1.7.09
... (25)
dans les fruits d'un profond travail sur soi
et la courbe du temps qui n'est pas
la béatitude à nouveau s'écoule
évidence paisible
26.6.09
Ouh le menteur !
Il fallait oser...
Et bien moi j'ose dire que cette déclaration est le plus gros mensonge de la carrière politique de Nicolas Sarkozy.
En osant espérer que le Président de la République a un peu plus de dignité que Mme. Nadine Morano, secrétaire d'État à la famille, qui avait fait convoquer une internaute au commissariat pour avoir écrit « ouh la menteuse » à son propos (mais il est vrai que Nadine Morano a finalement retiré sa plainte).
25.6.09
... (24)
en ces temps de facilité
réalisable en dépit des appels
elle requiert une stricte discipline
masturbatoire
24.6.09
... (23)
tarie désemparée
par les images accumulées
la mémoire surchargée de mots
shunte
20.6.09
Naturel, pas naturel...
Ainsi donc le végétarisme serait « mal » parce que l'homme est naturellement omnivore et qu'il serait « néfaste » de s'éloigner de notre comportement « animal. » Lorsque l'on sait les dégâts causés à l'environnement par l'industrie agroalimentaire, sans parler du fait que cet argument provient de gens qui vivent en ville, portent des vêtements, se chauffent en hiver, conduisent des voitures, utilisent des contraceptifs et ont toutes sortes de comportements qui n'ont pas grand chose de « naturels », j'ai déjà du mal à être réceptif.
Mais cette argument ouvre surtout la porte d'un raisonnement qui, vous le verrez, est une véritable boite de Pandore !
Manger de la viande pour obéir à ses instincts, pourquoi pas ? Mais où s'arrête-t-on ? Parce que, si l'on creuse un peu, on se rend compte que le meurtre et le viol sont également des comportements naturels de l'homo sapiens sapiens en tant qu'espèce. Leur pénalisation serait donc tout aussi anti-naturelle que le végétarisme, et devrait de fait être remise en cause.
Je vous vois déjà pousser des cris et vous dire intérieurement que je raconte n'importe quoi, et pourtant si vous regardez l'espèce humaine du point de vue d'un zoologiste : c'est vrai !
Il existe très peu d'espèces dont les individus tuent les membres de leur propre espèce, mais il en existe (je pense entre autre aux coqs ou à certaines araignées) et l'homme en fait partie. Sans le cadre de la loi, sans le poids de la morale et de l'éducation, sans la peur de la sanction, l'homme peut très facilement céder à ses pulsions meurtrières et l'Histoire comme l'actualité nous montrent chaque jour qu'il ne s'en prive pas, malgré la loi, la morale, l'éducation et les sanctions. Ces choses n'existent pas chez les loups, leur nature leur dicte de ne pas s'entretuer. L'homme, lui, tue l'homme pour un oui ou pour un non (et plus souvent pour satisfaire à une pulsion que pour des raisons idéologiques). Se laisser aller à certains comportements sous prétexte qu'ils sont naturels devrait donc nous conduire à la légalisation du meurtre, que l'on considèrerait alors comme un débordement fâcheux mais acceptable.
Il en va de même du viol : l'acte sexuel imposé par la force existe également chez certaines espèces animales (les guépards, par exemple). Là encore l'Histoire et l'actualité nous montrent que le mâle humain a une propension non négligeable à ce comportement et que le moindre prétexte (de la guerre aux effets de l'alcool en passant par l'espoir de ne pas être pris) est bon à prendre pour abuser sexuellement d'une femme. Donc la soumission de l'être humain à sa nature devrait nous conduire à une légalisation immédiate du viol !
Alors il va de soi que la plupart des êtres humains admettent l'idée que certaines pulsions doivent être réfrénées pour le bien commun, que les comportements énoncés plus hauts sont inacceptables et doivent être combattus. Mais alors on se rend compte que l'argument « ce n'est pas naturel » ne tient pas : tout n'est qu'affaire de choix éthiques. La plupart des individus et des civilisations estiment que la morale nous dicte de ne pas nous entretuer, de ne pas abuser sexuellement de nos prochains (ce dernier point étant déjà beaucoup plus flou dans nombre de sociétés, à commencer par la notre), mais que la torture et le meurtre de membres d'autres espèces à des fins alimentaires (voire récréatives) est un comportement parfaitement acceptable. C'est un choix moral qui consiste à faire preuve de compassion dans un cas, et à s'en montrer incapable dans l'autre. Je m'interroge d'ailleurs sur le bien fondé de notre compassion dans le cas numéro un : est-elle réellement de la compassion ou simplement le choix d'interdire quelque chose qui pourrait nous arriver à tous (alors que l'on a assez peu de chance d'être mangé par un autre être humain) ?
Cela peut être sujet à discussion, mais la morale et la compassion ne sont -a priori- pas des comportements naturels. Ce sont des comportements induits par des valeurs acquises et un consensus social : pour ne citer qu'un exemple (mais il y en aurait bien d'autres), l'esclavage des Noirs n'émouvait pas grand monde à une certaine époque. Les Noirs était des animaux, ou du moins des sous-hommes, et par conséquent ils n'avaient aucun droit et leur vie n'avait aucune valeur. Des millions de gens de par le monde trouvaient cela parfaitement normal... et naturel.
Alors si vous voulez bouffer de la viande, bouffez de la viande. Testez éventuellement votre compassion et vos choix moraux en regardant des vidéos d'abattoirs (Youtube en regorge) ou en égorgeant vous même un lapin mais si après avoir fait l'un ou l'autre vous considérez toujours que manger les autres est votre droit, ou que votre plaisir à le faire vaut plus que la souffrance de ceux qui sont mangés, alors ma foi faites-le.
Mais ne venez pas m'emmerder avec mon végétarisme, parce qu'il ne s'agit pas de « nature » mais d'éthique. L'éthique des Talibans leur dicte que lapider une femme est naturel. Votre éthique vous dicte que manger de la viande est naturel. Mon éthique me dicte que ne pas en manger est aussi naturel que ne pas égorger mes voisins (et pourtant Dieu sait qu'ils m'emmerdent) !
De ces trois éthiques, laquelle est la plus juste ? Ce n'est qu'une affaire de points de vue et la « nature » s'en contrefiche.
Mais si il advient que l'Histoire avance dans le sens du progrès moral et de l'égalité des droits, il est vraisemblable que nos lointains descendants seront végétariens. Leur regard sur l'homme du XXIème siècle sera alors aussi sévère que notre regard sur les esclavagistes du XVIème siècle.
17.6.09
Le sage et l'apprenti
L'APPRENTI : Moi je sais, mais elle ne sait pas : elle croit que le temps se « perd » !
LE SAGE : C'est fâcheux, parce que si l'on considère que le temps qu'elle perd ne se retrouve jamais... Elle doit voir sa vie de façon très triste !
L'APPRENTI : C'est le cas. Ça fait des années qu'elle voit sa vie sous cet angle et c'est tragique ! Je veux l'aider à en sortir !
LE SAGE : Heu... tu ne peux pas ! Elle a choisi sa vie... et elle en a quand même pour encore un moment (sauf accident de parcours que je ne lui souhaite pas). Après, peut-être qu'elle devrait envisager de réorganiser cette vie de sorte qu'elle lui convienne... On n'est jamais que le maître du voyage qu'on fait ici bas : si on coule, on ne peut pas tout rapporter à la qualité de la barque.
L'APPRENTI : C'est une lutte éternelle entre sa solitude et ma collectivité...
LE SAGE : C'est donc sans fin pour elle.
L'APPRENTI : Ou pas. C'est sans fin tant qu'elle accepte mes invitations...
Merci à Cycy B.
16.6.09
Ce s'ra pas toujours moins bien qu'les Ricains !
Derrière Curieux Dandys, il y a avant tout 20.100 V-GA, (synthétiseurs, piano, percussions et programmation), auteur compositeur et chef d'orchestre : c'est à lui que l'on doit le concept de cet univers musical surprenant. Il y a ensuite la brillante Clémence Lévy, qui assure le rôle clé de chanteuse lead du groupe. De formation classique (elle a obtenu plusieurs médailles du conservatoire de Paris), elle a l'air bien sage lorsque l'on visite sa page Myspace et celle de son ancien groupe Love Canailles, mais ici elle s'encanaille pour de bon, et ça lui va à merveille ! A leurs côtés sévissent la très croquette Elise Nortop aux chœurs, le batteur G-Mo et les guitaristes Vidda et Ju l'Autruche (eux même issus d'un fameux groupe de metal dénommé Psykup). La version live du groupe est en train de se mettre en place et m'est avis que ça va enflammer pas mal de salles de concerts !
La musique des Curieux Dandys est assez difficile à définir : il y a de tout dans ce disque et c'est tant mieux. Pop avant tout, l'ensemble garde un esprit très funk (20.100 V-GA est tout comme moi un inconditionnel de Prince, et il lui rend d'ailleurs un hommage que seuls les initiés percuteront, dans le morceau M. Diva). On y retrouve toutefois une bonne dose d'electro, parsemée d'un peu de synth-pop par-ci et de chanson française par-là, le tout dans un esprit très glam-rock qui n'est pas sans rappeler Goldfrapp, et une démesure poétique qui me fait penser aux magnifiques frasques de Claire Diterzi. Peu importe le « genre » : le résultat est tout simplement épatant ! Des compositions qui allient parfaitement mélodies riches (les habitués de ce blog connaissent mon goût pour la mélodie) et grooves irrésistibles (les habitués du Shaomix connaissent mon goût pour les rythmes qui déchirent leur race), le tout avec des textes très travaillés, des arrangements raffinés et une originalité unique dans le paysage musical national.Curieux Dandys pourraient bien être à la musique française des années 2010 ce que les Rita Mitsouko furent à celle des années 80 : une bouffée d'oxygène salvatrice et inspirante ! Reste à voir si le succès frappera réellement à leur porte en ces temps si concurrentiels. Un remix réalisé pour Lio semble démontrer que leur talent ne passe pas inaperçu et augure de futures collaborations avec d'autres artistes reconnus (mais je n'ai pas le droit d'en dire plus à ce stade). Espérons en tout cas que les producteurs parisiens ne passeront pas à côté d'un tel talent ! Pour finir (et cela démontre une épatante prolixité) 20.100 V-GA travaille déjà au second album, qui devrait s'appeler Série Z et que j'ai très, très hâte d'entendre !
En attendant, le premier est disponible sur iTunes et autres sites de vente en ligne (Fnac, Virgin, etc.) via le myspace du groupe. Alors filez vite écouter ça et si ça vous séduit, faites-les connaître autour de vous !
12.6.09
Neweden/Mercure Liquide : fin d'un projet, fin d'une époque...
La revue Mercure Liquide sortait son dernier numéro, et célébrait de joyeuses funérailles lors d'une ultime soirée. Tous ne le savent pas, mais Mercure Liquide fut en fait l'ultime émanation du collectif Neweden, collectif pluridisciplinaire fondé en 1997 autour du fanzine Scrach, lui même né en 1995. Cette soirée était la dernière, ever.
Co-fondateur et de Scrach, et de Neweden, et de Mercure Liquide, ce n'est pas sans émotion que je vois cette page se tourner, même si j'avais quitté le projet depuis deux ans déjà. Je n'ai pas assisté à la soirée, pour diverses raisons, mais mon cœur était un peu là-bas tout de même.
Il y aurait sans doute une histoire à écrire autour de ces quatorze années, car quand je parle d'aventure je peux vous dire que c'en fut une sacrée ! Deux fanzines, une revue et une maison d'édition ; trois festivals et plus de trente autres événements où se mélangèrent concerts, danse, expositions, lectures, performances, projections et théâtre ; aux alentours de trois cent artistes et bénévoles impliqués de près ou de loin ; quelques trois ou quatre milliers de spectateurs et lecteurs... Tout ça avec des bouts de ficelle et une foi inébranlable : Neweden aura bien vécu ! Que d'anecdotes et de moments ahurissants, hilarants ou difficiles, que de galères, de joies, de succès, d'engueulades et d'embrassades... Que de travail aussi. Si vous saviez le nombre de souvenirs qui m'assaillent quand je repense à tout ça ! Il y a eu des périodes d'accalmie, mais il faut comprendre que ce n'était pas juste un truc qu'on faisait, c'était un truc qu'on vivait, qui construisait et déconstruisait nos quotidiens, nos priorités, nos fêtes, nos amitiés, nos histoires d'amour parfois même.
Il y a une histoire à écrire, du premier numéro de Scrach, fanzine photocopié, tapé à la machine et tiré à 22 exemplaires jusqu'au dernier numéro de Mercure Liquide, revue classieuse reconnue nationalement, subventionnée et tirée à 500 exemplaires. Il y a une histoire à écrire, de la toute première New Eden Party dans un petit bar obscur jusqu'à nos soirées aux Subsistances ou au Croiseur (en passant par l'épique New Eden Week de juin 2000, un festival homérique, long d'une semaine, qui marqua pas mal d'esprits). Une histoire de projets impossibles et pourtant mis en œuvre, souvent titanesques au regard des moyens financiers et humains dont nous disposions. Une histoire de lieux aussi, ceux qui ont accueillis nos soirées, ceux que nous avons occupés plusieurs mois durant (la Casa Okupada, puis la Friche RVI à ses débuts). Et surtout une histoire humaine, de rencontres, de collaborations, tissée non seulement par une équipe (qui connut tant d'incarnations différentes) mais aussi par de nombreux acteurs de la vie culturelle locale, qui flirtèrent avec nous le temps d'un ou quelques événements.
La liste complète des contributeurs, artistes pour la plupart, est presque impossible à établir mais peut-être avec nos archives y parviendrons-nous un jour. Des tas de noms, de visages, me reviennent en mémoire en plus de tous ceux que je fréquente toujours. Certains étaient plus avancés que nous dans leur carrière, et nous ont généreusement donné un coup de pouce. D'autres, la majorité, ont fait leurs premières armes à nos côtés. Des tas de gens à qui j'ai envie de dire merci ! Merci d'avoir été là, merci d'avoir fait avec nous, merci d'avoir fait cette légende. Ce n'était peut-être qu'une petite légende lyonnaise, qui sera vite oubliée, mais il n'empêche que régulièrement je croise des gens qui évoquent avec émerveillement et gratitude tel ou tel moment qui les ont marqués, qui leur ont permis d'avancer dans leur vie, leur création ou leur carrière. C'est tellement bon de savoir que tout ça n'a pas servi à rien !
Alors en attendant d'évoquer tout le monde ou presque, de vous raconter un jour tout ça dans les détails, il y a quand même cinq personnes sans lesquelles je n'aurais rien fait du tout, et que je tiens à saluer en ce jour d'enterrement. Plusieurs autres personnes ont apporté des éléments déterminants quant aux directions artistiques du collectif et de ses projet. D'autres encore ont été très impliquées, voire vitales à certaines périodes transitoires. Mais il serait impossible de les nommer sans évoquer une foule de pourquoi et de comment. Aussi me contenterai-je aujourd'hui de vous parler des cinq personnes qui ont été, à mes côtés et à tour de rôle, la colonne vertébrale de Neweden.
Tout d'abord mon ami l'auteur de BD Frédéric Thirion, co-fondateur de Scrach, qui n'eut de cesse pendant deux ans de me tanner pour qu'on monte un fanzine, jusqu'à ce que je craque et accepte, sans imaginer une seconde où tout cela nous mènerait !
Il y a ensuite les deux personnes qui ont formé avec moi le « trio moteur » de la première « grande époque » de Neweden entre 1998 et 2001 : la danseuse et chorégraphe Florence Bordarier et le photographe Fred Grégeois. Nous avons traversé de telles tempêtes ensemble, à cette époque où le collectif comptait une quarantaine de membres ! Nous n'étions que des gamins de 20 ans, avec une immense envie de déplacer des montagnes, et nous les avons déplacées !
Il y a enfin les deux autres membres du second « trio moteur », celui du festival Garden Freaks et des années Mercure Liquide (2003-2008) : le photographe safran et la chargée de projet Marion Blangenois. Nous étions déjà moins jeunes et moins fous, l'équipe était plus réduite mais la tâche toujours aussi ambitieuse, sinon davantage. Grâce à eux, Neweden quitta la sphère de l'underground et mit en œuvre un projet plus mûr, plus abouti, plus cohérent aussi... Nous avions envie de déplacer d'autres montagnes, et de nouveau elles furent déplacées !
Sans tous les autres, nous n'aurions rien pu faire du tout.
Sans ces cinq personnes-là, je n'aurais jamais pu construire un bateau assez solide pour accueillir tous ces autres. A titre personnel, je leur dois beaucoup. A titre collectif, Neweden leur doit énormément.
Alors voilà, Neweden avait bien vécu : trop bien, trop vite et trop intensément pour vivre plus longtemps. C'est à peine une métaphore que de dire que le cœur a lâché... Le moment était venu d'explorer d'autres horizons, de faire chacun notre route. Les deux Fred se sont fait un peu plus discrets depuis quelques années, mais il continuent de faire leurs trucs dans leur coin, toujours avec le même plaisir. Je crois savoir que Marion prépare déjà un autre projet, et je ne doute pas un instant que ce projet sera à la hauteur de son talent d'organisatrice. Quant à Florence, safran et moi, en parallèle de nos projets personnels nous sommes en quelque sorte revenus aux sources, avec les Combustions Spontanées qui regroupent, entre autres, un certain nombre d'anciens membres et collaborateurs de Neweden. Et toujours, partout autour de nous, je vois naître (ou durer) d'autres collectifs, d'autres revues, d'autres talents... Je vois aussi nombre de ceux qui nous ont accompagnés murir, grandir, s'épanouir dans leur création. La scène lyonnaise est si riche !
Un jour je vous raconterai tout, promis ! En attendant, tout ce que je peux vous dire, c'est que c'était un sacré voyage, qui valait vraiment la peine d'être vécu ! Merci encore à tous ceux qui en ont fait partie, et bonne route à tous !
This is the end, my friends...
This is the beginning !
11.6.09
Contresens
pourquoi toujours heure temps ?
