l'époux ne va surement pas nous faciliter la tâche. »

« Je me sens si supérieur, si divin. Je suis un dieu vivant, je suis différent des mortels qui m'entourent, je suis sensitif, d'une intelligence hautement supérieure, j'ai le savoir de tous les secrets, contrairement à vous les humains je ne suis pas né par hasard. (…) Et si j'étais fou ? (…) Mais si c'était le cas, aurais-je des doutes ? Ne serais-je pas aveuglé par ma démence ? »

« Je suis fatigué ce soir. J'ai dormi avec Pyrame hier soir. »

« Pourquoi crois-tu que je dors avec Pyrame chaque nuit ? (…) Il n'y a qu'auprès des animaux que je peux encore trouver cet amour qui me fait tant défaut. »

« Mon amitié avec N. est menacée. (…) J'ai oublié chez lui la cassette no. 35. (…) N. l'a perdue ! Je lui ai dit que s'il ne l'avait pas retrouvée d'ici lundi, je ne voulais plus entendre parler de lui. Il a tenté de me dissuader mais rien à faire : la no. 35 est sacrée ! (…) Je me soulerais bien la gueule avec un peu de lait, en fait. Mais Père va encore me tomber dessus. Alors je vais rester assis sur cette chaise et attendre... attendre... attendre... »

« N. n'aurait toujours pas trouvé la no. 35. »

« Mais maintenant je suis seul. Personne à qui me confier. Seul, exilé. (…) Et N. qui n'a toujours pas retrouvé la #35 ! Je sais ce qui m'horrifie ici : c'est ce vide, cette fatalité. Je sais toujours ce que sera demain. (…) Mon monde est sans substance, il me semble que je vais éclater. (…) Je me vois pris entre les quatre murs de ce cagibi qui me sert de chambre, je me vois incapable de quoi que ce soit (…) Il m'est impossible de faire quoi que ce soit d'important. (…) Et demain il va falloir retourner dans cet affreux lycée. (…) Peut-être que je ne vais pas me coucher et passer ma septième nuit blanche, on verra. »

« Avant tout il faut que je te raconte le truc dément qui m'est arrivé ce matin. Quand je suis sorti du cours d'espagnol j'ai vu un slip sale au pied de ma table, autant te dire que j'étais plutôt déconcerté. Et puis j'ai compris : ce matin, en changeant de slip, le sale a du s'accrocher au cartable d'un élève, de sorte qu'il a traversé toute la ville avec un slip sale dans le dos, et arrivé au cours, le slip sera tombé au sol. C'est la seule explication que j'aie pu trouver à la présence d'un slip au pied de ma table. (…) Il n'est pas très courant de voir des slips sales dans des salles de classe. »

« La prof de sport m'a dit que j'étais bizarre. (…) C'est noël dans une semaine, n'est-ce pas sublime ? »

« J'ai ENFIN acheté son âme à S. Cette petite fantaisie m'aura quand même coûté 350 francs mais bon... (…) C'est un vieux rêve que j'ai depuis des années et je suis très satisfait de l'avoir fait, malgré ces 350F »

« Le surveillant général, Monsieur L., m'a convoqué dans son bureau pour me demander si je ne faisais pas des achats au lycée. J'ai tout de suite compris qu'il s'agissait des âmes mais j'ai nié jusqu'au bout. J'appris plus tard que les parents de P. avaient rendu les 50 francs à Monsieur L. A la récré, F. fut convoquée à son tour mais nia avoir vendu la sienne et fut crue. Je fus moi-même re-convoqué et je crachais le morceau (sauf pour F.) (…) Il étudia alors avec moi le côté philosophique de la chose et nous tombâmes d'accord sur certains points. Ce sur quoi il me fit signer un papier affirmant l'annulation de l'affaire. Vendredi, je récupérerai mes 50 francs et délivrerai le contrat que P. m'a signé en échange. L'affaire est donc close. »

« Et en plus Mère et Père n'arrêtent pas de faire chier, de me miner... Merde, à la fin !!! Comme si je n'étais pas assez mal comme ça, il faut qu'ils en rajoutent ! Quand je pense qu'il y a un an nous étions un mercredi ! »

« Combien de fois n'ai-je pas aimé des mortes ? Qui sera tombé sous le charme de M.A., matricide qui se suicida dans sa cellule en 89 ? »

« On ne devrait pas dire « faire l'amour », c'est un terme tellement erroné. On ne fais pas l'amour en s'accouplant. On fait du plaisir et des gosses. »

« Ce soir, Mère m'a enfin dit ce qu'elle avait après moi : elle me reproche de ne pas lui proposer mon aide pour la vaisselle et les conneries comme ça. Elle croyait que j'y pensais mais que je m'en foutais. Pas du tout, l'idée ne m'effleurait même pas ! Maintenant je lui proposerai ce qu'elle voudra et comme ça j'aurai la paix. Elle m'a aussi dit que j'étais invivable, que tout autre qu'elle ne m'aurait pas supporté si longtemps. Ça pourrait paraître bouleversant, ennuyeux. Pour moi ça ne l'est pas. (…) Il n'y a qu'une chose qui m'a un peu fait mal : elle et Père m'avaient déjà dit qu'ils déploraient que je me tire à la fin des repas. Moi, je croyais que c'était parce qu'ils avaient envie de me voir, de me parler, que j'avais un quelconque intérêt pour eux. Mais NON ! De moi ils n'en ont rien à foutre, s'ils voulaient que je reste c'était pour les aider à ranger la table. Ils me l'ont dit noir sur blanc !!! Ça c'est quand même dur à avaler. Enfin, j'ai l'habitude... »

« En biologie, on a appris qu'un bonhomme contient cinq à six litres de sang. Donc avec un mec on pourrait faire une vingtaine de cannettes de sang de 25 centilitres. Et, le lycée contenant environ 965 élèves, on pourrait obtenir 19 300 cannettes de sang. Bonjour le commerce : $. »

« Je pense sérieusement au pouvoir divin. Peut-être qu'avec le Nécronomicon ??? »

« Père, Mère et Sœur me semblent de plus en plus tarés. Normal. »

« J'en suis réduit à dormir avec le chien pour combler un peu ce vide qui m'entoure. »

« A part ça, on a eu droit à une piqûre au lycée. Je ne crains pas les piqûres. Qu'est-ce qu'une piqûre pour quelqu'un qui a l'habitude de se trancher les veines ?! »

« J'ai balancé mon carnet d'adresses dans la gueule de Père, ce après quoi je me suis senti soulagé, très bien en tout cas. »

« Alors voyons... Pour commencer j'ai découvert que toutes les autres filles de ma classe étaient néo-nazies. Cela s'accorde avec mes prévisions : ma génération élèvera des enfants de la génération de l'Envoyé de 1999. D'ici 2030 à 2050 la Troisième Guerre Mondiale sera déclarée. »