éclats d'argile
immuable immédiat
quand le seul lieu est rencontre
un corps qui n'a de sens
d'importance
de beauté
que lorsque extatique
le reste
déjà
souvenir
à peine consumé
mes mots - fruits de plaisirs à peine écartés
voile - écarté
nom ombre
(ou du moins ce serait mieux ainsi)
(ne) recherche (plus) ange
(blanc)
pour dépasser la béatitude
se fondre dans la croisée
es-tu là ?
es-tu là ?
je suis là
quand tout semble renaître
surtout ce qui vit (encore) déjà
complétude presque (là)
au dessus des nuages (là)
je t'observe d'en haut, à mille lieues du sol
& pour autant
je dois encore
lever
les yeux
la magie n'a d'égale que la plénitude
(plénicertitude)
ce serait drôle que les sphères soient en
apesanteur
tout ça comme
au lieu de rouler, de tomber dans les trous
oublier chacun des éphémères
devant l'évidence
d'un océan d'idées sauvages
(la sagesse est tellement sauvage)
vagues
gouttes
facettes
réalité senteur
couleur
de ton
deep space nine
ou quelque chose comme ça...
te goûter était un mythe
le mythe est consumé
(Remix d'un inédit de l'automne 2000, qui dit aujourd'hui le contraire de ce qu'il disait alors...)
7.6.09
Lyon, capitale européenne du puritanisme ?
Le premier arrondissement de Lyon est en train de muter et à bien des égards c'est tant mieux. Les habitants de la rue Sainte Catherine, où j'habite depuis un an, se sont mobilisés pour que cesse le chaos qui régnait depuis des années dans cette rue (les lyonnais qui lisent ce blog savent de quoi je parle) et il faut reconnaître que moi même, qui n'ai jamais cru en la validité du concept de « tapage nocturne » (voir à ce sujet le récit de mon dernier voyage en Inde), j'en avais jusque là de l'ambiance glauquasse de la rue après 22 heures : bruits de bagarres, insultes, hurlements, bouteilles cassées et poubelles renversées, les copines pas rassurées lorsqu'elles quittaient mon appartement en fin de soirée, etc. Que les gens fassent la fête, très bien. Malheureusement la « fête » ressemble trop souvent ici à une beuverie violente.
Alors les autorités ont -enfin- réagi. Les bars de la rue Sainte Catherine qui, d'après certaines rumeurs, avaient jusque là obtenu le droit de faire tout et n'importe quoi à coups de pots de vin et de copinage politique, ont été contraints de maîtriser leur clientèle et de fermer plus tôt. Il faut admettre que cela n'est que justice quand on sait l'hécatombe des café-concerts et autres lieux culturels associatifs qui a suivi l'élection de M. Gérard Collomb, maire de gauche certes mais pas trop tout de même. Un nombre ahurissant de ces lieux, malgré tous leurs efforts, ont été fermés souvent à cause des plaintes d'un seul voisin, alors que les antres d'ivrognerie de la rue Sainte Catherine passaient allègrement à travers les mailles du filet et emmerdaient tout le monde au passage.
Malheureusement, l'espèce humaine est incapable d'agir avec modération et c'est ainsi que je constate avec effarement un changement d'attitude radical de la part des riverains. Fiers de cette petite victoire, les « croquantes et les croquants » (comme disait l'autre) se précipitent pour faire régner l'ordre et le silence. Ainsi, dans mon immeuble, il a fallu du jour au lendemain virer tous les vélos, cordes à linges et autres choses qui pouvaient « encombrer » les allées. De même, les petites gens bien pensants ont-ils décidé de ne plus tolérer le moindre pet de lapin après 22 heures. Avec l'agressivité sans borne dont savent faire preuve les gens qui ruminent leur amertume de se lever le matin pour aller faire un boulot de merde, j'entends maintenant hurler la nuit non seulement les ivrognes, mais aussi ceux qui ne supportent pas que tel ou tel de leur voisin passe une petite soirée entre amis sans fermer ses fenêtres (et je ne parle pas là de « fêtes » mais bien de « petites soirées » à trois ou quatre). J'observe et j'écoute l'air de rien : il se créé des alliances, des clans, ça cancanne dans les allées et l'ambiance n'est pas sans me rappeler le passage du voyage vers l'Afrique de Voyage au bout de la nuit, quand les bien-pensants s'allient pour montrer du doigt le supposé fauteur de trouble.
Mais l'aspect le plus honteux, le plus lamentable, de cette « épuration » est le décret préfectoral qui interdit désormais aux épiciers de vendre de l'alcool après 22 heures. Nous sommes dans la seconde métropole de France, une ville qui se veut une « capitale européenne » et il n'est même plus possible de s'acheter une bouteille de bière ou de vin le soir si l'on a décidé de finir entre amis à la maison. Enfin si : c'est encore possible. Mais cela oblige à faire appel aux sociétés de livraison d'alcool à domicile, pour des prix démesurés. Ce décret tout d'abord ramène Lyon au niveau d'une petite bourgade de province alors que pouvoir trouver à boire (ou à manger) à toute heure fait tout de même partie des avantages d'une ville comme la nôtre ! Ce décret ensuite punit les (nombreux) braves gens dont la vie ne s'arrête pas à 22 heures, tous ceux qui, sans êtres des poivrots, sans foutre le bordel dans les rues, aiment bien pouvoir décider de façon impromptue de poursuivre la soirée chez eux avec une bouteille. Pour une poignée de fauteurs de troubles, c'est la majorité silencieuse des bons-vivants qui est « punie » par les très actifs puritains (et une lettre du conseil de quartier vient de remercier très chaleureusement M. le Préfet pour ce décret). Ce sont, enfin et encore et toujours, les riches qui sont favorisés, puisque ceux qui ne peuvent s'acheter qu'une bouteille de vin à 4 euros ne pourront pas forcément payer leur bouteille 12 euros aux sociétés de livraison nocturne.
Mais bon, ainsi va le monde, ainsi va Lyon. Les lieux nocturnes associatifs, innombrables il y a dix ans, sont désormais quasiment inexistants. Les fêtards sont désormais décentralisés vers le Ninkasi et les péniches, entreprises lucratives. Les habitants des immeubles seront désormais priés de vivre enfermés chez eux dans le plus grand silence et sans qu'un seul objet ne dépasse de leur porte d'entrée.
Moi aussi je voulais que ça se calme rue Sainte Catherine. Mais pas comme ça, pas dans cette ambiance, et pas au prix de ma liberté d'acheter une bouteille de vin à une heure du matin si le cœur m'en dit !
6.6.09
Journée mondiale de l'environnement, fête des mères, tout ça...
Oui, bon...
Le truc c'est que le réchauffement de la planète, moi je suis POUR !!! D'abord je trouve qu'il fait beaucoup trop froid en France. Et puis voir la Bretagne et Marseille (surtout Marseille) engloutis sous les flots, ben si ça permet d'avoir la mer à Lyon moi je dis au bout du compte c'est pas une si mauvaise affaire. ^^
Heureusement dimanche c'est la fête des mères et là je remercie le ciel parce que que ça fait maintenant huit ans que je suis débarrassé de cette innommable corvée ! Bon courage à tous ceux qui ont encore une maman.
En tout cas l'acteur David Carradine a célébré tout ça avec humour puisqu'il semble bien qu'il soit décédé d'un accident masturbatoire, ce qui n'est pas donné à tout le monde ! Moi je dis : la classe jusqu'au bout le mec, et paix à son âme !
Ben quoi ? Là depuis minuit on est le 6 juin. C'est pas le 6 juin la journée mondiale de la mauvaise foi ? Ah, bon...
4.6.09
Ah... c'était le bon temps !
Bref, mon trip du moment c'est la B.O. du film Electric Dreams (1984), un des premiers films de la génération MTV, dont furent issus quatre singles plus romantiques les uns que les autres. La meilleure reste la sublimissime et kitschissime Together In Electric Dreams de Philip Oakley et Giorgio Moroder. Vous pourrez ensuite savourer la délicieuse Video de Jeff Lynne, l'épique Electric Dreams de P.P. Arnold et puis enfin la plus connue et magique Love Is Love de Culture Club.
Bon trip nostalgie à ceux qui ont connu 1984, en espérant que les plus jeunes comprendront ^^
14.5.09
Le long Halloween
En attendant d'autres frasques, voici une quatrième histoire pour enfants, écrite comme les trois précédentes à l'automne 2005. Avec le recul, je trouve que le style est un peu trop littéraire et sérieux pour un jeune public, mais je continue d'aimer l'idée de base : et si, un lendemain d'Halloween, tout le monde se réveillait transformé en ce en quoi il était déguisé la veille ?
LE LONG HALLOWEEN
Il y a très longtemps, quand j’étais petit garçon, il fut un halloween très spécial dans notre ville. On s’en souvint sous le nom de « long halloween »… car il dura un an.
Les gens, lorsque tout commença, s’étaient comme il convient déguisés en toutes sortes de monstres et créatures surnaturelles. En ce temps-là, halloween était si populaire que même les adultes se déguisaient. Il y avait des Loups-garous, des Vampires, des Goules, des Dragons, des Squelettes, des Sorcières, et j’en passe…
Je n’avais moi-même pas pu me déguiser, car mes parents m’avaient puni pour quelque bêtise. Je devais donc rester dans ma chambre au lieu d’aller collecter des bonbons avec mes camarades d’école. Alors j’ai regardé la télé. Aux informations, ils disaient qu’une drôle de vieille dame était apparue à une réunion de la mairie. Elle avait déclaré que les gens de notre ville s’étaient fort mal comporté cette année : ils ne s’aimaient pas entre eux, et ils se disputaient pour n’importe quoi.
Le maire avait rit au nez de la dame, lui expliquant que c’était ainsi et qu’elle n’y changerait rien. Elle était partie, furieuse, en criant que puisque nous agissions en monstres, c’est ce que nous deviendrions. Les hommes politiques de la ville ne firent que rire davantage !
Lorsque je me levais le lendemain matin pour aller en classe, j’eus le pressentiment que quelque chose de pas normal était arrivé pendant la nuit. J’entendis Papa et Maman pousser des cris dans leur chambre et courir dans la maison : mon pressentiment était fondé !
J’allais à leur recherche et trouvais Papa caché derrière le canapé. Il avait l’air vraiment bizarre avec ses bandelettes ! Il me dit qu’il y avait une Sorcière dans son lit quand il s’était réveillé. Quand je lui dis qu’il n’était pas tout à fait lui-même, il fit mine de ne pas comprendre.
Je trouvais ensuite Maman cachée dans un placard (à balais, bien sûr), et elle me dit en tremblant qu’à la place de Papa, il y avait une Momie dans son lit. Je lui expliquais que la Momie, c’était Papa. Et qu’elle avait bien changé, elle aussi.
Le petit déjeuner ne fut pas très gai. Papa et Maman n’arrêtaient pas de pleurer en se demandant ce qui s’était passé. Finalement, on est parti, moi pour l’école, eux pour leur travail. Dans la rue, c’était un sacré capharnaüm !
Il y avait des monstres en train de gémir ou de crier à tous les coins de rues. Il semblait que tout le monde se fut transformé en ce en quoi il s’était déguisé la veille. Tout le monde sans exception.
J’arrivais à l’école, et c’était un chahut sans nom ! La maîtresse était devenue une Chauve-souris Géante… Déjà qu’elle n’était pas belle avant ! Les élèves se moquaient tous d’elle et elle était furieuse. Il faut dire qu’ils n’avaient pas de quoi faire les fiers : vous auriez vu l’allure de ma classe !
Je me retrouvais assis entre la Créature du Marais et le Monstre de Frankenstein, pour écouter une Chauve-souris Géante nous expliquer des mathématiques…
Le soir, on a regardé les informations avec Papa et Maman : partout dans la ville, les gens s’étaient métamorphosés. Seules les rares personnes qui ne s’étaient pas déguisées avaient gardé leur apparence normale. Le Maire (qui était devenu un Clown), fit un long discours selon lequel il promettait de trouver une solution. Bien sûr, personne ne le crut.
Au début j’étais tout content de ne pas être un monstre, mais très vite je commençais à me sentir un peu seul. On me regardait dans la rue, et je n’aimais pas trop ça. A la maison ce n’était guère mieux : Papa n’arrêtait pas de se prendre les pieds dans ses bandelettes. Et Maman jetait des sorts sans le vouloir, ce qui provoquait plein de catastrophes dans la maison.
Et c’était compliqué partout : le voisin, par exemple, était un Bonhomme de Neige, et comme il fondait dès qu’il était près d’un radiateur, il dut se construire une cabane dans le jardin. En effet : il ne pouvait pas couper le chauffage, car sa femme était devenue un Robot, et ne supportait pas le froid qui coinçait ses articulations mécaniques.
Bref, la situation posait toutes sortes de problèmes à plein de gens, et chacun dut apprendre à s’adapter à sa nouvelle condition et à celle des autres. Les choses étaient d’autant plus difficile que le Président de la République avait décidé d’isoler la ville du reste du pays. A chaque fois que quelqu’un allait dans une autre ville, il créait une panique. Les gens voyaient débarquer un monstre et avaient peur.
Plus personne n’eut donc le droit de sortir de la ville. Nous nous retrouvions livrés à nous-même. La situation était très difficile, et les gens commencèrent à être encore plus méchants qu’avant. Ils se réunirent par genres de monstres, et firent des alliances : les Vampires cherchaient chamaille aux Loups-garous, les Goules s’alliaient contre les Gargouilles, etc… C’était absolument n’importe quoi !
Voilà qui ne me plaisait guère. Mais que faire ? Je ne pouvais pas obliger les gens à être gentils ! Je finis donc par sympathiser avec les rares autres enfants qui n’avaient pas été transformés, et nous nous demandions souvent ce que nous pouvions trouver comme solution.
Les mois passèrent et la ville sombra toujours plus dans la folie. Le clan des Vampires, en particulier, était particulièrement pénible. Comme ils ne pouvaient plus sortir que la nuit, ils essayèrent de construire au-dessus de la ville un énorme toit, pour qu’il fasse toujours nuit. Personne n’était d’accord et il s’ensuivit une terrible bagarre.
Le clan des Clowns, mené par le Maire, tenta ensuite de faire mettre en prison tous les King-Kongs, car un King-Kong avait contesté une loi votée par le Maire. Mais comme les Sorcières étaient les alliées des King-Kongs, cela déclencha encore des bagarres. Finalement, les Sorcières jetèrent un sort qui déclencha une terrible tornade. La tornade démolit bien des maisons et inonda la moitié de la ville.
Un soir, Papa nous expliqua fièrement que le clan des Momies avait mis le feu au supermarché, qui n’employait désormais plus que des Zombies. Mais le clan des Sorcières était allié à celui des Zombies, et cela provoqua une terrible dispute entre Papa et Maman. Finalement, Papa partit en claquant la porte, déclarant qu’il allait vivre avec les autres Momies.
Avec mes nouveaux amis, nous avons décidé que cela ne pouvait plus durer : en six mois, la moitié de la ville était déjà en ruines. Plein de familles s’étaient brouillées parce que leurs membres appartenaient à différents clans. Il fallait que tout le monde redevienne humain, car même si avant les gens se disputaient, cela n’allait jamais aussi loin.
Nous commençâmes donc à aller à la rencontre des gens, pour leur expliquer que nous ne pouvions plus vivre dans ces conditions. Mais personne ne nous écouta. Les adultes qui étaient resté humains organisèrent une grande réunion, demandant à tous de se concentrer pour trouver une solution, afin de redevenir tous normaux.
A notre grande surprise, les monstres de tous genres se mirent à protester qu’ils étaient très bien comme ils étaient ! Les Sorcières dirent qu’elles étaient ravies de pouvoir jeter des sorts, et les Vampires de boire du sang, et les Monstres de Frankenstein d’être très forts, etc… Plus personne ne voulait redevenir humain !
Les mois continuèrent de passer, et les non-monstres finirent par vivre entre eux, dans un immeuble avec un grand jardin. Nous avons commencé à cultiver nos légumes, et organisé entre nous un mode de vie paisible, sans disputes ni conflits. Au dehors, le chaos continuait.
Un an était presque passé, et nous approchions du nouvel halloween. Autant dire que dans le clan des Humains, personne n’avait envie de le fêter. Nous avions vu notre monde s’écrouler, et nos familles se disperser. C’est à ce moment-là que je me souvint de la vieille dame qui avait protesté contre la mesquinerie des gens. Il semblait que ce fut elle qui nous avait jeté un sort. Mais cela n’avait fait qu’empirer les choses.
Cette nuit-là, je vis la femme en rêve, elle était devenue très jeune et très belle. Elle me dit que moi seul pouvait résoudre la situation, mais que je devais me dépêcher : après la prochaine nuit d’halloween, la métamorphose serait définitive. Rien ne pourrait retransformer les monstres en les gens qu’ils étaient autrefois ! Je lui demandais quoi faire, et elle me répondit de chercher la solution au fond de moi, car c’était là qu’elle se trouvait.
Je passais de longues journées à me creuser la tête en vain. Rien n’y faisait. Puis, l’avant-veille d’halloween, quelqu’un fit une blague : « Dites, vous croyez qu’ils vont se déguiser en gens normaux pour halloween, les monstres là-dehors ? » « Eurêka ! » criais-je. « C’est ça qu’il faut faire !!! » Et j’expliquais mon plan : si les monstres se déguisaient en Humains, la transformation s’inverserait !
S’ils savaient que l’idée venait des Humains, les monstres ne feraient rien. Nous nous sommes donc déguisés en monstres pour passer inaperçus, et avons fait le tour de la ville en collant des affiches : « Monstres de tous poils, c’est bientôt Halloween ! Célébrons la fête qui a fait de nous ce que nous sommes, et moquons-nous ensemble des humains que nous étions jadis. Que chacun se déguise en la personne qu’il était avant ! »
Les monstres accueillirent la proposition avec enthousiasme. Il semblait que l’idée leur plaisait. Nous n’avions plus qu’à attendre et à prier pour que tous sans exception se déguisent. Je ne vous cache pas que la nuit fut longue. Très longue.
Le lendemain matin, nous sommes sorti voir ce qui s’était passé. Nous étions épuisés : le suspense était si grand que personne n’avait dormi. Dans la ville en ruine, les gens erraient, le regard perdu… Ils étaient redevenus eux-même !!! Nous avons passé la journée à les réunir dans notre grand jardin. Tous étaient complètement hagards, comme s’ils se réveillaient d’un long rêve. Je me jetais au cou de Papa et Maman, tellement heureux de les voir redevenus normaux !
Il fallut deux ou trois jours pour que tout le monde reprenne ses esprits. Les gens virent l’état de la ville, se souvinrent de la façon dont ils s’étaient fait la guerre pour des raisons absurdes ! Ils avaient terriblement honte, et ceux qui étaient restés humains pendant l’année les réconfortèrent : tout était pardonné. Il fallait à présent reconstruire la ville, et apprendre à vivre paisiblement.
Les ex-monstres étaient si reconnaissants envers nous de les avoir libérés de la malédiction, et de ne pas leur en vouloir pour la vie qu’ils nous avaient faite pendant un an, qu’ils promirent de se comporter bien à l’avenir. Puis, tout le monde se mit au travail : il y en avait, des choses à rebâtir !
Peu après, le Président leva l’isolement qui pesait sur la ville, et depuis ce jour, les gens se comportent avec respect les uns envers les autres. Chacun ici se souvient à quel point les discordes inutiles peuvent gâcher la vie. Tout le monde se souvient également de la bêtise qui était derrière l’idée des « clans » de monstres. Ainsi, chacun se garde désormais de juger autrui sur ses différences.
Le Long Halloween avait été une dure épreuve pour tout le monde, mais tous en étaient sortis grandi. Au bout de quelques années, la « ville des monstres » était devenue pour tout le pays « la ville où il fait bon vivre. » On nous prit en exemple, car nous avions à cœur de résoudre tous nos désaccords en parlant, sans nous disputer ni nous battre !
Quant à moi, je fus remercié d’avoir rétabli la paix avec mon idée, et chacun me fit un cadeau. Tout le monde était tellement heureux d’être redevenu normal ! Enfin, presque tout le monde…
Le Maire avait refusé de se déguiser en lui-même, fier qu’il était d’être un Clown. Au fond, c’est ce qu’il avait toujours été, et c’est ce qu’il serait toujours.
Heureusement, une certaine vieille dame, qui vivait au fond des bois et pratiquait la magie, accepta de l’embaucher comme jardinier… s’il promettait d’écouter ses enseignements.
1.5.09
23.4.09
Les adultes sont des cons !
La création artistique, nous en savions encore peu de chose, nous la découvrions à peine. Mais s'il y a une chose que nous savions, malgré notre (immense) arrogance, malgré notre (immense) naïveté, c'est qu'elle nous coûterait cher, qu'elle exigerait de nous bien des sacrifices.
Nous étions jeunes et tous paumés mais tous autant que nous étions, nous savions bien que c'était là notre vocation, qu'il n'y avait nulle alternative possible, comme un destin qui ne nous demandait pas notre avis. C'était quelque chose d'irraisonné et de déraisonnable et ça le serait toute notre vie. C'était tout simplement plus fort que nous.
Il y avait quelque chose à chercher, et nous devions chercher jusqu'au tombeau s'il le fallait (et il le faudra).
Nous étions jeunes mais aussi très vulnérables. Sortis du lycée ou à peine, découvrant la vie mais la sachant déjà difficile. Et nous aurions alors tant eu besoin du soutien de nos ainés.
Les adultes, nos parents, leurs amis, nos professeurs parfois : tous ou presque s'étaient passé le mot : il fallait nous décourager. Et ainsi ils nous apprirent (premier mensonge) que dans l'art il n'existait que deux alternatives, sans rien au milieu : la richesse et la célébrité ou la misère noire, absolue. Ils nous apprirent ensuite (second mensonge) que la première de ces options nous était inaccessible car nous n'étions pas assez doués et que seule la seconde, dans toute son horreur, nous attendait. Ils nous apprirent enfin (troisième mensonge) que nous étions en train de foutre toute notre vie en l'air et que (quatrième mensonge) nous le regretterions ensuite, avant d'ajouter (ultime et affreux mensonge) que nous pourrions faire autre chose, renoncer à créer, faire des études « normales » et aller ensuite au bureau tous les matins sagement, sans regrets, pendant que d'autres cherchaient ce que nous avions renoncer à chercher. Et être parfaitement heureux.
Certains d'entre nous ont en effet renoncé en cours de route. Ceux-là se sont rendu compte que la sécurité était une condition essentielle à leur bien-être (et qui peut les blâmer ?) et que « chercher » n'était finalement pas si important. La plupart de ces gens étaient sincères auparavant, mais juste égarés. D'autres ne cherchaient que la gloire et eurent vite fait de comprendre que la gloire, dans ce métier, est une notion toute relative et très coûteuse. Eux aussi renoncèrent vite.
Mais beaucoup d'autres sont toujours là. Ceux qui ne pouvaient pas faire autrement. Qui ne peuvent toujours pas. Il arrive que l'on en soit tant dégoutté de créer, de ces concessions que nous devons sans cesse faire au monde, que nous en sommes parfois totalement improductifs, mais ça revient toujours et nous replongeons de plus belle. Mais ce qui arrive surtout c'est qu'au bout du compte on ne galère plus tant que ça. On a trouvé nos voies de subsistance, nos heureux compromis, nos moyens de vivre correctement en faisant ce que nous devons faire. On n'est pas millionnaires mais enfin ! Combien de gens gagnent-ils le smic en souffrant 35 heures par semaine dans un bureau, dans une usine, sur un chantier ? Nos 35 heures (parfois 10 heures, parfois 70 heures, ça dépend des semaines) ont au moins du sens ! Nous ne sommes ni riches ni célèbres, mais ce n'est pas non plus cette misère atroce qu'on nous avait prédit.
Mais durant toutes ces années, combien d'angoisses, combien de douleurs, combien de peurs ? Combien aussi de moments de découragement ? Combien de cris ou, au contraire, d'acte désespérés pour obtenir la reconnaissance de nos ainés en dépit de nos choix de vie ? Ces choix dont nous savions qu'ils n'en étaient pas, qu'ils étaient plus forts que nous mais, contrairement à la drogue ou au crime, productifs, générateurs de rêves sinon d'humanité.
Les adultes sont des cons parce qu'à cause d'eux nous avons vécu ces années avec de la douleur et un sentiment d'échec injustifié. Parce que nous avons cultivé parfois les graines de l'échec qu'ils avaient semé en nous et que parfois nous avons peut-être échoué à cause de cela (ah, pouvoir de l'inconscient !). Ceux-là même qui prétendaient vouloir notre bonheur causaient notre malheur. Ils nous perturbaient et nous torturaient de leurs interminables, répétitives, redondantes et vaines remontrances. Nous avons plus de 30 ans à présent, alors nous savons que l'erreur était leur et pas notre. Nous somme heureux d'être là où nous sommes et de faire ce que nous faisons. Cette quête du beau et du sens qui nous anime est une chose merveilleuse. Y renoncer eut été folie. Mais combien de nuits blanches avant d'en arriver là ?
Les adultes sont des cons, mais maintenant c'est nous les adultes. Ne faisons pas subir cela à nos enfants.
17.4.09
On a décidément beaucoup à apprendre des enfants !
(Merci à .R.僕は神ですレヤンとういいます^^ pour m'avoir fait découvrir cette vidéo.)
(Oui je sais, j'ai des amis qui ont des noms bizarres. A la fois... je suis bien fan d'un type qui s'est fait appeler O(+> pendant 6 ans alors je suis plus à ça près ^^)
16.4.09
L'histoire de ma vie (à part que j'ai jamais été peintre)...
Peter David, Fallen Angel.
14.4.09
Saturation
Nous y revoilà : j'ai encore dépassé le nombre de Dunbar !!! Ce n'est pas la première fois et le résultat est toujours le même : mon néocortex est en train d'exploser et je ne me souviens plus de rien ni de personne :-(
J'arrête de sortir pendant quelques temps, vous ne m'en voudrez pas, hein ?
7.4.09
Je viens de déterrer un ENORME os à moelle !
Mémoires d'un jeune garçon dérangé était bâti sous la forme d'un roman épistolaire, à la première personne et à sens unique (on n'avait jamais les réponses, si tant est que réponses il y eut) : le « héros », âgé de 16 ans et élève de seconde, écrit tous les deux ou trois jours à son meilleur ami, qui a quitté la ville avec sa famille. Chaque paragraphe correspond donc à une lettre - j'ai signalé les coupes dans le texte par des (...), mais très souvent, il manque aussi le début et/ou la fin du paragraphe, ce qui n'est pas indiqué. Le narrateur, non-nommé, vit avec son père, sa mère et sa sœur (jamais nommés non plus - les autres personnages ne sont d'ailleurs désignés que par leurs initiales). Pour l'essentiel, leur famille, bourgeoise, a subi les effets d'une crise économique et a vu son niveau de vie baisser considérablement. Le protagoniste était en réalité un anti-héros : tout était mis en œuvre pour le rendre antipathique, prétentieux, amer, délirant et au bout du compte détestable. A travers ce personnage torturé et cette famille névrosée, c'est toute l'amertume de mon adolescence qui s'exprimait, avec rage et violence.
Le roman, jamais achevé, manquait cruellement d'une direction, d'une structure et d'une dramaturgie claire. C'était tout ce qu'on peut attendre d'un adolescent de 14 ans qui fait ses premières armes : un charabia laborieux, parfois même illisible. Pourtant, en le relisant, je lui ai découvert une vertu totalement involontaire : je me suis retrouvé plié de rire à la lecture de nombreux passages. Il faut mesurer que j'ai écris tout ce qui suit avec le plus grand sérieux du monde. A la relecture, j'étais hilare comme je ne l'ai pas été depuis longtemps. Peut-être que vous ne trouverez pas ça drôle du tout. Il est même probable que vous trouverez cela ennuyeux (après tout, c'était un roman sur l'ennui). Peut-être que vous trouverez juste ça triste, trash et terriblement sombre. Ou peut-être que, comme moi 18 ans après les faits, vous vous en paierez une bonne tranche (je vous le souhaite). J'en appelle en tout cas à votre indulgence : je ne prétends pas que ce qui suit ait la moindre qualité littéraire, c'est juste -à titre personnel- un document intéressant dans mon parcours, qui m'a suffisamment amusé pour que j'ai envie d'en partager quelques extraits avec vous. C'est aussi une redécouverte, parce que je n'avais jamais relu ça et que je ne m'attendais pas du tout, mais alors pas du tout à rire autant (voire à rire tout court). Et je ne me souvenais pas non plus que c'était si acide, si noir, ni d'une telle démesure. Une dernière chose : j'ai vraiment fait des coupes sombres (Il doit rester 10% du texte) alors ne vous prenez pas la tête avec les informations qui vous manquent : prenez les extraits comme ils viennent, c'est amplement suffisant....
MÉMOIRES D'UN JEUNE GARÇON DÉRANGE :
« Je méprise presque tout le monde car les gens à la fois intelligents et sages sont rares et les autres ne sont pour moi que des êtres insignifiants et des vermines humaines ! »
« Le drame survint deux jours après, le 16 novembre 1990, autour de 12h45 : C., R. et D. se moquèrent de moi alors que S. était à côté. De la haine que j'eus pour eux, je compris que je l'aimais d'un amour absolu et qu'elle serait la seule dans ma vie. Trois jours plus tard, après avoir dans ma rage tabassé onze mecs qui me cherchaient des noises, dont une bande d'élèves de sixième (...), dont l'un d'entre eux que je tuais presque (leur chef), je décidais de me suicider si S. ne voulait pas de moi. »
« Enfin, je lui parlais pour le première fois :
- Je suppose que tu es au courant de tout ?
- Oui.
- Et alors, qu'est-ce que t'en penses ?
- Rien.
Et elle partit. Autant te dire que j'étais anéanti, aussi je décidais de ne plus attendre et de me suicider le samedi suivant. »
« A la fin de l'année, j'ai tout fait pour tomber amoureux d'une fille : L.B., mignonne, sympa, etc. Rien à faire !!! »
« En 1999, comme l'a annoncé Nostradamus, un autre Envoyé va arriver (…) Il provoquera une guerre nucléaire qui décimera plus de 95% de la population. Or il fallait quelqu'un pour s'occuper des survivants et les amener enfin sur la voie de la sagesse. S. et moi devions procréer et créer une nouvelle race. Inutile de te dire que c'est nous et nos enfants qui aurions du guider les survivants. (…) Nous nous sommes rencontrés trop tôt. »
« Nous reverrons les C. dimanche (si tu savais comme je m'en fous !) »
« Hier soir, avant de me coucher, j'ai tenté de me trancher les veines. Non pas pour mourir, comme les deux dernières fois, mais pour boire mon sang. Ceci dit, je ne suis pas arrivé à m'entailler suffisamment alors que lors de ma dernière tentative de suicide, le sang a fait une vraie flaque. C'est étrange. »
« Par ailleurs, je n'ai pas cessé d'emmerder Père aujourd'hui, je ne sais trop pourquoi. »
« Mère a piqué sa crise parce que je suis parti avec le peu d'eau minérale qui restait. Père est venu la récupérer et j'ai refusé de partager ce qui restait : j'ai tout rendu, quitte à boire de l'eau du robinet et puisque c'est comme ça je ne boirai plus jamais de leur eau, j'en achèterai moi-même et comme ça ils n'auront plus qu'à fermer leurs gueules ! Mais qu'ils ne viennent pas m'en mendier s'ils en manquent : ils n'en auront pas une goutte !!! «
« Avant de passer à mes réflexions d'aujourd'hui je vais faire suite à l'affaire de la bouteille d'hier soir. Père m'a dit que Mère lui avait fait la gueule toute la journée parce que (primo) il aurait fallu qu'il râle quand j'ai pris la bouteille et pas un quart d'heure après et (secundo), connaissant mon mépris envers les gens qui perdent leur sang froid, Mère craignait que je ne la prenne pour une conne. Aussi, étant donné (primo) que Mère était innocente et (secundo) que Père avait raisonnablement été humilié par sa faute et (tertio) que Père m'avait lavé de toute culpabilité et (quarto) que Mère me l'a demandé : j'ai considéré que je pouvais leur prendre de l'eau –ce que j'ai fait– sans entacher mon honneur »
« J'ai également pu voir le rectangle de mousse sur lequel je dormirai : ma pièce n'est pas assez grande pour y mettre un vrai lit. (…) Sœur et moi avons pris la décision d'adopter un hamster. »
« Ce soir je vais tester mon nouveau « lit ». (…) Sinon, rien de particulier. C'est vendredi soir qu'on va chez B. et cette triple-buse de Père a comme toujours fait le contraire de ce qu'on voudrait en émettant quelques contestations quant au fait que l'on voie les A. dans onze jours (quel âne !) Heureusement, Mère -qui est plus futée- a rattrapé le coup en plaidant en ma faveur. Bien qu'elle n'ait sans doute pas deviné ce que Mme. A. représente pour moi, elle a bien compris que je l'aimais bien et qu'elle pouvait m'aider. »
« Ensuite j'ai loué douze cassettes vidéo et on est rentré. (…) Je m'étais couché lorsque j'ai vu une lumière intense passer à travers mes volets puis ça s'est arrêté. (…) Il s'est avéré que Père a déclaré que je racontais des histoires abracadabrantes et que Mère et moi avons chacun de notre côté pensé à un ovni. (…) Va savoir... Ovni ou non, c'est quand même bizarre ! »
« Ah oui ! Pour finir : l'eau de toilette de la comptable de Père sent la bave d'escargot ! On aura tout vu !!! »
« En cours de sport, mes camarades faisaient les cons alors que j'étais calme dans mon coin et la prof m'a demandé si je ne les trouvais pas tarés. J'ai répondu (je cite) : Non, je le suis aussi et puis vous savez, j'ai été comme eux dans le temps. »
« Rien de neuf sur rien aujourd'hui, sinon que j'ai promené Pyrame en ville et on a vu un bébé lévrier nommé Gaston (Pyrame est le lévrier de Mère). »
« Ça y est, c'est fini... et c'est terrible ! C'était le dernier épisode. Je me suis battu pour ce feuilleton : j'ai fui de chez moi pour me réfugier chez Grand-mère, j'ai gâché ma dernière soirée à Nice et un repas dans une crêperie à Dijon, j'ai même utilisé la télé de B. ! Tout ça pour que ça soit... fini ! Et de quelle manière ? C. possédé par B. : c'est MONSTRUEUX ! Et tout le reste, cette fin... On ne sait rien de la suite : B. épousera-t-il S. ? B.H. est-il mort ? Que va-t-il advenir de D. et de sa famille ? Que vont faire N. et E. maintenant que N. a retrouvé la mémoire ? J. reviendra-t-il ? A, P. et A. ont-ils péri dans l'explosion ? L. s'en sortira-t-il ? A. et L. auront-ils leur enfant ? Tant de questions sans réponses ! (...) C'est trop affreux. Et C., le héros, finir ainsi... Si encore il était mort mais ça !!! On était sûr d'un happy-end, ça ne pouvait être autrement... mais non... le vide... C'est comme être marié avec quelqu'un ou élever un enfant puis ne plus rien savoir de lui, du jour au lendemain. On se sent mort, vidé, sans raison de vivre... J'en ai pleuré, de cette fin si horrible, du simple fait que ce soit la fin. Tout est fini, et moi je crois l'être aussi. »
« Sœur a dit LA chose à ne pas dire au cours d'une querelle entre nous. Elle l'a dit. LA chose. (…) Mère s'est empressée de clore l'affaire d'un « Fille, je te prie de garder tes réflexions pour toi. » Et pan, dans les dents ! De toute façon, Sœur a dit ce qu'il ne fallait pas et ça se paiera... Peut-être de son vivant et en tout cas les Tourments Éternels après sa mort ! Elle y coupera pas la sale petite garce ! Une bonne nouvelle, tout de même : Père serait enfin décidé à voir les A., dans quinze jours. »
« Quant à Père, il doit appeler les A. demain. Ce monstre a osé dire une obscénité sur Mme. A., c'est immonde ! (…) Ça se paiera ! »
« J'ai été seul tout l'après-midi. Seul. Père, lui, doit appeler les A. aujourd'hui et sinon je ne crois pas qu'il y ait autre chose à signaler. »
« F. m'a demandé si j'étais allé chez le coiffeur, ce à quoi j'ai répondu que non, que je m'étais juste coiffé à l'arrache. (…) Mère a donné à Pyrame un os qui puait comme j'ai jamais rien senti : l'horreur ! Aussi ai-je dit à Mère de le foutre en l'air, ce qu'elle a fait. Par contre, Sœur ne semblait guère disposée à me permettre de voir le Top 50 (elle est tout le temps collée devant la télé) : ça ne va pas se passer comme ça !!! Père n'a TOUJOURS pas appelé les A. !!! Je vais craquer ! »
« J'ai réalisé quelque chose de terrible : je vis maintenant une existence normale. Un père à peu près normal, une mère normale, une sœur, un chien et (cerise sur le gâteau) un hamster ! (…) Je m'ennuie !!! J'ai perdu mon inspiration (temporairement j'espère), mes orgasmes ne sont plus ce qu'ils étaient, je n'ai aucun sujet de préoccupation et du coup la vie a un goût de fiel. (…) Père a appelé les A. qui ne savent pas encore si ils seront libres. Pourvu que oui ! »
« Dans trois mois c'est noël et je vais très bien. Il a plu aujourd'hui. (…) Père n'est pas rentré ce soir, de sorte que je ne suis pas plus avancé en ce qui concerne les A. On verra demain. »
« L'époux A. doit rappeler Père demain matin. A part ça, le directeur de mon lycée a téléphoné à Père pour lui dire qu'il y avait enfin des places libres à la cantine mais c'est trop tard alors j'ai refusé !»