« Une bonne nouvelle tout de même : Père a réservé pour les vacances mais je n'aurai PAS de baignoire, (…) je ne pourrai même pas profiter des vacances pour me trancher les veines. Pas très pratique, tout ça. (…) Je vais essayer de baratiner Père pour avoir une baignoire, quitte à lui rembourser la différence. Tu imagines ? Pas de baignoire, pas de douche, pas de WC, pas de frigo, pas de lavabo ou d'évier : RIEN !!! Bonjour les conditions d'hygiènes. Il n'est pas dit que j'accepterai de passer quinze jours dans des conditions pareilles ! A la limite il y a de quoi me gâcher mes vacances. Je suis outragé et je me battrai pour mon confort ! Mais laissons là ces sentiments de colère et d'indignation et voyons ce que je puis te dire d'autre, c'est à dire pas grand chose, en fait. »

« D'abord, une nouvelle plus qu'inattendue : on serait invité chez les A. dimanche ! Ce serait donc enfin cette occasion tant attendue de revoir Mme. A. (…) Si je la revois car Père m'a dit : « si tu viens, c'est SANS tes lunettes noires ! » (…) Il s'agit de mon seul moyen de me protéger du regard des autres ! Bien sûr, ce n'est pas maintenant que Père va commencer à me donner des ordres mais ce serait m'abaisser que de le quereller pour si faible cause. J'ai peur (…) que l'époux n'ai monté la tête de Mme. A. contre moi. Après tout, il est son mari, et je ne suis que le fils de leur huissier : les forces en présences ne sont guère équitables. »

« Par ailleurs, Mère ne tourne pas au vibro (Père a fini par cracher le morceau). C'est (je cite) un doigt devant, un doigt derrière, la langue en renfort et tout ça en même temps. C'est la seule façon de la faire jouir. Mais ce qu'elle préfère c'est la masturbation qu'elle pratique toujours assidument. »

« Logiquement, je ne verrai pas Mme. A. dimanche, c'est dommage. »

« Un chien hurle au loin. J'aimerais bien le tuer. »

« Les jeux sont faits et les dés jetés. Mais le voile me cache encore les résultats. Qu'importe le temps. Un jour Je SAURAI, c'est inévitable et inéluctable. Il me faut la réponse. Il me la faut maintenant ! Mais comment pourrais-je jamais connaître la réponse si j'ignore la question ? Il me la faudrait tout d'abord si je veux pouvoir trouver la réponse. Mais je ne peux me permettre de chercher la question. Trop peu de temps. Pas de temps. Alors je cherche directement la réponse. Et qu'importe la question. L'aurai-je jamais avant que son intérêt ne s'efface ? L'aurai-je jamais ? »

« Demain encore mes lunettes noires me protègeront du Mal. Et demain encore je serai invulnérable. »

29 mars 2009

Invisible, intangible

« depuis toujours », qu'ils disent
comme une vague allusion au temps
gesticulations masturbatoires en bas-lieux
hautes luttes, vénales & enlacées

ce qui est dans la terre
recherché dans la chair
ce qui est dans le ciel
renié jusqu'au néant (intellect)

agression sur agression
atrocités relativisées
« exister » vendu comme un acte (en pack - light)
de vandalisme cannibal (légal)

école, voiture, fêtes et pointage
« construis-toi une armure, petit,
ce qui est solide est de taille »
autant d'armures, autant de failles

blindages virils toujours percés
blabla légal, foi dégradée
pendant ce temps, dans l'herbe verte
l'agneau appuie sur la touche pause

invisible, intangible
comme un papillon darwiniste
le prédateur doit voir sa proie
tu me vois pas, tu m’attaques pas
invisible, intangible
ce qui traverse ne blesse pas
tu me touches pas, t'existes pas

cet asile de fous terrestre, agonie & terreur
festin humain servi à toute heure
l'éducation transformée en blague pédophile
de fin de soirée (alcoolisée)

il faut il faut il faut il faut (il faut !)
les cris les blâmes les incendies
les putes sont toujours consentantes
ancres consommables, repères éphémères

l'agneau mâche & puis vous délaisse
à vos serments de haine sur le coran (la bible...)
vos djihads sont un fond de commerce
la seule guerre sainte est dans le verbe (ooooh... mon djihad !)

autant, au fond, raser les murs
répondre aux cris par le murmure
la calomnie me poursuivra
cacas nerveux, artistrucs undergounds (point qui se moque & point zéro)

l’excitation se gonfle d'elle-même
mon érection se passe de carapace & t'enlace (mmh... croquette !)
gazeux comme l’air, libre sans en avoir l'air
& leurs flèches qui se plantent dans la terre

invisible, intangible
comme un papillon darwiniste
le prédateur doit voir sa proie
tu me vois pas, tu m’attaques pas
invisible, intangible
ce qui traverse ne blesse pas
tu me touches pas, t'existes pas

dominations inutiles
rébellions fascistes & fictives
vomi au menu ce soir (télécharge ta révolution)
ces dents de lion qui font sourire

invisible, intangible
comme un papillon darwiniste
le prédateur doit voir sa proie
tu me vois pas, tu m’attaques pas
invisible, intangible
ce qui traverse ne blesse pas
tu me touches pas, t'existes pas

zoé l’avait pourtant dit :
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
« seul celui qui ne se protège pas est fort »

il vaudrait mieux grimper dans l’arche de zoé ! (vas-y zoé, danse !)

« seul celui qui ne se protège pas est fort »
(télécharge ta révolution, babapunk !)
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
(ce temps que tu ne comprends pas, tu crois qu'il passe !)
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
(j'ai l'éternité devant moi, baby !)
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
(l'éternité pour t'apprendre à danser...)

28 mars 2009

La stupidité n'a pas de limites !

La stupidité n'a pas de limites : en témoigne le projet « acoustic kitty », mené par la CIA dans les années 60. D'après Wikipedia, la CIA a dépensé environ 20 millions de dollars (ce qui, à l'époque, représentait une somme plus considérable encore qu'aujourd'hui) afin d'utiliser des chats dans des missions d'espionnage. Une batterie et un micro étaient implantés dans le corps du chat, ainsi qu'une antenne dans sa queue. Pour éviter que le chat ne soit distrait, son sens de la faim lui était retiré par chirurgie.

La première mission « test » fut effectuée à l'ambassade d'URSS de Washington. Le chat fut lâché à proximité et presque immédiatement écrasé par un taxi. A la suite de cela, l'opération tout entière fut considérée comme un échec et interrompue.

Ainsi donc, à l'initiative de cadres de l'administration américaine et de scientifiques de haut niveau, des dizaines (sinon des centaines) de chats furent torturés ou sont morts de faim (faute d'avoir l'impulsion de se nourrir), et une somme qui aurait pu servir à nourrir des milliers d'êtres humains fut dépensée, pour une opération d'espionnage qui fut enterrée après qu'un taxi ait écrasé un chat.

Et c'est ce genre de personnes qui nous gouverne encore aujourd'hui... Et on me demande pourquoi je ne vote pas...

18 mars 2009

Etrange

« La vie nous conduit parfois en des lieux étranges, on y fait des choses étranges... et on a parfois du mal à en parler... »
Alan Moore, Watchmen.

« Tu m'as rencontré à un moment très étrange de mon existence... »
Jim Uhls & David Fincher, Fight Club.

Wèch...