« F. m'a demandé si je pouvais lui donner 50 francs pour s'acheter un portefeuille Chevignon et je lui ai demandé ce qu'elle me donnait en échange. Elle ne savait pas et B. m'a suggéré de lui demander de sortir avec moi en contrepartie des 50 francs. J'y avais bien pensé mais je n'osais le tenter. Finalement je me suis jeté à l'eau. Elle a hésité car elle a un copain depuis cinq mois, un certain R. qui a 25 ans et qui est néo-nazi : elle hésite à le larguer. Elle n'a pas encore pris de décision mais j'espère qu'elle dira oui. Le seul problème est que, d'après B., le R. en question serait un colosse. (…) Autre problème : F. a tenté de me dissuader. Ne lui plairais-je pas ? Me suis-je illusionné ? »
« Rien sur les A. Revenons à F. : en cours d'espagnol, elle m'a dit que c'était non pour sortir avec moi, même si je gardais les 50 francs. Du coup, je lui ai proposé de les lui donner si elle me vendait son âme. Mais après avoir hésité, elle a refusé aussi. (…) Quoi qu'il en soit elle a fini par les obtenir car j'ai accepté « pour lui faire plaisir », en échange de quoi elle me sera redevable d'une dette d'honneur. Tout est donc rentré dans l'ordre et nous restons bons amis. »
« F. est d'accord pour me vendre son âme 200 francs. Grand-père est mort ce soir, à 20h30. (…) J'ai l'impression que tout est un décor, que le lycée s'écroulera à la moindre pichenette et que F. et les autres tomberont en morceaux, comme des mannequins. (…) Ces funérailles à la con, je m'en balance ! (…) Matériellement, par contre, ça me pose bien des problèmes. (…) Je ne sais pas si j'aurai autant d'argent de poche, etc. Lui a peut-être de la chance d'être mort mais merci pour ceux qui restent ! (…) Je tombe de sommeil : c'est les emmerdes qui font ça. Bonne nuit ! »
« F. est passée à 350 francs et il y a plein d'autres mecs que ça intéresse. J'ai discuté avec elle et je lui ai demandé pourquoi elle était si bizarre (c'est sa nature, dit-elle) et pourquoi elle me parlait plus que les autres (elle est sociable dit-elle). Tout malentendu est donc réglé. (…) Grand-père se fera incinérer lundi à 9 heures du matin : je te raconterai. »
« On est arrivé à 17 heures et on s'est d'abord occupé de vider les tiroirs du bureau de Grand-père. On est ensuite allé au restaurant. (…) Après on a commencé à regarder un ou deux trucs à récupérer et on s'est de plus en plus marré jusqu'à délirer complètement. (…) Je vais récupérer une loupe, un quotidien de 1930, un crocodile empaillé, une sculpture de sapin en cristal et quelques autres trucs. Le partage est équitable. (…) La sœur de Grand-mère arrive demain matin. Elle est sympa mais ce n'est pas le moment de l'avoir dans les pattes. Père et Grand-mère ont tout fait pour essayer de la dissuader mais rien à faire. »
« Je suis allé avec Père voir le corps de Grand-père. On voyait bien que c'était un mort. On le sentait aussi. (…) Il y a eu une messe complètement ridicule et tout le monde est rentré chez soi. »
« Vendredi et samedi j'ai acheté les best-of de Phil Collins, d'Elton John et des Carpenters. J'ai également acheté ma première âme : c'est C.P., un mec de ma classe, qui m'a vendu la sienne pour 50 francs. Il a signé le contrat et j'ai payé cash. Je ne sais encore pas trop ce que j'en ferai mais ça peut toujours servir. (…) Il est vrai que malgré son intelligence relativement limitée, Sœur a de forts bon goûts musicaux. C'est étrange. (…) Idem avec Mère, peut-être -sûrement, même- pourrait-on aiguiser sa réceptivité avec de l'entrainement, et une écoute parfaite. (…) Les A. ne se sont plus manifestés auprès de Père. Je sais que l'époux ne m'apprécie guère et je pense qu'il veut éviter de me voir avec Mme. A. Je sens bien qu'il est jaloux. »
« J'ai plusieurs personnes intéressées pour la vente d'âmes. (…) Si Père mourait, je ne crois même pas que je serais très triste. Un peu quand même, c'est sûr, il m'a tout de même élevé. Mais d'un autre côté, il est ma source principale d'ennuis. (…) Je vis, je ne sais pas trop jusqu'à quand ni pourquoi je continue de le faire. Bah... »
« Je suis de plus en plus nul en maths et en espagnol et c'est inquiétant. (…) Je ne saurais redoubler une deuxième fois. Je serais obligé de me suicider sans quoi je serais déshonoré. Si ça devait arriver, je pense que je ferais ça un jeudi après-midi (je n'ai pas cours le jeudi après-midi). »
« J'ai revu Le loup-garou de Washington avec Mère et Sœur. J'ai trouvé le film mieux que la première fois mais Sœur parlait régulièrement et perforait des feuilles pour faire des confettis, ce qui faisait un raffut monstre. Bien-sûr, Mère prenait son parti et elle aussi foutait un bordel monstre en faisant entrer et sortir Pyrame de la pièce. Puisque c'est comme ça et qu'il n'y a pas moyen de regarder un film en paix, je demanderai à Père de les enregistrer et je les regarderai la nuit, seul. Quel affront pour Mère et cette idiote de Sœur ! A propos d'affront, un certain Y.A. m'en a fait un sacré au lycée. Cette vermine (…) s'est jeté sur moi et m'a touché avec de grands mouvements, or ça me rend malade quand on me tripote ! (…) J'en suis malade ! Fais-moi penser de te parler des âmes. »
« Ce matin, en cours de sport, j'ai discuté un peu avec J.S. (…) Il m'a dit qu'il avait déjà trois tentatives de suicide à son actif et il a ajouté qu'il comptait se passer aux somnifères ce soir. »
« Ah... passé luxuriant, où donc es-tu ? »
« Peut-être vais-je me suicider à la fin de l'année, selon si je passe ou non en première. D'ici là, au cas où, j'ai dit à Mère qu'en cas de décès elle devrait accomplir mes dernières volontés. (…) Je ne désire plus rien de nouveau, ni amis ni filles. Juste le temps de rêver à mon passé... (…) Je voudrais vivre et mourir à la fois, c'est peu pratique. Vivement noël, c'est dans deux mois. (…) Tant-pis si je redouble, j'attendrai et au diable mon honneur. Je suis sur-intelligent et ça me suffit, les autres peuvent crever ! »
« Mère a tout de même refusé de jurer sur la tête de Sœur que j'étais normal. Elle ne peut être sûre à 100%. »
« Mère m'a donné une carte postale représentant un mec et une fille et sensée faire allusion à moi et S. Moi ça ne m'a pas inspiré grand chose mais bon, si ça peut lui faire plaisir. (…) Tiens, pendant que j'y suis, je vais t'expliquer la nature exacte des âmes par rapport à nous. (…) Ce que n'importe quel scientifique te confirmera. (…) Celui qui meurt gâteux retrouve sa fraicheur d'antan, celui qui meurt amnésique retrouve la mémoire, l'idiot devient intelligent. (…) L'après-monde est tout simplement une « autre dimension » dont les ondes électro-statiques, magnétiques et énergétiques coïncident avec celles des âmes et les attirent par des « portes » inter-dimensionnelles. (…) Il va de soi que les animaux ont également une âme. Voilà, tu sais tout. »
« Il m'arrive de me demander si je reverrai Mme. A. un jour, pas toi ? »
« F. m'a demandé pourquoi je serrais les mains des filles au lieu de les embrasser. Je lui ai expliqué que je n'aimais pas trop les contacts physiques et que je ne voyais pas l'intérêt d'embrasser les gens sur les joues. »
« Commençons par Mère et Père : leur vie sexuelle est aberrante ! Il y a un an je trouvais un vibro par hasard dans leur chambre. Il y a trois mois, Père me disait qu'il n'avait jamais pu jouir en même temps que Mère, ni même la faire jouir en la pénétrant. Il y a une autre méthode mais il refuse de ma la dire. Quelques jours après je tombe sur un AUTRE gode ! Le premier coup, j'avais cru à une fantaisie mais là j'ai pigé. Mère carbure au vibro ! En deux mots : Père se masturbe avec le corps de Mère et Mère se masturbe au vibro. C'est dingue, non ? Il faut dire qu'à ce que m'en a dit Père, le premier mari de Mère ne couchait avec elle qu'une fois par mois environ et elle était obligée de se caresser et de se doigter régulièrement pour se contenter. Penser qu'au 20ème siècle il y a encore des gens qui en sont là ! En plus, après le sexe, Père et mère vont se laver. Moi je m'en fous mais je trouve ça mieux de tout laisser sécher et de s'endormir là-dessus (…). Enfin, à chacun ses habitudes, hein ? (…) Mère râle après moi parce que je ne me trouve pas beau. (…) Pour l'instant en tout cas je n'ai pas la moindre envie d'être beau. »
« D'ici cinquante ans, l'Envoyé de 1999 aura peut-être annihilé la civilisation : qui sait si la télé existera encore ? (…) Ça ne m'intéresse plus de grandir. Mon esprit a déjà atteint son évolution maximum et je me fiche de mon corps. Tu penses que je devrais voir un psy ? En tout cas je ne pense pas que cela soit utile. »
« Père et Mère sont absents ce soir. (…) Je leur ai laissé un mot : Je ne vous ai pas attendu, non pas parce que j'avais sommeil mais parce que le sommeil est préférable à l'ennui, ennui qui amène finalement la déprime. Demain, je commence à 8 heures, comme d'habitude. Ne me souhaitez pas mon anniversaire demain matin : vu les circonstances ce serait ironiser avec ma vie et mes problèmes et c'est un droit que je me réserve. Bonne nuit. »
« Avant-hier soir, dans Nulle Part Ailleurs (sur Canal +), l'invité était un surdoué et hier matin, ceux de ma classe m'ont dit que j'étais aussi intelligent que lui. Je l'ai nié car bien que possédant un Q.I. très supérieur à la moyenne, je n'ai sûrement pas celui du gars de la télé (…) Penser que ça fait plus d'un an que C., T. et R. sont venus chez moi pour mes 16 ans, qu'on est allé au magasin de farces et attrapes et qu'on a aspergé M. de boules puantes. (…) Je suis déprimé à mort et Mère le déplore. Je suis dans le même état que l'année dernière pendant ma dépression nerveuse. »
« Je suis plus déprimé que depuis longtemps. Mère râle pour ça, pourtant je ne vois pas de quoi elle se plaint : je suis morne, silencieux (…) et pourtant elle râle de me voir triste, je ne comprendrai jamais ces humains ! »
« Pour ce qui est de Mme. A., je ne sais pas trop quand je la reverrai. Mère cherche un moyen mais l'époux ne va surement pas nous faciliter la tâche. »
« Je me sens si supérieur, si divin. Je suis un dieu vivant, je suis différent des mortels qui m'entourent, je suis sensitif, d'une intelligence hautement supérieure, j'ai le savoir de tous les secrets, contrairement à vous les humains je ne suis pas né par hasard. (…) Et si j'étais fou ? (…) Mais si c'était le cas, aurais-je des doutes ? Ne serais-je pas aveuglé par ma démence ? »
« Je suis fatigué ce soir. J'ai dormi avec Pyrame hier soir. »
« Pourquoi crois-tu que je dors avec Pyrame chaque nuit ? (…) Il n'y a qu'auprès des animaux que je peux encore trouver cet amour qui me fait tant défaut. »
« Mon amitié avec N. est menacée. (…) J'ai oublié chez lui la cassette no. 35. (…) N. l'a perdue ! Je lui ai dit que s'il ne l'avait pas retrouvée d'ici lundi, je ne voulais plus entendre parler de lui. Il a tenté de me dissuader mais rien à faire : la no. 35 est sacrée ! (…) Je me soulerais bien la gueule avec un peu de lait, en fait. Mais Père va encore me tomber dessus. Alors je vais rester assis sur cette chaise et attendre... attendre... attendre... »
« N. n'aurait toujours pas trouvé la no. 35. »
« Mais maintenant je suis seul. Personne à qui me confier. Seul, exilé. (…) Et N. qui n'a toujours pas retrouvé la #35 ! Je sais ce qui m'horrifie ici : c'est ce vide, cette fatalité. Je sais toujours ce que sera demain. (…) Mon monde est sans substance, il me semble que je vais éclater. (…) Je me vois pris entre les quatre murs de ce cagibi qui me sert de chambre, je me vois incapable de quoi que ce soit (…) Il m'est impossible de faire quoi que ce soit d'important. (…) Et demain il va falloir retourner dans cet affreux lycée. (…) Peut-être que je ne vais pas me coucher et passer ma septième nuit blanche, on verra. »
« Avant tout il faut que je te raconte le truc dément qui m'est arrivé ce matin. Quand je suis sorti du cours d'espagnol j'ai vu un slip sale au pied de ma table, autant te dire que j'étais plutôt déconcerté. Et puis j'ai compris : ce matin, en changeant de slip, le sale a du s'accrocher au cartable d'un élève, de sorte qu'il a traversé toute la ville avec un slip sale dans le dos, et arrivé au cours, le slip sera tombé au sol. C'est la seule explication que j'aie pu trouver à la présence d'un slip au pied de ma table. (…) Il n'est pas très courant de voir des slips sales dans des salles de classe. »
« La prof de sport m'a dit que j'étais bizarre. (…) C'est noël dans une semaine, n'est-ce pas sublime ? »
« J'ai ENFIN acheté son âme à S. Cette petite fantaisie m'aura quand même coûté 350 francs mais bon... (…) C'est un vieux rêve que j'ai depuis des années et je suis très satisfait de l'avoir fait, malgré ces 350F »
« Le surveillant général, Monsieur L., m'a convoqué dans son bureau pour me demander si je ne faisais pas des achats au lycée. J'ai tout de suite compris qu'il s'agissait des âmes mais j'ai nié jusqu'au bout. J'appris plus tard que les parents de P. avaient rendu les 50 francs à Monsieur L. A la récré, F. fut convoquée à son tour mais nia avoir vendu la sienne et fut crue. Je fus moi-même re-convoqué et je crachais le morceau (sauf pour F.) (…) Il étudia alors avec moi le côté philosophique de la chose et nous tombâmes d'accord sur certains points. Ce sur quoi il me fit signer un papier affirmant l'annulation de l'affaire. Vendredi, je récupérerai mes 50 francs et délivrerai le contrat que P. m'a signé en échange. L'affaire est donc close. »
« Et en plus Mère et Père n'arrêtent pas de faire chier, de me miner... Merde, à la fin !!! Comme si je n'étais pas assez mal comme ça, il faut qu'ils en rajoutent ! Quand je pense qu'il y a un an nous étions un mercredi ! »
« Combien de fois n'ai-je pas aimé des mortes ? Qui sera tombé sous le charme de M.A., matricide qui se suicida dans sa cellule en 89 ? »
« On ne devrait pas dire « faire l'amour », c'est un terme tellement erroné. On ne fais pas l'amour en s'accouplant. On fait du plaisir et des gosses. »
« Ce soir, Mère m'a enfin dit ce qu'elle avait après moi : elle me reproche de ne pas lui proposer mon aide pour la vaisselle et les conneries comme ça. Elle croyait que j'y pensais mais que je m'en foutais. Pas du tout, l'idée ne m'effleurait même pas ! Maintenant je lui proposerai ce qu'elle voudra et comme ça j'aurai la paix. Elle m'a aussi dit que j'étais invivable, que tout autre qu'elle ne m'aurait pas supporté si longtemps. Ça pourrait paraître bouleversant, ennuyeux. Pour moi ça ne l'est pas. (…) Il n'y a qu'une chose qui m'a un peu fait mal : elle et Père m'avaient déjà dit qu'ils déploraient que je me tire à la fin des repas. Moi, je croyais que c'était parce qu'ils avaient envie de me voir, de me parler, que j'avais un quelconque intérêt pour eux. Mais NON ! De moi ils n'en ont rien à foutre, s'ils voulaient que je reste c'était pour les aider à ranger la table. Ils me l'ont dit noir sur blanc !!! Ça c'est quand même dur à avaler. Enfin, j'ai l'habitude... »
« En biologie, on a appris qu'un bonhomme contient cinq à six litres de sang. Donc avec un mec on pourrait faire une vingtaine de cannettes de sang de 25 centilitres. Et, le lycée contenant environ 965 élèves, on pourrait obtenir 19 300 cannettes de sang. Bonjour le commerce : $$. »
« Je pense sérieusement au pouvoir divin. Peut-être qu'avec le Nécronomicon ??? »
« Père, Mère et Sœur me semblent de plus en plus tarés. Normal. »
« J'en suis réduit à dormir avec le chien pour combler un peu ce vide qui m'entoure. »
« A part ça, on a eu droit à une piqûre au lycée. Je ne crains pas les piqûres. Qu'est-ce qu'une piqûre pour quelqu'un qui a l'habitude de se trancher les veines ?! »
« J'ai balancé mon carnet d'adresses dans la gueule de Père, ce après quoi je me suis senti soulagé, très bien en tout cas. »
« Alors voyons... Pour commencer j'ai découvert que toutes les autres filles de ma classe étaient néo-nazies. Cela s'accorde avec mes prévisions : ma génération élèvera des enfants de la génération de l'Envoyé de 1999. D'ici 2030 à 2050 la Troisième Guerre Mondiale sera déclarée. »
« Une bonne nouvelle tout de même : Père a réservé pour les vacances mais je n'aurai PAS de baignoire, (…) je ne pourrai même pas profiter des vacances pour me trancher les veines. Pas très pratique, tout ça. (…) Je vais essayer de baratiner Père pour avoir une baignoire, quitte à lui rembourser la différence. Tu imagines ? Pas de baignoire, pas de douche, pas de WC, pas de frigo, pas de lavabo ou d'évier : RIEN !!! Bonjour les conditions d'hygiènes. Il n'est pas dit que j'accepterai de passer quinze jours dans des conditions pareilles ! A la limite il y a de quoi me gâcher mes vacances. Je suis outragé et je me battrai pour mon confort ! Mais laissons là ces sentiments de colère et d'indignation et voyons ce que je puis te dire d'autre, c'est à dire pas grand chose, en fait. »
« D'abord, une nouvelle plus qu'inattendue : on serait invité chez les A. dimanche ! Ce serait donc enfin cette occasion tant attendue de revoir Mme. A. (…) Si je la revois car Père m'a dit : « si tu viens, c'est SANS tes lunettes noires ! » (…) Il s'agit de mon seul moyen de me protéger du regard des autres ! Bien sûr, ce n'est pas maintenant que Père va commencer à me donner des ordres mais ce serait m'abaisser que de le quereller pour si faible cause. J'ai peur (…) que l'époux n'ai monté la tête de Mme. A. contre moi. Après tout, il est son mari, et je ne suis que le fils de leur huissier : les forces en présences ne sont guère équitables. »
« Par ailleurs, Mère ne tourne pas au vibro (Père a fini par cracher le morceau). C'est (je cite) un doigt devant, un doigt derrière, la langue en renfort et tout ça en même temps. C'est la seule façon de la faire jouir. Mais ce qu'elle préfère c'est la masturbation qu'elle pratique toujours assidument. »
« Logiquement, je ne verrai pas Mme. A. dimanche, c'est dommage. »
« Un chien hurle au loin. J'aimerais bien le tuer. »
« Les jeux sont faits et les dés jetés. Mais le voile me cache encore les résultats. Qu'importe le temps. Un jour Je SAURAI, c'est inévitable et inéluctable. Il me faut la réponse. Il me la faut maintenant ! Mais comment pourrais-je jamais connaître la réponse si j'ignore la question ? Il me la faudrait tout d'abord si je veux pouvoir trouver la réponse. Mais je ne peux me permettre de chercher la question. Trop peu de temps. Pas de temps. Alors je cherche directement la réponse. Et qu'importe la question. L'aurai-je jamais avant que son intérêt ne s'efface ? L'aurai-je jamais ? »
« Demain encore mes lunettes noires me protègeront du Mal. Et demain encore je serai invulnérable. »
29.3.09
Invisible, intangible
comme une vague allusion au temps
gesticulations masturbatoires en bas-lieux
hautes luttes, vénales & enlacées
ce qui est dans la terre
recherché dans la chair
ce qui est dans le ciel
renié jusqu'au néant (intellect)
agression sur agression
atrocités relativisées
« exister » vendu comme un acte (en pack - light)
de vandalisme cannibal (légal)
école, voiture, fêtes et pointage
« construis-toi une armure, petit,
ce qui est solide est de taille »
autant d'armures, autant de failles
blindages virils toujours percés
blabla légal, foi dégradée
pendant ce temps, dans l'herbe verte
l'agneau appuie sur la touche pause
invisible, intangible
comme un papillon darwiniste
le prédateur doit voir sa proie
tu me vois pas, tu m’attaques pas
invisible, intangible
ce qui traverse ne blesse pas
tu me touches pas, t'existes pas
cet asile de fous terrestre, agonie & terreur
festin humain servi à toute heure
l'éducation transformée en blague pédophile
de fin de soirée (alcoolisée)
il faut il faut il faut il faut (il faut !)
les cris les blâmes les incendies
les putes sont toujours consentantes
ancres consommables, repères éphémères
l'agneau mâche & puis vous délaisse
à vos serments de haine sur le coran (la bible...)
vos djihads sont un fond de commerce
la seule guerre sainte est dans le verbe (ooooh... mon djihad !)
autant, au fond, raser les murs
répondre aux cris par le murmure
la calomnie me poursuivra
cacas nerveux, artistrucs undergounds (point qui se moque & point zéro)
l’excitation se gonfle d'elle-même
mon érection se passe de carapace & t'enlace (mmh... croquette !)
gazeux comme l’air, libre sans en avoir l'air
& leurs flèches qui se plantent dans la terre
invisible, intangible
comme un papillon darwiniste
le prédateur doit voir sa proie
tu me vois pas, tu m’attaques pas
invisible, intangible
ce qui traverse ne blesse pas
tu me touches pas, t'existes pas
dominations inutiles
rébellions fascistes & fictives
vomi au menu ce soir (télécharge ta révolution)
ces dents de lion qui font sourire
invisible, intangible
comme un papillon darwiniste
le prédateur doit voir sa proie
tu me vois pas, tu m’attaques pas
invisible, intangible
ce qui traverse ne blesse pas
tu me touches pas, t'existes pas
zoé l’avait pourtant dit :
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
il vaudrait mieux grimper dans l’arche de zoé ! (vas-y zoé, danse !)
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
(télécharge ta révolution, babapunk !)
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
(ce temps que tu ne comprends pas, tu crois qu'il passe !)
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
(j'ai l'éternité devant moi, baby !)
« seul celui qui ne se protège pas est fort »
(l'éternité pour t'apprendre à danser...)
28.3.09
La stupidité n'a pas de limites !
La première mission « test » fut effectuée à l'ambassade d'URSS de Washington. Le chat fut lâché à proximité et presque immédiatement écrasé par un taxi. A la suite de cela, l'opération tout entière fut considérée comme un échec et interrompue.
Ainsi donc, à l'initiative de cadres de l'administration américaine et de scientifiques de haut niveau, des dizaines (sinon des centaines) de chats furent torturés ou sont morts de faim (faute d'avoir l'impulsion de se nourrir), et une somme qui aurait pu servir à nourrir des milliers d'êtres humains fut dépensée, pour une opération d'espionnage qui fut enterrée après qu'un taxi ait écrasé un chat.
Et c'est ce genre de personnes qui nous gouverne encore aujourd'hui... Et on me demande pourquoi je ne vote pas...
18.3.09
Etrange
Alan Moore, Watchmen.
« Tu m'as rencontré à un moment très étrange de mon existence... »
Jim Uhls & David Fincher, Fight Club.
Wèch...
17.3.09
Cendres
par un dernier vent chaud d'été
empathie aveuglée par
les chemins tout tracés
cendres spectrales
plus rien de cela ne subsiste
dans la jarre des idéaux
liquéfiés
cartographie des conséquences
dévoilée sous le manteau noir
des larmes de sable, asséchées
depuis longtemps
nuits interminables à peser
des sacs de temps percés
du temps qui s'écoule en fines particules
de négation
occasions loupées
de bâtir des foyers
possibles reniés en silence
réveil matin
délicieuses réminiscences
de petits doux mots échangés
vaines réminiscences
sans avenir technique
primitifs échos dans le puzzle
des probabilités
ce qui est écrit ne s'efface
que dans l'orage des voix
voix intérieure lucide
sagesse du renoncement
arabesques délitées en chœurs
la mélodie reste surprise
le moment d'une danse une fois consumé
il faut bien s'accorder l'avenir
il faut bien
un peu de liberté dans les boucles
si jamais ce je implacable
si jamais ce nous parfait
peut-être est-ce un tempo
sans doute est-ce un manqué
mais ce qui s'impose
est sage
ce qui endeuille un temps
apaise à terme
cendres de « pourquoi ? » esquissés
par les marionnettes de shiva
que nous sommes
demain : sourire
16.3.09
Watchmen
Le génie de Snyder a justement été, alors que la bande dessinée d'Alan Moore et Dave Gibbons (elle même un chef d'œuvre) était réputée inadaptable, de la respecter à la lettre. Par conséquent, le film parvient à retranscrire parfaitement l'ambiance pessimiste, désespérée, du récit. Pratiquement pas une scène du film n'a été ajoutée ou modifiée par rapport à la BD et, malgré les inévitables ellipses, la copie est à la hauteur de l'original. Mieux encore, en conservant la modification apportée au dénouement par le scénariste David Hayter, Snyder est parvenu à améliorer la construction dramatique de Moore. Je ne peux pas entrer dans les détails sans gâcher le film à ceux qui ne l'ont pas vu, mais la fin « modifiée » supprime un élément perturbateur et renforce la cohérence du tout ! La boucle est alors parfaitement bouclée. L'une des qualités majeures de la BD était par ailleurs de mêler des évènements d'échelle planétaire à d'autres d'une intimité bouleversante, montrer rien moins que la fin du monde (la fin d'un monde, en tout cas) à travers les émotions les plus profondes de ceux qui sont à la fois architectes et témoins du désastre. Tout cela est restitué avec brio.
Snyder avait déjà toute ma confiance. Son premier film, L'armée des mort (un remake du Zombie de George Romero) était réussi grâce au parti pris inverse de celui Watchmen : en n'essayant pas d'imiter l'original et en remplaçant sa noirceur inouïe par une esthétique cinématographique irréprochable (toute la première scène du film est notamment, en terme de montage, une merveille). Son deuxième film, 300, adapté de la BD de Frank Miller n'était pas, quoi qu'on en ait dit, un film de bourrin avec de jolies images, mais l'expression juste d'une certaine vision de l'héroïsme guerrier, élevé en valeur suprême (vision qui était celle des Spartiates, personnages du film, et pas forcément celle du réalisateur), auquel s'ajoutait en effet une recherche visuelle ébouriffante.
Avec Watchmen, Snyder adapte donc l'inadaptable sans le trahir, reconstitue avec malice l'esthétique des années 80 (l'action se déroule en 1985) et adopte avec sagesse un montage plus classique que dans ses films précédents (entrecoupé tout de même de plusieurs moments de bravoure), mais parvient à réaliser un long métrage d'une modernité étonnante. Et surtout, il refuse de faire d'un roman philosophique et politique un vulgaire film de super-héros pour adolescents. Après deux films réussis mais cantonnés aux limites du film de genre, Snyder s'impose à présent comme l'un des cinéastes les plus brillants de sa génération.
En 2h42, Watchmen nous entraine dans une intrigue vertigineuse, vécue par des personnages ambivalents, eux-même vertigineux (et je ne parle pas là que du Dr. Manhattan), trouve l'équilibre parfait entre action et psychologie (la chose est rare), entre les genres qui s'entrecroisent sans s'affronter (biographie romancée, politique-fiction, science fiction, super-héros, policier, espionnage, un brin de romance et un autre d'humour noir) de manière à offrir un film, dense, complexe, esthétiquement irréprochable et finalement très, très poétique... (Et le director's cut du DVD va durer au moins 3h10... Yeah !!!)
Je l'ai vu pour la seconde fois ce soir. J'en suis ressorti plus bouleversé encore que la première fois. J'y retournerai avant la fin de la semaine.
PS : Je vous conseille vivement, si vous en avez le temps, de lire la bande dessinée avant de voir le film. Cette lecture préalable enrichira beaucoup votre perception du film.
15.3.09
Beatnicks
Après que la presse ait oublié ces événements néfastes, un groupe de jeunes beatniks alcooliques se retrouve dans un appartement. Ils sont cinq. Il y a Alphonse, qui rit quand ses sourcils se froncent ; Dracula, qui approuve ; Elkador Endomorphine, qui parle de films zoophiles ; L'Ange, qui médite sur un sujet inconnu ; et Alexandre Cépagrave, qui n'est pas là mais c'est pas grave. Tout ce beau monde discute d'autres et de choses.
- J'suis dégoutté, la serveuse trop trop bonne de l'autre jour n'était pas au Chantecler ce soir !
- Mais c'est pas grave ! Il y a l'autre qui est très bien aussi.
- Ça n'a rien à voir ! Écoute : d'abord celle-ci n'est qu'un clone d'Agnès ! En plus, si tu observes bien, personne d'autre que toi ne m'écoute, ce qui prouve que personne ne m'aime !
- Attention, Elkador, tu as un bout de sucre, là.
- Où ?
- Là, sur le tapis.
- Ah, merci.
- Bon, je reprends. Donc, au vu du fait que personne ne m'aime, sauf toi, veux-tu m'épouser ?
- On n'est pas obligé d'en passer par là. D'ailleurs, c'est traître ta réflexion. Qu'est-ce que ça changerait que cette serveuse soit là ?
- Je pourrais la regarder. Écoute : est-ce que ça t'arrive de lire en travers, en ayant une idée intuitive de quelques mots, puis en comprenant la globalité de l'action ?
- Euh... Non.
- Moi non plus.
Gros blanc dans la conversation.
- Donc, il n'y a rien de traître dans mon discours.
- Ah...
- Mais si ! Ecoute : la moto rouge est plus rapide que la moto bleue, on est bien d'accord. Or cela démontre bien que : petit A personne ne m'aime ; GRAND b je peux très bien avoir un grand plaisir à regarder la serveuse sans avoir envie de la toucher. Tu vois ta mère ?
- Oui.
- Et ben voilà !
- N'empêche que tu réduis tout ça à une vulgaire course de voitures !
- Ça n'a rien à voir ! Je te parle de religion et tu me parles de courses de voitures !
- Mais au fond ça n'est qu'une histoire de vitesse, ton histoire de motos.
- Non, c'est un fait : la moto rouge est plus rapide que la moto bleue, et...
- Oui mais non. Elle n'est pas plus rapide !
- Si puisqu'elle la double, c'est bien qu'elle roule plus vite.
- Dans un premier temps, mais après elle roule à la même vitesse. Tout ça n'est guère qu'une histoire de course.
- Pas du tout ! La moto bleue a quand même tué neuf mille neuf cent quatre vingt dix neuf prêtres, ça n'est pas négligeable. Ce n'est pas comme si c'était la moto verte. Là ça ne serait qu'une histoire de vitesse.
- De toutes façons, la moto rouge pourrait changer de route, ce serait du pareil au même.
- Vraiment ?
- Oui.
- Bon.
- ...
- Ben on y va, alors.
- Oui.
Et ils rentrent chez eux.
(Texte écrit au printemps 1997. Je fumais beaucoup à l'époque ^^)
13.3.09
Le top-tendance du spam, automne-hiver 2008-2009 !
En 2008, c'était le viagra et le cialis. Des mégatonnes de viagra et de cialis se sont abattues sur ma boite mail au point que je me demande comment je n'en suis pas devenu totalement et définitivement impuissant !!!
Depuis janvier, la tendance est maintenant aux meufs qui font des trucs avec des animaux. Le viagra et le cialis ont presque totalement disparus, au profit de sites mettant en scènes des filles en pleins ébats avec des chiens, des chevaux, des zèbres et éventuellement des girafes (si, si, je vous jure !) Et d'ailleurs, contrairement à ce qu'on pourrait penser, les chevaux ont beaucoup plus la côte que les chiens (une bonne demi-douzaine de chevaux par jour, contre un ou deux chiens seulement).
Comme, crise économique oblige, je pressens une tendance gérontophile (voire scatophile) pour la fin de l'année, je suis doucement en train de migrer vers une autre adresse email parce que bon, voilà quoi...
10.3.09
... (22)
les orages périmés du moi
la compassion s'empare de tout
emplit le sommeil de nounours
naïfs
5.3.09
A tous ceux qui écoutent du metal...
La solution ici ! ;-b
(Allume le son de ton ordi, clique sur le lien & épate tes oreilles !)
3.3.09
... (21)
chaleurs éternelles
dans le sein des cocons passés
recroiser les effluves parfois
émerveille
24.2.09
... (20)
bercé par l'insondable boucle
tampura qui s'étire à l'infini
il n'est de paix que celle qui naît
dans l'alap
21.2.09
Sans déconner ?!
Putain, merde, c'est lourd !!!
20.2.09
Cassandre
CASSANDRE
Cassandre est une petite fille pas vraiment gâtée par la vie…
Parce qu’elle sait des choses que les autres ne savent pas. Parce qu’elle « sent » des choses que les autres ne « sentent » pas.
Ses parents sont des gens très occupés et très attachés aux choses matérielles. Ils n’écoutent jamais leur fille.
Comme ils gagnent beaucoup d’argent, ils ont voulu acheter une grande maison pour impressionner leurs amis.
Cassandre leur a bien dit que cette maison était mauvaise. Mais comme ils la trouvaient jolie, ses parents s’y sont installés quand même…
Depuis, ils n’arrivent pas à dormir, et la mère de Cassandre a toujours mal à la tête. Mais ils ne comprennent pas que c’est à cause de la maison.
Lorsqu’ils invitent des amis à dîner, Cassandre est toujours très mal à l’aise.
Mais lorsqu’elle tente de leur expliquer que leurs amis sont des gens pas très clairs, ils ricanent en disant qu’elle ne sait pas ce qu’elle raconte.
Parfois, ils apprennent que leurs « amis » disent du mal d’eux dans leur dos, mais ils font semblant de ne rien savoir. Et ils continuent d’inviter ces gens.
En fait, la seule personne qui comprenne Cassandre dans cette famille, c’est le chat Socrate. Et Cassandre est la seule à comprendre que Socrate n’est pas qu’un objet animé, mais un être vivant comme nous.
A l’école, ce n’est pas beaucoup mieux. Mademoiselle Top, la maîtresse, déteste Cassandre alors que celle-ci travaille bien.
La vraie raison, c’est que Cassandre est plus intelligente que Mlle. Top. Mlle. Top le sait, et elle ne peut pas supporter qu’un enfant comprenne mieux les choses qu’elle.
Quant aux autres enfants, ils passent leur temps être ce qu’on leur a dit qu’ils devaient être : les filles sautent à la corde, les garçons jouent au foot. Cassandre ne comprend pas pourquoi une fille ne pourrait pas jouer au foot ou un garçon sauter à la corde.
Et puis, Cassandre se pose beaucoup de questions sur la nature humaine et la manière dont les choses arrivent, sujets qui intéressent guère les autres enfants. Tout ça ne lui attire pas beaucoup d’amis.
Finalement, Cassandre se sent seule au monde. Bien sûr il y a Socrate, mais Socrate ne peut pas non plus comprendre tout ce que lui dit Cassandre.
Elle aimerait bien pouvoir expliquer à quelqu’un que quand elle voit les gens, elle sait tout de suite qui ils sont vraiment derrière les apparences.
Elle aimerait bien pouvoir expliquer aux gens méchants qu’ils sont méchants parce qu’ils ont peur des autres, ou parce qu’ils ne s’aiment pas assez eux-même.
Elle aimerait bien pouvoir expliquer aux gens que des fois, elle sait que les choses vont arriver avant qu’elles n’arrivent.