17 mars 2009

Cendres

cendres éparpillées
par un dernier vent chaud d'été
empathie aveuglée par
les chemins tout tracés

cendres spectrales
plus rien de cela ne subsiste
dans la jarre des idéaux
liquéfiés

cartographie des conséquences
dévoilée sous le manteau noir
des larmes de sable, asséchées
depuis longtemps

nuits interminables à peser
des sacs de temps percés
du temps qui s'écoule en fines particules
de négation

occasions loupées
de bâtir des foyers
possibles reniés en silence
réveil matin

délicieuses réminiscences
de petits doux mots échangés
vaines réminiscences
sans avenir technique

primitifs échos dans le puzzle
des probabilités
ce qui est écrit ne s'efface
que dans l'orage des voix

voix intérieure lucide
sagesse du renoncement
arabesques délitées en chœurs
la mélodie reste surprise

le moment d'une danse une fois consumé
il faut bien s'accorder l'avenir
il faut bien
un peu de liberté dans les boucles

si jamais ce je implacable
si jamais ce nous parfait
peut-être est-ce un tempo
sans doute est-ce un manqué

mais ce qui s'impose
est sage
ce qui endeuille un temps
apaise à terme

cendres de « pourquoi ? » esquissés
par les marionnettes de shiva
que nous sommes
demain : sourire

16 mars 2009

Watchmen

Watchmen est un chef d'œuvre, et Zack Snyder est un génie !

Le génie de Snyder a justement été, alors que la bande dessinée d'Alan Moore et Dave Gibbons (elle même un chef d'œuvre) était réputée inadaptable, de la respecter à la lettre. Par conséquent, le film parvient à retranscrire parfaitement l'ambiance pessimiste, désespérée, du récit. Pratiquement pas une scène du film n'a été ajoutée ou modifiée par rapport à la BD et, malgré les inévitables ellipses, la copie est à la hauteur de l'original. Mieux encore, en conservant la modification apportée au dénouement par le scénariste David Hayter, Snyder est parvenu à améliorer la construction dramatique de Moore. Je ne peux pas entrer dans les détails sans gâcher le film à ceux qui ne l'ont pas vu, mais la fin « modifiée » supprime un élément perturbateur et renforce la cohérence du tout ! La boucle est alors parfaitement bouclée. L'une des qualités majeures de la BD était par ailleurs de mêler des évènements d'échelle planétaire à d'autres d'une intimité bouleversante, montrer rien moins que la fin du monde (la fin d'un monde, en tout cas) à travers les émotions les plus profondes de ceux qui sont à la fois architectes et témoins du désastre. Tout cela est restitué avec brio.

Snyder avait déjà toute ma confiance. Son premier film, L'armée des mort (un remake du Zombie de George Romero) était réussi grâce au parti pris inverse de celui Watchmen : en n'essayant pas d'imiter l'original et en remplaçant sa noirceur inouïe par une esthétique cinématographique irréprochable (toute la première scène du film est notamment, en terme de montage, une merveille). Son deuxième film, 300, adapté de la BD de Frank Miller n'était pas, quoi qu'on en ait dit, un film de bourrin avec de jolies images, mais l'expression juste d'une certaine vision de l'héroïsme guerrier, élevé en valeur suprême (vision qui était celle des Spartiates, personnages du film, et pas forcément celle du réalisateur), auquel s'ajoutait en effet une recherche visuelle ébouriffante.

Avec Watchmen, Snyder adapte donc l'inadaptable sans le trahir, reconstitue avec malice l'esthétique des années 80 (l'action se déroule en 1985) et adopte avec sagesse un montage plus classique que dans ses films précédents (entrecoupé tout de même de plusieurs moments de bravoure), mais parvient à réaliser un long métrage d'une modernité étonnante. Et surtout, il refuse de faire d'un roman philosophique et politique un vulgaire film de super-héros pour adolescents. Après deux films réussis mais cantonnés aux limites du film de genre, Snyder s'impose à présent comme l'un des cinéastes les plus brillants de sa génération.

En 2h42, Watchmen nous entraine dans une intrigue vertigineuse, vécue par des personnages ambivalents, eux-même vertigineux (et je ne parle pas là que du Dr. Manhattan), trouve l'équilibre parfait entre action et psychologie (la chose est rare), entre les genres qui s'entrecroisent sans s'affronter (biographie romancée, politique-fiction, science fiction, super-héros, policier, espionnage, un brin de romance et un autre d'humour noir) de manière à offrir un film, dense, complexe, esthétiquement irréprochable et finalement très, très poétique... (Et le director's cut du DVD va durer au moins 3h10... Yeah !!!)

Je l'ai vu pour la seconde fois ce soir. J'en suis ressorti plus bouleversé encore que la première fois. J'y retournerai avant la fin de la semaine.

PS : Je vous conseille vivement, si vous en avez le temps, de lire la bande dessinée avant de voir le film. Cette lecture préalable enrichira beaucoup votre perception du film.

15 mars 2009

Beatnicks

Disons que ça se passe dans un café où les gens parlent tellement fort que personne ne s'entend parler. Alors personne ne parle plus. Comme, de fait, tout le monde s'ennuie, tout le monde part et le café fait faillite et tous les autres cafés de la ville affichent un panneau selon lequel il est interdit de parler. Ainsi, tout le monde s'entend à nouveau et les affaires reprennent.

Après que la presse ait oublié ces événements néfastes, un groupe de jeunes beatniks alcooliques se retrouve dans un appartement. Ils sont cinq. Il y a Alphonse, qui rit quand ses sourcils se froncent ; Dracula, qui approuve ; Elkador Endomorphine, qui parle de films zoophiles ; L'Ange, qui médite sur un sujet inconnu ; et Alexandre Cépagrave, qui n'est pas là mais c'est pas grave. Tout ce beau monde discute d'autres et de choses.

- J'suis dégoutté, la serveuse trop trop bonne de l'autre jour n'était pas au Chantecler ce soir !
- Mais c'est pas grave ! Il y a l'autre qui est très bien aussi.
- Ça n'a rien à voir ! Écoute : d'abord celle-ci n'est qu'un clone d'Agnès ! En plus, si tu observes bien, personne d'autre que toi ne m'écoute, ce qui prouve que personne ne m'aime !
- Attention, Elkador, tu as un bout de sucre, là.
- Où ?
- Là, sur le tapis.
- Ah, merci.
- Bon, je reprends. Donc, au vu du fait que personne ne m'aime, sauf toi, veux-tu m'épouser ?
- On n'est pas obligé d'en passer par là. D'ailleurs, c'est traître ta réflexion. Qu'est-ce que ça changerait que cette serveuse soit là ?
- Je pourrais la regarder. Écoute : est-ce que ça t'arrive de lire en travers, en ayant une idée intuitive de quelques mots, puis en comprenant la globalité de l'action ?
- Euh... Non.
- Moi non plus.

Gros blanc dans la conversation.