Mais comme à chaque fois qu’elle a essayé, on s’est moqué d’elle ou on l’a grondée, elle ne parle plus de tout ça qu’à Socrate, qui ne peut répondre que par son tendre amour de chat.
Cassandre est donc une petite fille très seule, et très incomprise. C’est dur de ne pas être comme les autres.
Un jour, un nouveau petit garçon arrive dans la classe de Cassandre. Un petit garçon tout rond et timide. Il s’appelle Ben.
Des rumeurs courent dans toute la ville, et les parents de Cassandre lui disent qu’il ne faut pas parler à ce garçon : il aurait été renvoyé de son école parce qu’il avait dit à sa maîtresse qu’elle allait avoir un accident grave.
Ce qui a fait courir la rumeur, c’est que la maîtresse a en effet eu un terrible accident de voiture quelques jours après. Mais le garçon avait déjà été renvoyé.
Evidemment, tout ça intrigue beaucoup Cassandre, et elle se met à observer Ben sans en avoir l’air.
Le pauvre Ben n’a pas beaucoup plus de chance qu’elle : les autres enfants se moquent de lui à cause de son poids, et Mlle. Top l’aime encore moins que Cassandre. Officiellement, c’est parce qu’il a du mal avec les maths.
Mais Cassandre sent bien que c’est parce que Ben fait peur à Mlle. Top, à cause de ce qui s’est passé avec son autre maîtresse.
Cassandre aimerait bien parler à Ben. Mais il est bien taciturne, Ben, et ça impressionne un peu Cassandre. Et puis il y a autre chose qui la trouble : elle n’arrive pas à lire en lui comme dans les autres gens.
Un jour qu’elle rentre de l’école, c’est finalement Ben qui vient lui parler sur le trottoir.
« Tu es comme moi », dit-il.
« Je sais pas, pourquoi tu demandes ça ? » répond Cassandre.
« Je ne te posais pas une question. Tu ES comme moi. »
« Et c’est quoi, comme toi ? »
Ils vont s’asseoir dans un parc, et Ben parle longtemps à Cassandre. Il lui explique que comme elle il « sait » ce que ressentent et sont les gens, et les choses qui vont arriver, et aussi les endroits… Cassandre est ébahie.
Ben parle et parle et raconte toute son histoire à Cassandre qui reconnaît la sienne : le rejet des autres qui tantôt se moquent tantôt ont peur, le sentiment de solitude. Mais la nuit est tombée et Cassandre doit vraiment rentrer.
Une fois à la maison, elle se fait gronder, parce qu’elle est rentrée tard et que ses parents n’avaient pas de temps à perdre à s’inquiéter pour elle !
A partir de ce jour-là, Cassandre et Ben passent leurs récréations à discuter. Cassandre a un peu peur que Mlle. Top n’en parle à ses parents, mais celle-ci se sent comme débarrassée de ces deux-là depuis qu’ils s’occupent l’un l’autre, alors elle ne s’intéresse plus à eux.
Un jour, Cassandre et Ben décident qu’ils en ont assez de vivre au milieu des railleries et de la dureté des autres, que ce soit chez eux ou à l’école. Alors ils montent un grand projet : ils vont partir et faire le tour du monde, tous les deux. Enfin tous les trois : car ils emmènent Socrate.
Un matin, ils remplissent leurs cartables de nourriture et de vêtements de rechange et, au lieu d’aller à l’école, ils quittent la ville. Quand arrive le soir, ils se disent qu’il va falloir trouver un endroit où dormir, et ils vont se cacher dans une étable.
Mais une vieille dame qui habite la ferme à coté les voit y entrer, et va leur parler. Ils ont d’abord peur de la femme, mais son rire attendri finit par les rassurer. Alors ils acceptent de venir dîner avec elle.
La dame les écoute attentivement raconter leur histoire, et tout du long elle ne cesse de rire gentiment. Lorsque Cassandre finit par lui demander pourquoi, la dame lui répond qu’elle rit parce qu’elle a vécu tout ce qu’ils vivent, quand elle était petite.
Ben et Cassandre sont un peu sceptiques au début, mais la femme leur demande de décrire qui elle est au-delà des apparences. Ben et Cassandre se regardent, et s’aperçoivent qu’ils n’y arrivent pas : la vieille dame est comme eux.
Finalement, la vieille dame leur explique qu’ils ne sont pas différents sans raison : « Il est dur d’être un enfant quand on est comme vous et moi, dit-elle, parce que les adultes ne s’intéressent pas à ce que pensent les enfants. Mais lorsque vous serez plus grands, vous prendrez votre destin en main. »
« Ce jour-là, vous vous rendrez compte que les gens viendront tout le temps vous demander des conseils, et que vous pourrez contribuer à faire du monde un endroit un peu moins cruel, en aidant les autres à écouter leur voix intérieure. Ce qui fait qu’on vous rejette pour le moment fera qu’on vous aimera demain. »
Puis la vieille dame leur raconte son histoire à elle. Comment son don lui a permis non seulement d’aider les autres et d’être aimée d’eux, mais aussi de s’éviter tout un tas d’ennuis en repérant tout de suite les gens qui lui voulaient du mal. Ou en suivant des intuitions, qui la conduisaient à d’agréables surprises.
« Fiez-vous toujours à vos intuitions et à vos perceptions, conclut la vieille dame. Un jour, vous remercierez la vie d’être ce que vous êtes. Et un jour sans doute, le moment viendra pour vous de faire le tour du monde. Mais pour le moment vous devez vivre vos vies d’enfants et retourner chez vous. »
Confiants, Cassandre et Ben laissèrent la femme téléphoner à leurs parents pour qu’ils viennent les chercher.
Bien sûr ils se firent tous deux beaucoup gronder. Quand on leur demanda pourquoi ils avaient fugué, ils dirent que c’était parce qu’on ne les écoutait jamais. Bien sûr, on ne les écouta pas, et ils furent punis.
Mais le lendemain, à l’école, ils se regardèrent d’un air complice : tous deux savaient à présent qu’il leur fallait être patients, mais que la vie leur sourirait un jour. C’est ça qui est dur quand on est petit et que tout ne va pas comme on voudrait : on croit que les choses ne changeront jamais. Mais comme Ben et Cassandre l’ont compris, la vie est longue, et vient un jour où l’on est maître de son destin. Alors, les choses peuvent changer, et la vie peut devenir douce.
Cassandre et Ben ne souffrent plus des moqueries des autres, ni de l’indifférence des adultes. Ils ont leur amitié pour les aider à patienter. Et la vie devant eux.
Quant à Socrate… il a fait un beau voyage à la campagne !
18.2.09
Dogme
Michel Benoît, Bienvenue en Inde - une escale en enfer.
13.2.09
Les femmes viennent de vénus...
LUI : Est-ce que je te fais chier avec ta culotte de cheval ?
ELLE : Ah non mais ça n'a rien à voir ! Je suis une femme et une femme ça a des formes !
(Vécu avec deux femmes différentes, qui ne s'étaient pas concertées, comme quoi la mauvaise foi féminine est un don universel, lol !)
12.2.09
Bienvenue chez les Ch'tis...
Ce clip, et la chanson qui va avec, donnent pourtant des Ch'tis une image autrement plus dégradante que toutes les accusations de chômage, consanguinité, pédophilie et alcoolisme réunies !!!
9.2.09
Angoulême et Bret Easton Ellis
L'expérience du festival, toute épuisante qu'elle soit, reste pour moi un agréable rendez-vous annuel dans le petit monde de la bande dessinée. Pendant quelques jours, Angoulême est un peu hors du monde, comme (oserai-je l'écrire ?) dans une bulle. Un peu mondain, un peu festif, toujours riche en belles rencontres humaines : je le kiffe bien, ce festoche !
Retour content, donc, mais dans la hâte de voir les choses se concrétiser. Je réalise à présent que depuis la fin de la rédaction de Tabloïde il y a bientôt trois ans, je consacre mes forces presque exclusivement à la bande dessinée. Trois années à élaborer des synopsis, à en discuter avec des dessinateurs et des éditeurs, à penser et repenser des concepts, écrire et réécrire des planches... Je me rends compte aujourd'hui que je fatigue et ce qui me fatigue n'est pas ce que l'on pourrait penser. Les refus d'éditeurs, l'argent investi sans retour, le fait de n'être pas publié, tout ça n'est que très secondaire. Ce qui commence à être épuisant, c'est de ne jamais pouvoir terminer mes histoires.
Tout le monde ne le sait pas, mais il est rarissime d'écrire un scénario dans son intégralité avant de le soumettre aux éditeurs. On travaille d'abord à un synopsis détaillé (la tâche la plus difficile, en réalité), on écrit les premières planches (des fois davantage, certes) et au bout de quelques semaines, parfois quelques mois, on obtient un dossier présentable. Si donc le squelette dramatique de chaque histoire, ses personnages, sa « couleur », sont tout trouvés, l'histoire en elle même reste embryonnaire. Et quand bien même le scénario est-il écrit dans sa globalité, il n'a pas tout à fait terminé de se raconter tant qu'il n'a pas été intégralement mis en images, chose qui ne peut advenir sans un dessinateur rémunéré, donc sans le soutien d'un éditeur.
Ainsi donc, depuis des années, et exclusivement depuis trois ans, je construis des histoires mais je ne les raconte pas vraiment. J'aurais peut-être pu consacrer ces milliers d'heures à autre chose, à l'écriture de romans et de nouvelles que j'aurais pu concevoir sans contrainte et mettre en ligne une fois achevés. L'envie de terminer mes histoires me mordille à présent les tripes, c'est juste un besoin irrationnel, quelque chose qui doit être fait. Car chaque histoire que j'abandonne en cours de route est une orpheline qui me reproche son abandon. Certaines, certes, ne méritent pas d'être terminées, c'est l'inévitable loi de l'écriture. Mais d'autres, plusieurs autres, exigent de moi que je les mène à terme, d'une manière ou d'une autre. C'est pour cela qu'il serait temps que la BD marche pour moi, pour faire taire les cris insatisfaits de ces récits inachevés.
Chaque festival d'Angoulême est aussi l'occasion de dévorer deux romans : un à l'aller et un au retour (puisqu'il faut sept heures de train pour faire Lyon-Angoulême.) L'an dernier, je découvrais Bret Easton Ellis avec Glamorama, un chef d'œuvre déjanté, une littérature sous amphétamines qui s'obstine à déconstruire toutes les règles de la dramaturgie pour entraîner le lecteur dans un récit toujours plus flou, où la fiction et la réalité se perdent en miroirs répétitifs, le tout à travers une satire impitoyable de la jet-set.
Cette année, j'ai dévoré dans le train le dernier ouvrage d'Ellis : Lunar park, le roman le plus captivant que j'aie lu depuis bien longtemps ! Bret Easton Ellis continue sa plongée dans un trouble identitaire et cognitif. Son univers n'est pas si éloigné de celui de David Lynch en ce sens que le réel n'a plus de prise sur le rêve. Comme chez Lynch, le « je pense donc je suis » de Descartes est anéanti : vous pourriez tout aussi bien vous réveiller demain et être quelqu'un d'autre.
Fausse autofiction, Lunar park nous présente un Bret Easton Ellis imaginaire, semblable à ses personnages antérieurs (à l'exception peut-être de Patrick Bateman) : un toxicomane passif qui se laisse porter par les événements sans parvenir à les dompter. Enfin presque, parce que ce roman-là est écrit au passé (une première chez Ellis) et parce que son personnage finit par tenter de maîtriser les situations irréelles qui s'imposent à lui.
Lunar park fait aussi preuve d'une dramaturgie bien plus structurée que d'habitude : l'histoire a un début, un milieu et une fin, avec des enjeux définis. Ce roman se veut un hommage assumé à la littérature fantastique (c'est une histoire de fantôme) et l'auteur a donc adopté un certain nombre de codes littéraires du genre. Un certain nombre seulement, car là ou Lunar Park aurait pu n'être qu'un passionnant thriller horrifique à la Stephen King, Ellis injecte une psychologie, une analyse sociologique, un humour grinçant et une poésie qui font de Lunar park un roman riche, jubilatoire et captivant. Un vrai, grand roman !
A l'aller, c'était Que notre règne arrive, de J.G. Ballard qui, même s'il m'a fait une impression moins forte que Lunar park, reste une lecture agréable et une réflexion des plus audacieuses sur la société de consommation, le populisme et l'influence croissante des hypermarchés sur la vie des familles de banlieues.
Et de vous quitter sur cette délicieuse citation de Lunar park, qui me rappelle tant (trop ?) à ma vie propre :
« Dans un effort désespéré, Jayne a suggéré qu'il y avait école le lendemain pour moi aussi, et que j'emploierais mieux mon temps à travailler plutôt qu'à organiser une fête. Mais Jayne ne comprendrait jamais que la Fête avait été mon lieu de travail. C'était mon marché à terme, mon champ de bataille, c'était là que les amitiés se nouaient, que les amants se rencontraient, que les affaires se faisaient. Les fêtes semblaient informe, mais elles étaient en fait des événements aux dimensions intriquées et hautement chorégraphiés. Dans le monde où je suis devenu adulte, la fête était la surface sur laquelle la vie quotidienne venait s'inscrire. »
Ellis ne se trompe pas, la fête est pour l'écrivain un théâtre du réel fascinant à observer et à décrire, et pour les artistes en général un lieu de travail quasi-inévitable pour se tisser un réseau. Pour le meilleur... ou pour le pire
26.1.09
Homo superior
Les dessins sont de l'artiste argentin German Ponce. Les bulles et le lettrage ont été réalisées avec l'aide de mon ami, le graphiste safran.
Bonne lecture.





24.1.09
Les nymphes cannibales
Le dessin et les couleurs sont de l'artiste argentin Danilo Guida (son site et son blog.)
Pour le moment, je ne vous dis rien de plus sur l'histoire : je vous laisse y entrer par vous-mêmes (il suffit de cliquer sur les pages pour les agrandir.)

23.1.09
Objets de consommation sexuelle
Parce que, les amis, je crois qu’il y a un malentendu…
On m’a parfois reproché des positions quasiment réactionnaires quant à l’évolution des mœurs sexuels en Occident. « Mais enfin, qu’est-ce qui te gène là-dedans ? Au contraire, tous ces plans cul, c’est super assumé, c’est hyper sain. Enfin l’être humain peut se faire plaisir après des siècles d’oppression, tout le monde est consentant, où est le mal ? »
Il n’y a pas de « mal » : mes objections ne se situent pas dans le domaine de la morale. A vingt ans, j’étais comme qui dirait un idéaliste baba-cool : mon idéal sexuel était en effet une société dans laquelle on pourrait tous ensemble faire l’amour, avec légèreté et sensualité, dans une communion à la fois spirituelle et charnelle. Je partage toujours cet idéal avec ceux qui ont été à l’origine de la Révolution Sexuelle des années 60. Malheureusement, comme je l’ai déjà dit, « la Révolution Sexuelle, c’est comme le communisme : sur le papier, ça a l’air génial ; en pratique, c’est une catastrophe ! » J’ajouterai que je nie toute notion de « décadence » : je pense que l’époque que nous vivons, au regard de l’Histoire et dans les pays riches, est probablement l'une des plus clémentes que l’humanité ait jamais connue. Cela veut-il dire qu’elle est parfaite ? Non. Mais soyons clairs, que ce soit au niveau des mœurs, des « valeurs » ou de la sexualité (sans même évoquer le confort matériel), NON, ça n’était pas mieux avant !
Je ne peux tout d’abord que partir des deux paradigmes énoncés par Michel Houellebecq. Quoi que l’on aie pu dire à son propos, je pense que Houellebecq sera un jour reconnu comme un visionnaire : un immense écrivain mais surtout un grand sociologue, peut-être l'un des plus pertinents de notre époque. Libre à vous de ne pas être d’accord mais pour autant, qu’un écrivain à ce point décrié ait paradoxalement un tel succès n’est pas anodin. Et surtout, tout ce que Houellebecq énonçait dès 1994 (parution de Extension du domaine de la lutte), est en train de se produire de façon de plus en plus évidente. Et ça, c’est une réalité objective.
Le premier paradigme de Michel Houellebecq, le plus lucide et le plus décrié, est que la sexualité est un nouveau mode de hiérarchisation sociale. Nous vivons aujourd’hui dans une société qui met le sexe en exergue au delà de toute autre valeur. Il n’y a qu’à allumer la télévision ou regarder les gros titres des magazines (« peut-on être une femme bien sans être une femme chaude ? » en couverture d'un magazine féminin très connu, « gagne ta nuit avec une star du X » dans Max, etc.) pour s’en rendre compte : de nos jours il FAUT baiser ! Tout le temps, tout le monde, de manière performante, de préférence des gens jeunes, beaux et riches. La performance sexuelle (j’entends par là le quantitatif autant que le qualitatif) est devenue –et pour la première fois dans l’Histoire, autant pour les femmes que pour les hommes- une manière de se distinguer, de briller en société, au même titre que l’argent. Et c’est là que l’on entre dans la thèse du libéralisme sexuel, qui implique le second paradigme : il n’y a pas de communisme sexuel. Autrement dit : même chez les hippies, les anars et les nudistes, la consommation effrénée de relations sexuelles est réservée en priorité a une élite, consentie à une classe moyenne, et refusée à un prolétariat (et tout ceci relativement indépendamment de la situation économique des individus : on peut être pauvre économiquement et riche sexuellement, ou l'inverse.) L’overdose de sexe est accessible à une élite de préférence jeune, belle, branchée et confiante. La plupart des gens ont accès à une sexualité disons normale, c’est à dire régulière, avec un nombre de partenaires sexuels modéré. Et beaucoup d’autres (nous en connaissons tous), sont complètement à côté de la plaque : moches, gros, timides, frustrés… Ces individus subissent donc une sorte de supplice de Tantale (si vous ne savez pas ce que c’est, Wikipedia est votre ami) : le sexe est mis en exergue comme étant la panacée, le top, le must de notre société ; les corps sont exhibées nus sur les panneaux de publicités dans la rue, et partout ailleurs, mais eux n'y ont pas droit. Ces mêmes individus qui autrefois étaient mariés de toute façon (pour le meilleur mais certes souvent pour le pire) se retrouvent aujourd’hui complètement sur la sellette puisqu’ils ne dépendent plus d’un système codifié, prémâché, mais de leur propre capacité à séduire pour accéder à la sexualité. Mais il est vrai que vous faites probablement comme moi partie des « nantis » ou du moins de la « classe moyenne », et que le sort de ces pauvres bougres est sensé nous laisser indifférents. Demandons-nous toutefois une seconde ce qui se passera lorsque la cocotte minute explosera…
Bref, passons au cœur de mon propos : qu’est-ce qui me dérange dans le baisodrome qu’est en train de devenir la société occidentale ?