- Donc, il n'y a rien de traître dans mon discours.
- Ah...
- Mais si ! Ecoute : la moto rouge est plus rapide que la moto bleue, on est bien d'accord. Or cela démontre bien que : petit A personne ne m'aime ; GRAND b je peux très bien avoir un grand plaisir à regarder la serveuse sans avoir envie de la toucher. Tu vois ta mère ?
- Oui.
- Et ben voilà !
- N'empêche que tu réduis tout ça à une vulgaire course de voitures !
- Ça n'a rien à voir ! Je te parle de religion et tu me parles de courses de voitures !
- Mais au fond ça n'est qu'une histoire de vitesse, ton histoire de motos.
- Non, c'est un fait : la moto rouge est plus rapide que la moto bleue, et...
- Oui mais non. Elle n'est pas plus rapide !
- Si puisqu'elle la double, c'est bien qu'elle roule plus vite.
- Dans un premier temps, mais après elle roule à la même vitesse. Tout ça n'est guère qu'une histoire de course.
- Pas du tout ! La moto bleue a quand même tué neuf mille neuf cent quatre vingt dix neuf prêtres, ça n'est pas négligeable. Ce n'est pas comme si c'était la moto verte. Là ça ne serait qu'une histoire de vitesse.
- De toutes façons, la moto rouge pourrait changer de route, ce serait du pareil au même.
- Vraiment ?
- Oui.
- Bon.
- ...
- Ben on y va, alors.
- Oui.

Et ils rentrent chez eux.

(Texte écrit au printemps 1997. Je fumais beaucoup à l'époque ^^)

13 mars 2009

Le top-tendance du spam, automne-hiver 2008-2009 !

Il y a des modes chez les spammeurs aussi (et oui !)

En 2008, c'était le viagra et le cialis. Des mégatonnes de viagra et de cialis se sont abattues sur ma boite mail au point que je me demande comment je n'en suis pas devenu totalement et définitivement impuissant !!!

Depuis janvier, la tendance est maintenant aux meufs qui font des trucs avec des animaux. Le viagra et le cialis ont presque totalement disparus, au profit de sites mettant en scènes des filles en pleins ébats avec des chiens, des chevaux, des zèbres et éventuellement des girafes (si, si, je vous jure !) Et d'ailleurs, contrairement à ce qu'on pourrait penser, les chevaux ont beaucoup plus la côte que les chiens (une bonne demi-douzaine de chevaux par jour, contre un ou deux chiens seulement).

Comme, crise économique oblige, je pressens une tendance gérontophile (voire scatophile) pour la fin de l'année, je suis doucement en train de migrer vers une autre adresse email parce que bon, voilà quoi...

10 mars 2009

... (22)

lorsque s'échappent
les orages périmés du moi
la compassion s'empare de tout
emplit le sommeil de nounours
naïfs

5 mars 2009

A tous ceux qui écoutent du metal...

Ne perdez pas espoir, votre calvaire peut toucher à sa fin !




3 mars 2009

... (21)

silence enlacé des lueurs aimées
chaleurs éternelles
dans le sein des cocons passés
recroiser les effluves parfois
émerveille

24 février 2009

... (20)

avant les songes, prélude
bercé par l'insondable boucle
tampura qui s'étire à l'infini
il n'est de paix que celle qui naît
dans l'alap

21 février 2009

Sans déconner ?!

N'a-t-on pas autre chose à foutre avec l'argent du contribuable et la justice française, qui fait traîner des jugements pour des crimes autrement plus graves, que ça ?!

Putain, merde, c'est lourd !!!

20 février 2009

Cassandre

Après Justin Chien et La malédiction du plombier-garou, voici un troisième texte jeune public écrit, comme les autres, en septembre 2005. Le ton est moins léger que les deux précédents, peut-être à cause d'une certaine dimension autobiographique (encore que, si vous entendiez l'interprétation psychologique d'une amie à propos du plombier-garou !)

CASSANDRE

Cassandre est une petite fille pas vraiment gâtée par la vie…

Parce qu’elle sait des choses que les autres ne savent pas. Parce qu’elle « sent » des choses que les autres ne « sentent » pas.

Ses parents sont des gens très occupés et très attachés aux choses matérielles. Ils n’écoutent jamais leur fille.

Comme ils gagnent beaucoup d’argent, ils ont voulu acheter une grande maison pour impressionner leurs amis.

Cassandre leur a bien dit que cette maison était mauvaise. Mais comme ils la trouvaient jolie, ses parents s’y sont installés quand même…

Depuis, ils n’arrivent pas à dormir, et la mère de Cassandre a toujours mal à la tête. Mais ils ne comprennent pas que c’est à cause de la maison.

Lorsqu’ils invitent des amis à dîner, Cassandre est toujours très mal à l’aise.

Mais lorsqu’elle tente de leur expliquer que leurs amis sont des gens pas très clairs, ils ricanent en disant qu’elle ne sait pas ce qu’elle raconte.

Parfois, ils apprennent que leurs « amis » disent du mal d’eux dans leur dos, mais ils font semblant de ne rien savoir. Et ils continuent d’inviter ces gens.

En fait, la seule personne qui comprenne Cassandre dans cette famille, c’est le chat Socrate. Et Cassandre est la seule à comprendre que Socrate n’est pas qu’un objet animé, mais un être vivant comme nous.

A l’école, ce n’est pas beaucoup mieux. Mademoiselle Top, la maîtresse, déteste Cassandre alors que celle-ci travaille bien.

La vraie raison, c’est que Cassandre est plus intelligente que Mlle. Top. Mlle. Top le sait, et elle ne peut pas supporter qu’un enfant comprenne mieux les choses qu’elle.

Quant aux autres enfants, ils passent leur temps être ce qu’on leur a dit qu’ils devaient être : les filles sautent à la corde, les garçons jouent au foot. Cassandre ne comprend pas pourquoi une fille ne pourrait pas jouer au foot ou un garçon sauter à la corde.

Et puis, Cassandre se pose beaucoup de questions sur la nature humaine et la manière dont les choses arrivent, sujets qui intéressent guère les autres enfants. Tout ça ne lui attire pas beaucoup d’amis.

Finalement, Cassandre se sent seule au monde. Bien sûr il y a Socrate, mais Socrate ne peut pas non plus comprendre tout ce que lui dit Cassandre.

Elle aimerait bien pouvoir expliquer à quelqu’un que quand elle voit les gens, elle sait tout de suite qui ils sont vraiment derrière les apparences.

Elle aimerait bien pouvoir expliquer aux gens méchants qu’ils sont méchants parce qu’ils ont peur des autres, ou parce qu’ils ne s’aiment pas assez eux-même.

Elle aimerait bien pouvoir expliquer aux gens que des fois, elle sait que les choses vont arriver avant qu’elles n’arrivent.

Mais comme à chaque fois qu’elle a essayé, on s’est moqué d’elle ou on l’a grondée, elle ne parle plus de tout ça qu’à Socrate, qui ne peut répondre que par son tendre amour de chat.

Cassandre est donc une petite fille très seule, et très incomprise. C’est dur de ne pas être comme les autres.

Un jour, un nouveau petit garçon arrive dans la classe de Cassandre. Un petit garçon tout rond et timide. Il s’appelle Ben.

Des rumeurs courent dans toute la ville, et les parents de Cassandre lui disent qu’il ne faut pas parler à ce garçon : il aurait été renvoyé de son école parce qu’il avait dit à sa maîtresse qu’elle allait avoir un accident grave.

Ce qui a fait courir la rumeur, c’est que la maîtresse a en effet eu un terrible accident de voiture quelques jours après. Mais le garçon avait déjà été renvoyé.

Evidemment, tout ça intrigue beaucoup Cassandre, et elle se met à observer Ben sans en avoir l’air.

Le pauvre Ben n’a pas beaucoup plus de chance qu’elle : les autres enfants se moquent de lui à cause de son poids, et Mlle. Top l’aime encore moins que Cassandre. Officiellement, c’est parce qu’il a du mal avec les maths.

Mais Cassandre sent bien que c’est parce que Ben fait peur à Mlle. Top, à cause de ce qui s’est passé avec son autre maîtresse.

Cassandre aimerait bien parler à Ben. Mais il est bien taciturne, Ben, et ça impressionne un peu Cassandre. Et puis il y a autre chose qui la trouble : elle n’arrive pas à lire en lui comme dans les autres gens.

Un jour qu’elle rentre de l’école, c’est finalement Ben qui vient lui parler sur le trottoir.

« Tu es comme moi », dit-il.
« Je sais pas, pourquoi tu demandes ça ? » répond Cassandre.
« Je ne te posais pas une question. Tu ES comme moi. »
« Et c’est quoi, comme toi ? »

Ils vont s’asseoir dans un parc, et Ben parle longtemps à Cassandre. Il lui explique que comme elle il « sait » ce que ressentent et sont les gens, et les choses qui vont arriver, et aussi les endroits… Cassandre est ébahie.

Ben parle et parle et raconte toute son histoire à Cassandre qui reconnaît la sienne : le rejet des autres qui tantôt se moquent tantôt ont peur, le sentiment de solitude. Mais la nuit est tombée et Cassandre doit vraiment rentrer.

Une fois à la maison, elle se fait gronder, parce qu’elle est rentrée tard et que ses parents n’avaient pas de temps à perdre à s’inquiéter pour elle !

A partir de ce jour-là, Cassandre et Ben passent leurs récréations à discuter. Cassandre a un peu peur que Mlle. Top n’en parle à ses parents, mais celle-ci se sent comme débarrassée de ces deux-là depuis qu’ils s’occupent l’un l’autre, alors elle ne s’intéresse plus à eux.

Un jour, Cassandre et Ben décident qu’ils en ont assez de vivre au milieu des railleries et de la dureté des autres, que ce soit chez eux ou à l’école. Alors ils montent un grand projet : ils vont partir et faire le tour du monde, tous les deux. Enfin tous les trois : car ils emmènent Socrate.

Un matin, ils remplissent leurs cartables de nourriture et de vêtements de rechange et, au lieu d’aller à l’école, ils quittent la ville. Quand arrive le soir, ils se disent qu’il va falloir trouver un endroit où dormir, et ils vont se cacher dans une étable.

Mais une vieille dame qui habite la ferme à coté les voit y entrer, et va leur parler. Ils ont d’abord peur de la femme, mais son rire attendri finit par les rassurer. Alors ils acceptent de venir dîner avec elle.

La dame les écoute attentivement raconter leur histoire, et tout du long elle ne cesse de rire gentiment. Lorsque Cassandre finit par lui demander pourquoi, la dame lui répond qu’elle rit parce qu’elle a vécu tout ce qu’ils vivent, quand elle était petite.

Ben et Cassandre sont un peu sceptiques au début, mais la femme leur demande de décrire qui elle est au-delà des apparences. Ben et Cassandre se regardent, et s’aperçoivent qu’ils n’y arrivent pas : la vieille dame est comme eux.

Finalement, la vieille dame leur explique qu’ils ne sont pas différents sans raison : « Il est dur d’être un enfant quand on est comme vous et moi, dit-elle, parce que les adultes ne s’intéressent pas à ce que pensent les enfants. Mais lorsque vous serez plus grands, vous prendrez votre destin en main. »

« Ce jour-là, vous vous rendrez compte que les gens viendront tout le temps vous demander des conseils, et que vous pourrez contribuer à faire du monde un endroit un peu moins cruel, en aidant les autres à écouter leur voix intérieure. Ce qui fait qu’on vous rejette pour le moment fera qu’on vous aimera demain. »

Puis la vieille dame leur raconte son histoire à elle. Comment son don lui a permis non seulement d’aider les autres et d’être aimée d’eux, mais aussi de s’éviter tout un tas d’ennuis en repérant tout de suite les gens qui lui voulaient du mal. Ou en suivant des intuitions, qui la conduisaient à d’agréables surprises.

« Fiez-vous toujours à vos intuitions et à vos perceptions, conclut la vieille dame. Un jour, vous remercierez la vie d’être ce que vous êtes. Et un jour sans doute, le moment viendra pour vous de faire le tour du monde. Mais pour le moment vous devez vivre vos vies d’enfants et retourner chez vous. »

Confiants, Cassandre et Ben laissèrent la femme téléphoner à leurs parents pour qu’ils viennent les chercher.

Bien sûr ils se firent tous deux beaucoup gronder. Quand on leur demanda pourquoi ils avaient fugué, ils dirent que c’était parce qu’on ne les écoutait jamais. Bien sûr, on ne les écouta pas, et ils furent punis.

Mais le lendemain, à l’école, ils se regardèrent d’un air complice : tous deux savaient à présent qu’il leur fallait être patients, mais que la vie leur sourirait un jour. C’est ça qui est dur quand on est petit et que tout ne va pas comme on voudrait : on croit que les choses ne changeront jamais. Mais comme Ben et Cassandre l’ont compris, la vie est longue, et vient un jour où l’on est maître de son destin. Alors, les choses peuvent changer, et la vie peut devenir douce.

Cassandre et Ben ne souffrent plus des moqueries des autres, ni de l’indifférence des adultes. Ils ont leur amitié pour les aider à patienter. Et la vie devant eux.

Quant à Socrate… il a fait un beau voyage à la campagne !

18 février 2009

Dogme

« Après avoir été autrefois un hérétique du catholicisme, me voici donc sur la route de l’hérésie bouddhique ! Sauf qu’il n’y a pas d’hérésie chez Siddartha, puisqu’il répète jusqu’à la fatigue que seule l’expérience doit être écoutée, seule l’expérience mérite d’être suivie : "Il n’y a pas de maîtres spirituels, pas de rites, pas de textes sacrés : il n’y a que ce dont tu fais toi-même l’expérience, après l’avoir toi-même vérifié." »

Michel Benoît, Bienvenue en Inde - une escale en enfer.

13 février 2009

Les femmes viennent de vénus...

ELLE : Ce serait quand même bien que tu sois un peu plus baraqué tu sais, et puis aussi fais gaffe je trouve que tu prends un peu de brioche.
LUI : Est-ce que je te fais chier avec ta culotte de cheval ?
ELLE : Ah non mais ça n'a rien à voir ! Je suis une femme et une femme ça a des formes !

(Vécu avec deux femmes différentes, qui ne s'étaient pas concertées, comme quoi la mauvaise foi féminine est un don universel, lol !)

12 février 2009

Bienvenue chez les Ch'tis...

Alors que, suite aux déclarations de Didier Beauvais, la polémique sur la réputation des Ch'tis reprend, et en repensant à la fameuse affaire de la banderole il y a un an, je persiste à me demander comment il se fait que personne, dans le Nord, n'a encore songé à faire un procès à Ch'ti DJ pour avoir osé diffuser cette abomination (allume le son de ton ordinateur et cherche une corde pour te pendre) :



Ce clip, et la chanson qui va avec, donnent pourtant des Ch'tis une image autrement plus dégradante que toutes les accusations de chômage, consanguinité, pédophilie et alcoolisme réunies !!!