La disparition de l’humain, tout simplement. Ou plutôt, le fait que l’humain lui-même devienne objet de consommation. Parce que l’on baise comme on bouffe un cheeseburger : vite consommé, vite apprécié, vite oublié. Des ex d'une nuit, me retrouvant des années après, étaient effarées que je me souvienne d'elles (!!!) Je ne dis pas que cela soit entièrement nouveau : ça a toujours existé. Ce qui m’effraie c’est que ce mode relationnel, tout à fait superficiel, est en train de devenir le paradigme adopté par la société dans son ensemble. C’est comme ça que ça se passe, c’est la norme, c’est cool et c’est totalement ringard de faire autrement. Nous sommes loin de l’idéal hippie des années soixante, où il convenait (idéalement) d’explorer la sensualité et la spiritualité dans un véritable échange entre êtres humains. L’amour est ringard. Le romantisme est has-been. La rencontre réelle entre deux individus est inutile. La fidélité est catho. Le couple est chiant. L’introduction de concepts spirituels dans la sexualité est quant à elle totalement ridicule (dommage.) On baise quelqu’un comme on se branle : les corps s’entrechoquent sans que les personnes qui sont à l’intérieur ne se rencontrent jamais, et c’est tellement cool ! On ne donne pas du plaisir à l’autre par générosité d’âme, mais parce qu’il est important que cet(te) autre aille clamer sur tous les toits que l’on est un « bon coup » et exhibe notre photo à ses ami(e)s comme un trophée sur son téléphone portable. C’est l’émancipation de l’être humain, le plaisir enfin atteint, la plénitude totale…
Mais de quelle émancipation parle-t-on ? Qui s’émancipe ? Les femmes ? Quelle blague ! La soi-disant « libération sexuelle » est l'ultime forme, pernicieuse et subtile, d’asservissement de la femme, enfin, ENFIN consentante, prête à coucher sans condition, sans concession, avec n’importe qui pour peu qu’il ait une belle gueule et une attitude. Je ne connais pratiquement pas une fille qui ne m'ait pas avoué avoir regretté certains « plans culs », réalisés par manque affectif, abus d'alcool ou désœuvrement. Certaines m'ont raconté avoir couché avec des types qui ne les attiraient pas du tout juste parce qu'elles avaient envie de tendresse et qu'elles ne pouvaient l'obtenir qu'en échange de sexe. D'autres juste parce qu'elles avaient besoin de se sentir « jolies » et « désirables. » Au final je ne compte plus les récits d'espèces de semi-viols, consentis pour de mauvaises raisons à des brutes qui n'avaient pas idée du fonctionnement du corps d'une femme. Ce genre d'expériences semble désormais admis comme faisant partie du parcours « normal » des femmes, qui l'acceptent avec un fatalisme absolu. Belle victoire féministe ! Plusieurs ami(e)s qui travaillent dans des lycées m'ont confiés que des gamines de 15 ans venaient les voir et leur disait (mot pour mot) qu'elle ne comprenaient pas parce qu'elles avaient un nouveau copain depuis deux jours et qu'ils ne les avaient pas encore « sautées », et que ce phénomène les amenait à se demander si le mec avait un problème ou s'il elles étaient repoussantes ou quoi... Belle victoire féministe !
Emancipation de l’individu en général, indépendamment de son sexe ? Définir son intimité (ou plutôt renoncer au concept même d’intimité) en fonction d’une tendance, d’une mode, est-il une émancipation ? Remplacer les carcans sociaux d'autrefois par un libéralisme sexuelle effrénée, où l'intimité devient un objet de glorification sociale, est-ce une émancipation ? Et le pire est que la pudeur, l’envie de ne pas avoir de vie sexuelle avec n’importe qui ni à n’importe quel prix, le refus de participer au baisodrome sont aujourd’hui le top de la nullité : cela signifie être au mieux bizarre ou ringard, au pire un(e) frustré(e) qui théorise pour justifier sa frustration (on l’a assez reproché à Houellebecq !) Je me souviens des années 80 : des artistes tels que Gainsbourg, Prince ou Madonna étaient rebelles justement parce qu’ils exhibaient leur sexualité (ou du moins leur désir de sexualité assumée) au grand jour. Alors, il y avait encore des tabous à briser. De nos jours, être rebelle ce serait plutôt refuser de coucher avec n’importe qui n’importe comment (les textes récents de Prince et Madonna dénoncent d'ailleurs cette dérive) : en vingt ans la tendance s’est totalement inversée, retournée, absurdée. En 2008, la provocation est de parler d’amour et de tendresse. Parler de chasteté serait quant à soit l’ultime outrage, la pire des provocations ! Baiser, tirer son coup, sont devenus une obligation sociale ! Ne pas le faire est une déviance, une anomalie scandaleuse ! Quant à l’influence (déterminante) d’internet : parlons-en ! Oui : les gens se lâchent sur Meetic et autres sites de rencontre (où l'on clique sur les profils et rempli son panier comme sur Pixmania) parce que c’est si facile devant un écran. Pour certains, les timides, ça aide. Pour la plupart des adolescents, ça ouvre la porte du réel. Quand j’avais 14 ans, il fallait se bouger le cul pour aborder une garçon ou une fille. Aujourd’hui, l’adolescent(e) de 16 ans et le (la) trentenaire qui s’y est mis(e) sont tellement habitué(e)s à ces rapports directs qu’ils finissent par oser les appliquer dans la vraie vie, et cela donne ce que les femmes ont toujours reproché aux hommes et que tou(te)s font aujourd’hui : « Tu es beau (belle), je ne sais pas qui tu es et je m’en tape, ça te dis de baiser ? » je ne l’invente pas : je l’ai vu et entendu, et vous aussi. De plus en plus. Chaque année de plus en plus…
Où cela nous mène-t-il ? Je n’en ai aucune idée. Les totalitarismes religieux et politiques d’autrefois n’étaient certainement pas meilleurs. Mais la transformation de l’individu en objet sexuel de consommation est-il une solution pour la société occidentale ? Probablement pas. Au bout de 250 000 ans d’enfance, l’espèce humaine est entrée depuis quarante ans dans son adolescence : enfin elle a le droit de faire n’importe quoi ! Et comme tout adolescent, elle considère que ce n’importe quoi est une bonne chose. Comme tout adolescent, elle considère que ce n’importe quoi est à la fois un devoir et une norme… Soit ! Mais ne me demandez pas de fermer ma gueule, de trouver ça cool et encore moins de faire comme tout le monde, parce que, pour passer à l’âge adulte, il faut atteindre un minimum de lucidité et de maturité. Ce sera notre grand défi, pas qu’au niveau relationnel et sexuel, mais en partie. Parce que cela touche à notre intimité la plus profonde. Parce que quoi qu’en disent la télé, les magazines et les gens que je rencontre en soirées mondaines, nous sommes un esprit ET un corps. Et que mettre son sexe ou sa langue dans le sexe ou la bouche d’une femme, accueillir le sexe d’un homme dans son sexe ou dans sa bouche, ne sont pas des chose totalement anodines et insignifiantes !
C’est cela que nous sommes en train d’oublier.
Cet oubli fait de l''être humain un objet de consommation de plus, et c'est ça qui m’effraie.
22.1.09
... (19)
sous le poids des équations prononcée
ils ne reste plus qu’à faire silence
sourire &
être
16.1.09
Question de rythme...
Question de rythme, question de culture…
Je suis un fervent lecteur de comics américain, éventuellement de mangas et très rarement de bandes dessinées franco-belges. Mes préférences tiennent essentiellement à cette question de rythme. Tout d'abord le rythme de parution : se contenter de 46 pages et devoir attendre un an pour lire la suite, non merci !
Mais mon problème avec la bande dessinée franco-belge est surtout lié à une question de rythme et de densité narratifs. A chaque fois ou presque que je me suis risqué à lire une bande dessinée franco-belge, je suis arrivé à la fin de l'album avec le sentiment d'avoir été arnaqué parce qu'on ne m'avait rien raconté du tout… et en plus, ce « rien » m'avait été raconté dans une précipitation frénétique !
D'une part, je trouve que raconter un récit satisfaisant en 46 pages, même s'il n'est qu'un épisode d’une longue série, frôle l'impossibilité. Contrairement à la littérature, la BD comporte des contraintes narratives énormes : une case ne peut contenir qu'un certain nombre de mots et d'informations visuelles, une page ne peut contenir qu'un certain nombre de cases...
D'autre part, habitué que je suis du rythme américain (un récit dure de nos jours, en moyenne, entre 6 et 12 épisodes mensuels de 22 pages, soit 132 à 264 pages), j'aime que le scénariste prenne le temps de poser l'ambiance, de me laisser pénétrer dans l'âme de ses personnages au lieu de les jeter systématiquement dans l'action (pourtant omniprésente dans la BD américaine, BD de genre par excellence.) La plupart des albums franco-belges que j'ai lus obéissent à une nécessité d'économie inhérente à leur format, nécessité qui contraint le scénariste à condenser l'action au maximum, et ce souvent aux dépends de l'atmosphère et des personnages. Dans ce contexte, la personnalité des héros se résume à quelques caractéristiques et tics de langages et ils sont en permanence plongés dans l’action, sans un moment de répit. S'il est vrai qu'il est primordial qu'un personnage soit clairement « posé » dès les premières répliques de sa première scène, il me paraît vital de lui accorder des moments d'intériorité, de réflexion, d'illustrer son développement non seulement à travers l'action mais aussi à travers des accalmies qui contribuent à le définir et à définir ses relations avec les autres personnages et la réalité qui les entoure.
La bande dessinée franco-belge, qui s'est toujours voulue plus « intellectuelle » et « artistique » que ses contreparties américaines et japonaises, a finalement réussi à devenir tout le contraire de ce qu'elle prétend être. Elle est généralement superficielle, balançant dramaturgie et dialogues à un rythme qui frôle l'hystérie, souvent sans densité, le tout pour aboutir généralement à une impression de superficialité totale pour le lecteur habitué aux longues sagas américaines et japonaises.
Les éditeurs « traditionnels », avec le respect que je leur dois, ne sont pas exempts de toute responsabilité dans cette affaire. Hantés par le souci de rentabilité, ils veulent que les auteurs condensent tout le temps tout. Une splash page (une page composée d'une seule grande case) est généralement refusée de façon systématique par l'éditeur français, alors que cette pratique est courante à l’étranger. Une scène qui prend le temps d’établir une atmosphère sur, disons, 4 pages, avec des cases muettes et des techniques narratives empruntées au cinéma, scandalisera l'éditeur qui expliquera à l'auteur que deux pages suffisent amplement à ladite scène (alors que non, des fois non !) Si Alan Moore avait proposé Watchmen à un éditeur français, surtout à l'époque, il aurait sans doute été contraint d'amputer son récit de toutes les scènes de flash-back, de toutes les scènes « parallèles » à l'histoire (je pense aux scènes du kiosque à journaux et de la BD de pirates) et de toutes les scènes de dialogues non liées à l'intrigue principale. Watchmen eut alors été un récit creux de 100 pages au lieu d'être le chef d'œuvre littéraire que l'on connait (ou, plus probablement lorsque l'on connait Alan Moore, il aurait insulté son éditeur et serait allé publier sa BD ailleurs.)
Il faut ajouter à cela la responsabilité des dessinateurs français, qui ont vis à vis de leurs scénaristes une exigence que leurs collègues étrangers n'ont pas (et je m'en rends bien compte en travaillant en ce moment avec plusieurs dessinateurs argentins) : il ne leur faut pas trop de cases par pages (genre 6 cases c'est bien !) Heu... Oui, sauf que… Si un album de 46 pages comporte 276 cases au lieu de 368… Croyez-moi : ces 92 cases de différence coûtent cher au récit (c'est un quart d'informations en moins !) Vous aure beau rappeler à votre collaborateur que (pour rester sur cette référence incontournable) Dave Gibbons a réalisé Watchmen avec une moyenne de 9 cases par planches (au format comics de surcroît) et que le résultat est magistral, ils vous soutiendra qu’il ne peut pas réaliser une « belle » BD autrement qu’avec de grandes cases ! Par ailleurs, alors que les auteurs américains produisent sans mal un épisode de 22 pages chaque mois (plus encore au Japon), la plupart des auteurs français que j'ai rencontrés pleurnichent qu'il leur est très difficile de réaliser… 46 pages par an ! Il faut les comprendre : ce sont des artistes, ils ont besoin de temps pour murir leur travail… Je ne suis pas là pour pourrir mes collègues mais tout de même, je les trouve parfois bien douillets…
Heureusement, tout cela est en train de changer. Des portes immenses ont été ouvertes par la « nouvelle BD française », souvent proche du roman graphique. Certains éditeurs à peine plus âgés que moi ont également grandi avec les comics et les mangas et comprennent donc le souci de densité. Il n'est plus si rare de voir un éditeur franco-belge publier une BD de 150 ou 200 pages. D'une manière générale, la BD franco-belge s'efforce d'être enfin à la hauteur de ce qu'elle prétend être : une véritable bande dessinée d'auteurs, libérée des formatages arbitraires d'antan.
Il n'empêche qu'ils vont me demander pourquoi mes BD sont si longues… J’en mettrais ma main à couper !
15.1.09
La phrase qui tue !
Sylvère M. (en discutant sur MSN.)
12.1.09
Les sentiers de la gloire
Ben peuchère, je passe à la télé et au cinéma et je le savais même pas. Je me jette tout de suite ou plus tard ?
10.1.09
Voyages autour du monde...
Nicolas Bouvier, L'usage du monde.
Alors que j'offre ce livre à mon amie Tif, qui s'en va dans quelques jours entamer son grand voyage autour du monde (que je vous invite à suivre ici), je réalise qu'il y a tout juste un an, je revenais de mon dernier voyage de deux mois en Inde (dont je vous invite à lire le récit.) Tout ça me donne envie de fouiner dans mes vieux cahiers de voyages et de voir quels récits je pourrais tirer des précédents (un blog peut être rétroactif, non ?)
Un an depuis le dernier retour, un peu plus d'un an avant le prochain départ... En attendant, bon voyage Tif ;-)
9.1.09
Je vis dans un quartier de stars !
- la crêperie Gérard Philippe.
- la boulangerie Alain Prost.
- la pharmacie Christophe Lambert.
- le prothésiste dentaire Claude François !
(Vous ne me croyez pas ? Les pages jaunes sont vos amies !)
8.1.09
... (18)
une excentrique étrangeté
qui contemple la souffrance commune
est quelque peu décalé, il cherche
ses semblables
7.1.09
Non mais j'halluciiiiiiiiiiiiiiine !
En 2001 !
Tout ça pour ça ?!
Putain mais c’que les gens sont petits !
3.1.09
Règle et exception
Jean-Claude Carrière, Le Mahabharata.
2.1.09
De la véritable nature des conflits
Milan Kundera, L’art du roman.
Ramenée d’un niveau global, politique, à un niveau personnel, cette citation de Milan Kundera me semble illustrer parfaitement la nature des conflits entre individus : familiaux, en couple, entre collègues, entre voisins ou entre ivrognes dans les ruelles sombres. Rétroactivement il m’apparaît qu’il ne se cachait pas autre chose derrière tous les conflits dont j’ai, au cours de ma vie, été acteur ou témoin. A bien y réfléchir alors, derrière toutes les raisons, les excuses que l’on s’invente pour déclancher une engueulade, il convient de se souvenir qu’il ne s’agit en fait que d’un désir de domination, de démonstration de force et donc d’ego. Garder cela en tête peut être un moyen d’éviter de se laisser entraîner dans la spirale de la discorde. Car sans toutes les bonnes raisons que l’on se trouve pour justifier l’agression et/ou la réponse à l’agression, ne se sentirait-on pas ridicule, bête, vain, si l’on admettait qu’il ne s’agit en fait que d’affirmer sa volonté sur celle de l’autre ? Sans raison. Par pur principe. Par pur désir d’être « le plus fort. » Nous sommes, en fait, infantiles et risibles à chaque fois que nous nous laissons entraîner dans un conflit.
Bonne année à tous !
27.12.08
Ganesh, version 2
Mais reprenons les choses où je les avais laissées la dernière fois : suite aux premiers retours de l'éditrice Corinne Bertrand, Jérôme eut envie de s'investir davantage dans le projet et me proposa de le repenser à deux. Heureux d'une première collaboration scénaristique avec le dessinateur Wa, en 2004, j'acceptais. Nous passâmes donc 48 heures enfermés à nous brainstormer en long, en large et en travers pour repenser l'histoire ensemble. Premier constat : Corinne et Jérôme étaient bien plus séduits par l'aspect « chronique sociale » du récit que par son côté « comics » : exit donc toute l'intrigue liée à Râvana, et place à une BD plus mordante, plus adulte aussi. La question de la divinité de Ganesh, assumée dans la version 1, restait ici en suspens. Je vous passe les détails de ce remake mais nous aboutîmes à un récit de 94 pages, découpé en deux albums. Le premier fut écrit dans les moindres détails (je restais dialoguiste pour l'essentiel) et le deuxième découpé scène par scène. Quelques mois plus tard, cette version fut présentée à deux éditeurs seulement, qui la refusèrent tous deux, puis Jérôme et moi nous rendîmes compte que notre collaboration atteignait ses limites. D'une part, Jérôme s'affirmait en tant qu'artiste : il commençait à avoir une idée plus précise de ce qu'il voulait faire, des directions artistiques qu'il souhaitait prendre. Je continuais quant à moi de m'engager dans des directions diamétralement opposées, que j'avais prises depuis assez longtemps d'ailleurs. Il nous parut évident que cette seconde version de Ganesh en souffrait. Elle était plus riche, plus incisive, plus mûre que la première, c'est vrai. Mais contrairement à la première, elle manquait d'une cohérence interne réelle, d'une détermination dans le ton et le propos que son ainée, en dépit de ses nombreux défauts, possédait. Cela venait du fait que Jérôme et moi tirions cette BD chacun d'un côté, sans parvenir à trouver un compromis satisfaisant. Nous décidâmes alors, en toute amitié, qu'il était temps pour chacun de voler de ses propres ailes. Temps aussi pour Jérôme d'assumer pleinement son envie de devenir son propre scénariste (ce qu'il fait très bien depuis), et pour moi d'assumer à nouveau mon désir de rester metteur en scène. Peut-être un jour referons-nous quelque chose ensemble, nous évoquions cette idée l'autre jour. Mais ce sera dans longtemps, lorsque nous aurons fait suffisemment de chemin l'un et l'autre.