9 février 2009

Angoulême et Bret Easton Ellis

Pour répondre aux nombreuses personnes qui m'ont interrogé à ce propos, Angoulême s'est plutôt bien passé : quelques belles rencontres éditoriales et quelques belles perspectives pour mes projets BD. Mais n'oublions pas cet ancien proverbe turc : « il ne faut pas vendre la peau de l'éditeur avant de l'avoir tué. » Je vous tiendrai au courant.

L'expérience du festival, toute épuisante qu'elle soit, reste pour moi un agréable rendez-vous annuel dans le petit monde de la bande dessinée. Pendant quelques jours, Angoulême est un peu hors du monde, comme (oserai-je l'écrire ?) dans une bulle. Un peu mondain, un peu festif, toujours riche en belles rencontres humaines : je le kiffe bien, ce festoche !

Retour content, donc, mais dans la hâte de voir les choses se concrétiser. Je réalise à présent que depuis la fin de la rédaction de Tabloïde il y a bientôt trois ans, je consacre mes forces presque exclusivement à la bande dessinée. Trois années à élaborer des synopsis, à en discuter avec des dessinateurs et des éditeurs, à penser et repenser des concepts, écrire et réécrire des planches... Je me rends compte aujourd'hui que je fatigue et ce qui me fatigue n'est pas ce que l'on pourrait penser. Les refus d'éditeurs, l'argent investi sans retour, le fait de n'être pas publié, tout ça n'est que très secondaire. Ce qui commence à être épuisant, c'est de ne jamais pouvoir terminer mes histoires.

Tout le monde ne le sait pas, mais il est rarissime d'écrire un scénario dans son intégralité avant de le soumettre aux éditeurs. On travaille d'abord à un synopsis détaillé (la tâche la plus difficile, en réalité), on écrit les premières planches (des fois davantage, certes) et au bout de quelques semaines, parfois quelques mois, on obtient un dossier présentable. Si donc le squelette dramatique de chaque histoire, ses personnages, sa « couleur », sont tout trouvés, l'histoire en elle même reste embryonnaire. Et quand bien même le scénario est-il écrit dans sa globalité, il n'a pas tout à fait terminé de se raconter tant qu'il n'a pas été intégralement mis en images, chose qui ne peut advenir sans un dessinateur rémunéré, donc sans le soutien d'un éditeur.

Ainsi donc, depuis des années, et exclusivement depuis trois ans, je construis des histoires mais je ne les raconte pas vraiment. J'aurais peut-être pu consacrer ces milliers d'heures à autre chose, à l'écriture de romans et de nouvelles que j'aurais pu concevoir sans contrainte et mettre en ligne une fois achevés. L'envie de terminer mes histoires me mordille à présent les tripes, c'est juste un besoin irrationnel, quelque chose qui doit être fait. Car chaque histoire que j'abandonne en cours de route est une orpheline qui me reproche son abandon. Certaines, certes, ne méritent pas d'être terminées, c'est l'inévitable loi de l'écriture. Mais d'autres, plusieurs autres, exigent de moi que je les mène à terme, d'une manière ou d'une autre. C'est pour cela qu'il serait temps que la BD marche pour moi, pour faire taire les cris insatisfaits de ces récits inachevés.

Chaque festival d'Angoulême est aussi l'occasion de dévorer deux romans : un à l'aller et un au retour (puisqu'il faut sept heures de train pour faire Lyon-Angoulême.) L'an dernier, je découvrais Bret Easton Ellis avec Glamorama, un chef d'œuvre déjanté, une littérature sous amphétamines qui s'obstine à déconstruire toutes les règles de la dramaturgie pour entraîner le lecteur dans un récit toujours plus flou, où la fiction et la réalité se perdent en miroirs répétitifs, le tout à travers une satire impitoyable de la jet-set.

Cette année, j'ai dévoré dans le train le dernier ouvrage d'Ellis : Lunar park, le roman le plus captivant que j'aie lu depuis bien longtemps ! Bret Easton Ellis continue sa plongée dans un trouble identitaire et cognitif. Son univers n'est pas si éloigné de celui de David Lynch en ce sens que le réel n'a plus de prise sur le rêve. Comme chez Lynch, le « je pense donc je suis » de Descartes est anéanti : vous pourriez tout aussi bien vous réveiller demain et être quelqu'un d'autre.

Fausse autofiction, Lunar park nous présente un Bret Easton Ellis imaginaire, semblable à ses personnages antérieurs (à l'exception peut-être de Patrick Bateman) : un toxicomane passif qui se laisse porter par les événements sans parvenir à les dompter. Enfin presque, parce que ce roman-là est écrit au passé (une première chez Ellis) et parce que son personnage finit par tenter de maîtriser les situations irréelles qui s'imposent à lui.

Lunar park fait aussi preuve d'une dramaturgie bien plus structurée que d'habitude : l'histoire a un début, un milieu et une fin, avec des enjeux définis. Ce roman se veut un hommage assumé à la littérature fantastique (c'est une histoire de fantômes) et l'auteur a donc adopté un certain nombre de codes littéraires du genre. Un certain nombre seulement, car là ou Lunar Park aurait pu n'être qu'un passionnant thriller horrifique à la Stephen King, Ellis injecte une psychologie, une analyse sociologique, un humour grinçant et une poésie qui font de Lunar park un roman riche, jubilatoire et captivant. Un vrai, grand roman !

A l'aller, c'était Que notre règne arrive, de J.G. Ballard qui, même s'il m'a fait une impression moins forte que Lunar park, reste une lecture agréable et une réflexion des plus audacieuses sur la société de consommation, le populisme et l'influence croissante des hypermarchés sur la vie des familles de banlieues.

Et de vous quitter sur cette délicieuse citation de Lunar park, qui me rappelle tant (trop ?) à ma vie propre :
« Dans un effort désespéré, Jayne a suggéré qu'il y avait école le lendemain pour moi aussi, et que j'emploierais mieux mon temps à travailler plutôt qu'à organiser une fête. Mais Jayne ne comprendrait jamais que la Fête avait été mon lieu de travail. C'était mon marché à terme, mon champ de bataille, c'était là que les amitiés se nouaient, que les amants se rencontraient, que les affaires se faisaient. Les fêtes semblaient informe, mais elles étaient en fait des événements aux dimensions intriquées et hautement chorégraphiés. Dans le monde où je suis devenu adulte, la fête était la surface sur laquelle la vie quotidienne venait s'inscrire. »
Ellis ne se trompe pas, la fête est pour l'écrivain un théâtre du réel fascinant à observer et à décrire, et pour les artistes en général un lieu de travail quasi-inévitable pour se tisser un réseau. Pour le meilleur... ou pour le pire

26 janvier 2009

Homo superior

Après Les nymphes cannibales, voici les 6 premières planches du second projet que je m'apprête à démarcher auprès des éditeurs : Homo superior.
Là encore, je ne vous révèlerai rien de l'histoire pour le moment et je vous laisse cliquer sur les planches pour les agrandir ;-b
Les dessins sont de l'artiste argentin German Ponce. Les bulles et le lettrage ont été réalisées avec l'aide de mon ami, le graphiste safran.
Bonne lecture.



















































































































24 janvier 2009

Les nymphes cannibales

Voici les 8 premières planches d'un projet que je vais démarcher à Angoulême la semaine prochaine : Les nymphes cannibales.
Le dessin et les couleurs sont de l'artiste argentin Danilo Guida (son site et son blog.)
Pour le moment, je ne vous dis rien de plus sur l'histoire : je vous laisse y entrer par vous-mêmes (il suffit de cliquer sur les pages pour les agrandir.)












Justifier











































































































































































23 janvier 2009

Objets de consommation sexuelle

Mon article Metrosexuality, mon poème Femme qui devrait courir avec les loups et les conversations que j’ai eu sur ce sujet au cours des derniers mois (voire des dernières années), ont suscités des réactions qui me donnent envie de préciser quelque peu mon propos. En réalité, je travaille depuis plus d'un an un an sur le sujet (l’évolution des rapports humains, principalement sur les plans sexuels & affectif, dans la société occidentale), dans le cadre d’un projet de BD (et possiblement de roman), projet qui ne sera probablement pas terminé de sitôt, vu l’ampleur du propos.

Parce que, les amis, je crois qu’il y a un malentendu…

On m’a parfois reproché des positions quasiment réactionnaires quant à l’évolution des mœurs sexuels en Occident. « Mais enfin, qu’est-ce qui te gène là-dedans ? Au contraire, tous ces plans cul, c’est super assumé, c’est hyper sain. Enfin l’être humain peut se faire plaisir après des siècles d’oppression, tout le monde est consentant, où est le mal ? »

Il n’y a pas de « mal » : mes objections ne se situent pas dans le domaine de la morale. A vingt ans, j’étais comme qui dirait un idéaliste baba-cool : mon idéal sexuel était en effet une société dans laquelle on pourrait tous ensemble faire l’amour, avec légèreté et sensualité, dans une communion à la fois spirituelle et charnelle. Je partage toujours cet idéal avec ceux qui ont été à l’origine de la Révolution Sexuelle des années 60. Malheureusement, comme je l’ai déjà dit, « la Révolution Sexuelle, c’est comme le communisme : sur le papier, ça a l’air génial ; en pratique, c’est une catastrophe ! » J’ajouterai que je nie toute notion de « décadence » : je pense que l’époque que nous vivons, au regard de l’Histoire et dans les pays riches, est probablement l'une des plus clémentes que l’humanité ait jamais connue. Cela veut-il dire qu’elle est parfaite ? Non. Mais soyons clairs, que ce soit au niveau des mœurs, des « valeurs » ou de la sexualité (sans même évoquer le confort matériel), NON, ça n’était pas mieux avant !

Je ne peux tout d’abord que partir des deux paradigmes énoncés par Michel Houellebecq. Quoi que l’on aie pu dire à son propos, je pense que Houellebecq sera un jour reconnu comme un visionnaire : un immense écrivain mais surtout un grand sociologue, peut-être l'un des plus pertinents de notre époque. Libre à vous de ne pas être d’accord mais pour autant, qu’un écrivain à ce point décrié ait paradoxalement un tel succès n’est pas anodin. Et surtout, tout ce que Houellebecq énonçait dès 1994 (parution de Extension du domaine de la lutte), est en train de se produire de façon de plus en plus évidente. Et ça, c’est une réalité objective.

Le premier paradigme de Michel Houellebecq, le plus lucide et le plus décrié, est que la sexualité est un nouveau mode de hiérarchisation sociale. Nous vivons aujourd’hui dans une société qui met le sexe en exergue au delà de toute autre valeur. Il n’y a qu’à allumer la télévision ou regarder les gros titres des magazines (« peut-on être une femme bien sans être une femme chaude ? » en couverture d'un magazine féminin très connu, « gagne ta nuit avec une star du X » dans Max, etc.) pour s’en rendre compte : de nos jours il FAUT baiser ! Tout le temps, tout le monde, de manière performante, de préférence des gens jeunes, beaux et riches. La performance sexuelle (j’entends par là le quantitatif autant que le qualitatif) est devenue –et pour la première fois dans l’Histoire, autant pour les femmes que pour les hommes- une manière de se distinguer, de briller en société, au même titre que l’argent. Et c’est là que l’on entre dans la thèse du libéralisme sexuel, qui implique le second paradigme : il n’y a pas de communisme sexuel. Autrement dit : même chez les hippies, les anars et les nudistes, la consommation effrénée de relations sexuelles est réservée en priorité a une élite, consentie à une classe moyenne, et refusée à un prolétariat (et tout ceci relativement indépendamment de la situation économique des individus : on peut être pauvre économiquement et riche sexuellement, ou l'inverse.) L’overdose de sexe est accessible à une élite de préférence jeune, belle, branchée et confiante. La plupart des gens ont accès à une sexualité disons normale, c’est à dire régulière, avec un nombre de partenaires sexuels modéré. Et beaucoup d’autres (nous en connaissons tous), sont complètement à côté de la plaque : moches, gros, timides, frustrés… Ces individus subissent donc une sorte de supplice de Tantale (si vous ne savez pas ce que c’est, Wikipedia est votre ami) : le sexe est mis en exergue comme étant la panacée, le top, le must de notre société ; les corps sont exhibées nus sur les panneaux de publicités dans la rue, et partout ailleurs, mais eux n'y ont pas droit. Ces mêmes individus qui autrefois étaient mariés de toute façon (pour le meilleur mais certes souvent pour le pire) se retrouvent aujourd’hui complètement sur la sellette puisqu’ils ne dépendent plus d’un système codifié, prémâché, mais de leur propre capacité à séduire pour accéder à la sexualité. Mais il est vrai que vous faites probablement comme moi partie des « nantis » ou du moins de la « classe moyenne », et que le sort de ces pauvres bougres est sensé nous laisser indifférents. Demandons-nous toutefois une seconde ce qui se passera lorsque la cocotte minute explosera…

Bref, passons au cœur de mon propos : qu’est-ce qui me dérange dans le baisodrome qu’est en train de devenir la société occidentale ?

La disparition de l’humain, tout simplement. Ou plutôt, le fait que l’humain lui-même devienne objet de consommation. Parce que l’on baise comme on bouffe un cheeseburger : vite consommé, vite apprécié, vite oublié. Des ex d'une nuit, me retrouvant des années après, étaient effarées que je me souvienne d'elles (!!!) Je ne dis pas que cela soit entièrement nouveau : ça a toujours existé. Ce qui m’effraie c’est que ce mode relationnel, tout à fait superficiel, est en train de devenir le paradigme adopté par la société dans son ensemble. C’est comme ça que ça se passe, c’est la norme, c’est cool et c’est totalement ringard de faire autrement. Nous sommes loin de l’idéal hippie des années soixante, où il convenait (idéalement) d’explorer la sensualité et la spiritualité dans un véritable échange entre êtres humains. L’amour est ringard. Le romantisme est has-been. La rencontre réelle entre deux individus est inutile. La fidélité est catho. Le couple est chiant. L’introduction de concepts spirituels dans la sexualité est quant à elle totalement ridicule (dommage.) On baise quelqu’un comme on se branle : les corps s’entrechoquent sans que les personnes qui sont à l’intérieur ne se rencontrent jamais, et c’est tellement cool ! On ne donne pas du plaisir à l’autre par générosité d’âme, mais parce qu’il est important que cet(te) autre aille clamer sur tous les toits que l’on est un « bon coup » et exhibe notre photo à ses ami(e)s comme un trophée sur son téléphone portable. C’est l’émancipation de l’être humain, le plaisir enfin atteint, la plénitude totale…

Mais de quelle émancipation parle-t-on ? Qui s’émancipe ? Les femmes ? Quelle blague ! La soi-disant « libération sexuelle » est l'ultime forme, pernicieuse et subtile, d’asservissement de la femme, enfin, ENFIN consentante, prête à coucher sans condition, sans concession, avec n’importe qui pour peu qu’il ait une belle gueule et une attitude. Je ne connais pratiquement pas une fille qui ne m'ait pas avoué avoir regretté certains « plans culs », réalisés par manque affectif, abus d'alcool ou désœuvrement. Certaines m'ont raconté avoir couché avec des types qui ne les attiraient pas du tout juste parce qu'elles avaient envie de tendresse et qu'elles ne pouvaient l'obtenir qu'en échange de sexe. D'autres juste parce qu'elles avaient besoin de se sentir « jolies » et « désirables. » Au final je ne compte plus les récits d'espèces de semi-viols, consentis pour de mauvaises raisons à des brutes qui n'avaient pas idée du fonctionnement du corps d'une femme. Ce genre d'expériences semble désormais admis comme faisant partie du parcours « normal » des femmes, qui l'acceptent avec un fatalisme absolu. Belle victoire féministe ! Plusieurs ami(e)s qui travaillent dans des lycées m'ont confiés que des gamines de 15 ans venaient les voir et leur disait (mot pour mot) qu'elle ne comprenaient pas parce qu'elles avaient un nouveau copain depuis deux jours et qu'ils ne les avaient pas encore « sautées », et que ce phénomène les amenait à se demander si le mec avait un problème ou s'il elles étaient repoussantes ou quoi... Belle victoire féministe !

Emancipation de l’individu en général, indépendamment de son sexe ? Définir son intimité (ou plutôt renoncer au concept même d’intimité) en fonction d’une tendance, d’une mode, est-il une émancipation ? Remplacer les carcans sociaux d'autrefois par un libéralisme sexuelle effrénée, où l'intimité devient un objet de glorification sociale, est-ce une émancipation ? Et le pire est que la pudeur, l’envie de ne pas avoir de vie sexuelle avec n’importe qui ni à n’importe quel prix, le refus de participer au baisodrome sont aujourd’hui le top de la nullité : cela signifie être au mieux bizarre ou ringard, au pire un(e) frustré(e) qui théorise pour justifier sa frustration (on l’a assez reproché à Houellebecq !) Je me souviens des années 80 : des artistes tels que Gainsbourg, Prince ou Madonna étaient rebelles justement parce qu’ils exhibaient leur sexualité (ou du moins leur désir de sexualité assumée) au grand jour. Alors, il y avait encore des tabous à briser. De nos jours, être rebelle ce serait plutôt refuser de coucher avec n’importe qui n’importe comment (les textes récents de Prince et Madonna dénoncent d'ailleurs cette dérive) : en vingt ans la tendance s’est totalement inversée, retournée, absurdée. En 2008, la provocation est de parler d’amour et de tendresse. Parler de chasteté serait quant à soit l’ultime outrage, la pire des provocations ! Baiser, tirer son coup, sont devenus une obligation sociale ! Ne pas le faire est une déviance, une anomalie scandaleuse ! Quant à l’influence (déterminante) d’internet : parlons-en ! Oui : les gens se lâchent sur Meetic et autres sites de rencontre (où l'on clique sur les profils et rempli son panier comme sur Pixmania) parce que c’est si facile devant un écran. Pour certains, les timides, ça aide. Pour la plupart des adolescents, ça ouvre la porte du réel. Quand j’avais 14 ans, il fallait se bouger le cul pour aborder une garçon ou une fille. Aujourd’hui, l’adolescent(e) de 16 ans et le (la) trentenaire qui s’y est mis(e) sont tellement habitué(e)s à ces rapports directs qu’ils finissent par oser les appliquer dans la vraie vie, et cela donne ce que les femmes ont toujours reproché aux hommes et que tou(te)s font aujourd’hui : « Tu es beau (belle), je ne sais pas qui tu es et je m’en tape, ça te dis de baiser ? » je ne l’invente pas : je l’ai vu et entendu, et vous aussi. De plus en plus. Chaque année de plus en plus…

Où cela nous mène-t-il ? Je n’en ai aucune idée. Les totalitarismes religieux et politiques d’autrefois n’étaient certainement pas meilleurs. Mais la transformation de l’individu en objet sexuel de consommation est-il une solution pour la société occidentale ? Probablement pas. Au bout de 250 000 ans d’enfance, l’espèce humaine est entrée depuis quarante ans dans son adolescence : enfin elle a le droit de faire n’importe quoi ! Et comme tout adolescent, elle considère que ce n’importe quoi est une bonne chose. Comme tout adolescent, elle considère que ce n’importe quoi est à la fois un devoir et une norme… Soit ! Mais ne me demandez pas de fermer ma gueule, de trouver ça cool et encore moins de faire comme tout le monde, parce que, pour passer à l’âge adulte, il faut atteindre un minimum de lucidité et de maturité. Ce sera notre grand défi, pas qu’au niveau relationnel et sexuel, mais en partie. Parce que cela touche à notre intimité la plus profonde. Parce que quoi qu’en disent la télé, les magazines et les gens que je rencontre en soirées mondaines, nous sommes un esprit ET un corps. Et que mettre son sexe ou sa langue dans le sexe ou la bouche d’une femme, accueillir le sexe d’un homme dans son sexe ou dans sa bouche, ne sont pas des chose totalement anodines et insignifiantes !

C’est cela que nous sommes en train d’oublier.

Cet oubli fait de l''être humain un objet de consommation de plus, et c'est ça qui m’effraie.

22 janvier 2009

... (19)

en ces instants où les mots sombrent
sous le poids des équations prononcée
ils ne reste plus qu’à faire silence
sourire &
être

16 janvier 2009

Question de rythme...

Alors que je suis en train de peaufiner mes projets de bandes dessinés pour le prochain festival d'Angoulême, je réalise que je m'en vais démarcher un projet de 86 pages, un autre de 144 pages et un dernier que j'essaie péniblement de faire tenir en 128 pages. Comme d'habitude, les éditeurs que je vais rencontrer vont me demander pourquoi des formats si longs, craignant que le « jeune auteur » que je suis ne s'étale inutilement, par inexpérience ou bavardage. Il est vrai que -même si cela a tendance à changer- la norme en France est de 46 pages pour un album, en raison d'un album par an en cas de série.

Question de rythme, question de culture…

Je suis un fervent lecteur de comics américain, éventuellement de mangas et très rarement de bandes dessinées franco-belges. Mes préférences tiennent essentiellement à cette question de rythme. Tout d'abord le rythme de parution : se contenter de 46 pages et devoir attendre un an pour lire la suite, non merci !

Mais m