En attendant, voici donc la seconde version de Ganesh. Si les couleurs sont encore au stade de la recherche sur ces planches (d'où le manque de cohésion qui va vous sauter au yeux), notez le bond spectaculaire qu'avait fait le dessin de Jérôme entre la version 1 & la version 2. Son travail était bon en 2005, il était devenu exceptionnel en 2006 !
Pour la petite histoire, une troisième version du scénario existe, qui fut écrite en 2007 et qui dort depuis dans mes tiroirs. C'était en quelque sorte une synthèse des deux premières versions : j'avais essayé de prendre ce qu'il y avait de meilleur dans les deux et d'écrire l'histoire telle que je la voulais réellement. Il est question que quelqu'un se mette à travailler dessus très prochainement mais... chut !
Pages 1 à 4 :
Jérôme avait ensuite réalisé les crayonnés des pages 24 à 28. Contrairement à la version 1, Ganesh rencontrait Patricia avant Ayanna.
Quelques recherches sur les personnages, à présent :

25.12.08
A ceux qui se sentent coupable de quelque chose...
Joe Connely, Martin Scorsese & Paul Schrader, A tombeaux ouverts
24.12.08
QCM
- La pensée.
- Qu’est-ce qui peut couvrir toute la terre ?
- L’obscurité.
- Quels sont les plus nombreux, les vivants ou les morts ?
- Les vivants, puisque les morts ne sont plus.
- Donne-moi un exemple d’espace.
- Mes deux mains jointes.
- Un exemple de chagrin.
- L’ignorance.
- Un poison.
- Le désir.
- Un exemple de défaite.
- La victoire.
- Quel est l’animal le plus rusé ?
- Celui que l’homme n’a pas encore réussi à connaître.
- Qui est apparu en premier, le jour ou la nuit ?
- Le jour, mais il n’a précédé la nuit que d’un jour.
- Quelle est la cause du monde ?
- C’est l’amour.
- Quel est ton contraire ?
- Moi-même.
- Qu’est-ce que la folie ?
- Un chemin oublié.
- Et la révolte ? Pourquoi les hommes se révoltent ?
- Pour trouver la beauté, soit dans la vie, soit dans la mort.
- Qu’est-ce qui, pour chacun de nous, est inévitable ?
Avant de répondre à cette question, Yudishsthira réfléchit un moment. Sans doute pensait-il à la longue chaîne des réincarnations à la fin de laquelle, disait-on, venait l’entrée au nirvana. Ainsi répondit-il :
- Le bonheur.
- Et quelle est la grande merveille ? demanda la voix.
- Chaque jour la mort frappe autour de nous, répondit-il, et nous vivons comme des vivants éternels. Voilà la plus grande merveille.
Jean-Claude Carrière, Le Mahabharata
16.12.08
Oops... i did it again!
Alors oui, je sais, j'avais dit que je ne le ferais plus... J'étais sensé m'être officiellement « retiré de la scène culturelle lyonnaise. »
Du moins est-ce ce que j’avais expliqué en toute sincérité, il y a quelque mois, à quelques personnes. Après deux ans sur Marseille, et ne me sachant de retour sur Lyon que pour deux ans au maximum, j’avais envie de me la jouer discret, de ne pas me mettre en avant, de faire mes trucs dans mon coin…
Et puis un gars adorable qui gère un lieu adorable (j’y reviendrai quand la date se confirmera) m’a proposé d’un coup comme ça clac de venir jammer sur scène avec lui et son pote musicien. Une bonne vieille impro, comme au bon vieux temps. C’était fait avec une telle spontanéité, une telle générosité, que je n’ai pas eu le cœur de dire non. Le même soir, un musicien de BombayNo-Dogs, le 3 décembre. Ces trois invitations, venant de personnes que je connaissais à peine, m’ont profondément touchées. Elles m’ont rappelé la façon dont j’invitais les gens aux événements que j’organisais jadis, juste parce qu’ils m’inspiraient confiance et que leur travail me semblait intéressant, sans faire de simagrées et on verrait bien ensuite comment cela se passerait… Alors j’ai dit oui, et oui, et oui !
Pour quelqu’un qui raisonne comme je raisonne (résonne ?), une telle accumulation d’invitations ne pouvait être le fruit du hasard : la vie m’invitait à remonter sur scène, comment dire non à la vie ? Alors, comme certains de mes vieux compagnons d’improvisation me répétaient inlassablement qu’ils aimeraient bien reprendre les Combustions Spontanées (nom donné à nos performances depuis 2000), j’ai senti le plaisir de la scène renaître en moi et au diable le reste ! Je n’ai pas pu m’empêcher de relancer la machine, en collaboration avec mon amie -co-fondatrice de Neweden en 1997- Florence Bordarier. Nous voilà donc lancés pour deux soirs au Théâtre de l’Anagramme, les 18 et 19 décembre, et nous avons dors et déjà prévu de remettre le couvert en 2009.
Le fait est que tout ça m’a fait comprendre que si je ne voulais plus monter sur scène, c’était pour de mauvaises raisons. Ces mêmes raisons qui m’ont poussées à prendre « Shaomi » comme nom de plume et de scène afin dissocier « madcap » (mon surnom dans la vie) et « l’artiste » Shaomi. Ces mêmes raisons qui m’ont poussées à me mettre en retrait derrière mes collaborateurs dans tous les projets auxquels j’ai participé ces dernières années. Des raisons qui n’ont rien à voir avec la scène, ni avec la création artistique : l’écœurement pur et simple (et légitime) d’être ce que l’on nomme un « personnage public » car, pour citer l'écrivain Ernesto Sabato, devenir un personnage public est toujours « une chose dégoutante, une sorte de vulgarité, une somme de malentendus, une manipulation. » Il y a la personne que vous êtes réellement, que vos proches connaissent, et puis il y a cette personne qui porte votre nom mais qui n’est pas vous, qui vous échappe totalement, à propos de laquelle des tas de gens disent des tas de choses délirantes, en bien comme en mal. Tous ceux qui ont connu quelque notoriété, fut-elle locale et minuscule comme ce fut mon cas, le savent. Cet écœurement est toujours vif en moi, mais cela a-t-il quelque chose à voir avec l’art, avec la création ou la scène ? Non, rien du tout.
Je me sens juste -enfin !- suffisamment épanoui, serein et confiant pour ne plus me soucier de cela. Il ne faut pas tout mélanger : il ne faut pas avoir honte de faire ce que l’on doit et veut faire sous prétexte que cela déplait à quelques âmes en peine. Pas quand on est honnête avec soi-même. Pas quand on sait exactement là où on en est. Raser les murs pour ne plus avoir à subir les langues de pute est un choix aussi vain que maladroit !
Et je sais qu’il est juste pour nous de combustionner à nouveau : parce que nous aimons ces moments d’improvisation, ce contact avec le public, cette expérimentation d’autant plus goûteuse que la présence du public la rend périlleuse… La valeur artistique du résultat peut-être plus ou moins bonne, plus ou moins mauvaise : « c’est l’jeu ma pauv’ Lucette. » Mais nous feront de notre mieux et tout ça n’a rien à voir avec les mondanités ou quelque désir de se « mettre en avant. » Tout ça obéit à une logique autre, celle-là même qui nous fait passer des nuits blanches à créer lorsque pourtant nous devons nous lever le lendemain, celle-là même qui fait qu’à notre âge nous nous obstinons dans cette voie artistique si peu valorisante en ce monde de banquiers et de vendeurs d’aspirateurs.
Je vous invite donc à venir nous voir jeudi et vendredi soirs au Théâtre de l’Anagramme (27 rue Royale, 69001) à 21h, pour la modique somme de 4 euros (qui iront au lieu et c’est bien naturel vu l’accueil qu’il nous fait, les artistes ne gagnant rien sur ces soirées.) J’y serai accompagné des danseuses Florence Bordarier et Géraldine Berger et des musicien(ne)s Pascale Auffret, Julien Grosjean et François Lamy. Ceci n’est pas un événement Neweden/Mercure Liquide : plus besoin de label, c’est juste nous !
J’en profite aussi pour remercier ceux qui m’ont accompagné sur scène le 3 décembre à la soirée No-Dogs : la même Florence, les musicien(ne)s Sylvain Gérard et Elodie Poirier, le peintre Jean-Pierre Olinger… ainsi qu’Estelle, son staff et celui de la Belle Equipe pour leur accueil. C’était cool ! Un grand merci également à Stéphan Meynet et à l’équipe du Théâtre de l’Anagramme pour le lieu qu’ils nous offrent. Un grand merci enfin à l’artiste Marie-Claire Cordat, que j’ai rencontrée récemment, et qui m’a impressionné par son obstination à faire ce qui doit être fait, en dépit des volées de bois vert que ça lui rapporte trop souvent.
Alors oui je sais, j’avais dit que je ne le ferais plus…
Ooops… trop tard !
Nous sommes là ! Où êtes-vous ?
14.12.08
Homo sapiens sapiens
Etre humain extrêmement inflammable.
Par mesure de sécurité, utiliser uniquement pour l'usage prévu et conformément au mode d'emploi.
Conserver les enfants hors de sa portée.
Ne pas mettre en contact avec les autres êtres humains et les animaux.
Ne pas écouter et éviter le contact avec la peau, les yeux et les muqueuses.
Emballer sous blister ses aliments, ses boissons, sa vaisselle, ses ustensiles de cuisine, ses membres en contact avec les denrées alimentaires.
Débrancher les appareils méningers.
Loger dans des terrariums, des aquariums et des cages et couper l'alimentation de la télévision avant extinction des feux.
Nouer et jeter le préservatif après usage.
Conserver à l'écart des aliments et boissons biologiques, y compris ceux pour animaux.
Conserver l’individu dans un endroit pollué.
Etre humain sous pression.
A protéger contre les rayons solaires et ne pas exposer à une température supérieure à 25°C.
Ne pas percer ou tatouer même après usage.
Utiliser et conserver à l'écart de toute femme ou de tout corps incandescent, source d'ignition et d'étincelles, source de chaleur.
Ne pas faire fumer.
Bien enterrer après usage.
Individu à usage ménager.
13.12.08
... (17)
tu fus joie quotidienne
puis réconfort souvenir
petite fleur des jardins secrets
ton sourire me préparait à la joie
véritable
12.12.08
... (16)
il ne parle pas de ce qui tourne autour
mais des cycles intérieurs
car quoi que soit le temps, le sage
s’en réjouit
11.12.08
Aujourd'hui, c'était la journée mondiale...
Bon voilà c'est fait.
De grâce souvenez-vous que les journées mondiales ne durent qu'un jour !
10.12.08
A trop y penser, on finit par le provoquer...
Gaëlle Josselin, janvier 2002.
2.12.08
Simple
And the indifference between us still remains
God is love, love is God, simple and plain
Partying this way, there’s so much more 2 gain »
Prince, Freaks On This Side
1.12.08
Mieux vaut-il en rire que d'en pleurer ?
Bonne fête à tous les séropositifs !!!
(Oooops...)
30.11.08
Elle est de retour !!!
Loué soit Shiva !!!
Peut-être, alors, avons-nous quelque espoir...
(Ou pas...)
29.11.08
Si les avalanches
cessaient de couler
l'exotisme des anges sauvages
n’aurait plus lieu d'être
si les chiens n’aboyaient plus
au milieu d’un tapage de réveillon
les bruissements d’ailes
passeraient inaperçus
si tu étais là au coin
mes nuits n’encreraient plus
ces milliers de feuilles
l’aventure majeure
perdrait un peu de ma voix
si les vœux se réalisaient tous
le temps cesserait
d’être secrètement horizontal
les enfants figés
si les pinceaux pouvaient gémir
leurs aléas prédestinés
les hommes ne serait plus que grains de sable
& non éclats de dieu
si tu étais là la nuit
mes coins ne s’empliraient plus
de ton absence
mon aventure majeure
aurait moins de panache
27.11.08
Croire & savoir
- Je suis bien obligé de constater, en voyant comment tu as pu survivre ici, que ce doit être quelque chose de sérieux. Mais moi, que veux-tu, je ne crois pas en Dieu.
- Moi non plus.
- Comment ! Mais bien sûr que tu y crois, ça se voit, ça se respire comme la fumée des bougies éteintes dans une église !
- Non. Je ne crois pas en Dieu.
- Allons, tu n’as pas à en avoir honte ! Ce n’est pas une maladie, et je t’assure que ce n’est pas contagieux, la foi ne me menace pas !
- Mais non, Wolfy, je ne crois pas en Dieu. On croit ce qui n’est pas évident, on choisit de ne plus douter. On croit en ce qui n’est pas tangible, en ce qui peut paraître absurde. On croit en l’irrationnel, à l’irréel : je ne crois pas, je constate.
- Quoi, tu constates quoi ?
- Je constate ce qui ne peut pas être nié, si on est un peu raisonnable. Ou plutôt j’ai constaté il y a longtemps, et ensuite les faits sont venus confirmer ma constatation. Je me range à l’évidence, le contraire serait sottise. Je ne crois pas en Dieu, je constate que Dieu est.
- Et ça n’est pas la foi, ça ?
- Non. On lutte pour justifier la foi, on décide de croire plutôt que de douter, on fait souffrir les autres, on tue au nom de la foi. On discute, on argumente, on asservit au nom de la foi. Quand il s’agit de constater une évidence, c’est beaucoup plus simple… et plus paisible. »
Michel Benoît, Bienvenue en Inde - une escale en enfer
26.11.08
Nia / 3 - Hiroshima en août
1 - Jungle de toi
2 - Me perdre en toi
3 - Hiroshima en août
je vis dans une jungle de toi
ton sourire est ma guerre sainte
de toutes les causes
ta sérénité lève des armées de moi
des milliards de cellules
livrent des batailles épiques
pour cultiver cette terre
déjà conquise
je vis dans un nid douillet de toi
tapissé d'ambivalences & de silences
exosquelettes armures de sens interdits
l’envie de toi m'incarne & me détrousse
me submerge d’indécents détails
tes incisives entraperçues, tes lèvres retroussées
lorsque mes jeux désinvoltes
t'illuminent
je vis dans une mégapole de toi
peuplée par des hordes de toi
ton nom slogan scandé par les foules
ton visage célébré jusque sur
les vitraux des églises & les panneaux publicitaires
attraits d'intuitives perspectives
tes lignes de fuite font de moi un prophète
illégal
je vis dans un labyrinthe de toi
au gré du vent que j’appréhende, je erre
ni ailleurs ni perdu, juste habité de tes
intentions tendres & uniques
nourri par l'espérance luminescente
d'une incarnation complète à te croquer
fruit défendu source de trouble jusqu'à-ce que
légitimé soit mon jardin d'éden
je vis dans une immensité de toi
je veux planter ici les racines
d'une moisson d’herbes folles & de légendes païennes
traverser ta fameuse apocalypse & puis
faire de ton petit déjeuner ma prière du matin
te câliner comme un encens qu'on allume
t'encenser te caresser sans arrière pensée
t'allumer comme un brasier cosmique
je vis dans une répétition de toi
ta vallée verte débordante de lianes
qui transpercent en boucle mon éther
sèment des ébauches de béatitude
l'idée sans la chair
me transforme en chats fous qui miaulent à ta porte
je suis un temple sans prêtresse
rempli de pèlerins figés
je vis dans un présage de toi
tout se mêle dans le continuum
jusqu'à cette indienne détrônée
son sari délavé, ses possibles écrasés
par ta naissance en moi
improbablement je veux
bâtir dès aujourd'hui ma hutte
puis filer à l’est avec toi
je vis dans une saga de toi
nourrie d'épopées mythiques comme
nos épaules qui s’effleurent, nos visages rapprochés
perception de tes hypothétiques attentes
& mon flou se multiplie, vomit une infinité
de points de suture possibles au suspense
ne te noie pas dans tes inavouables
nos baisers sont gravés dans la pierre
je vis dans un destin de toi
une inaltérable évidence
de nos parcours bénis, de nos douceurs & de nos
véritables
loin de nos cahiers les faux-semblants
si rares sont les vœux de bonté
en ce purgatoire de monde
qui d'autre que toi ? quoi d’autre que nous ?
je vis dans une malaria de toi
quelque chose de tropical & sans antécédent
chaque petit bout de peau promesse
d'un palais de plaisirs secrets
goûter cette peau de sable & plonger entre toi
m'abreuver en chœur avec
les licornes & les anges
les apsara & les deva
je vis dans une faim de toi
insatiable curiosité quant aux harmonies
de tes plaisirs
nécessité d'en faire
la bande son de mon épopée
de ta nudité mon paysage
& de m'habiller avec
ta langue
je vis dans une gueule de bois de toi
dans la frigidité la plus totale à l'égard
des autres femmes
leurs détresses & leurs phéromones
leurs egocentres & leurs peines capitales
leurs sourires de glaces à l'eau
elles ne sont qu’enfants égarées
tu es la femme sauvage
je vis dans une nécessité de toi
cette pluie d’adhidaiva sur nous
boite à miel aux yeux des autres
le miel je l’offre mais la boite
je ne peux la partager qu’avec
une comme moi
une résidente
du havre véritable
25.11.08
24.11.08
... (15)
est une intolérable introspection
celui qui s’y soumet ne juge plus
alors seulement devient-il apte
à aimer
23.11.08
Ganesh, version 1
La genèse du projet remonte au début de cette même année 2005 : nourri par les bandes dessinées Howard The Duck de Steve Gerber et Vext de Keith Giffen, j'avais voulu travailler sur un personnage en décalage, un freak perdu dans l'enfer d'une grande ville contemporaine. L'idée d'utiliser le dieu Ganesh m'avait été insufflée quelques années plus tôt par la pochette du 1er album de Tabla Beat Science : j'avais envie depuis longtemps de donner vie à ce petit Ganesh en baskets...
La première version de Ganesh était traitée sur un ton assez léger, dans l'idée d'une BD tout public mélangeant humour et aventures fantastiques. Le pitch de base des trois version reste le même : un petit bonhomme avec une tête d'éléphant se retrouve perdu dans le Londres contemporain, amnésique et sans aucune idée de son identité. Très vite, il rencontre Ayanna, une jeune Anglaise d'origine indienne qui vit seule avec sa mère, Patricia. Un petit groupe se constitue rapidement autour de Ganesh, constitué des deux femmes, de Pooja (une étudiante indienne qui s'enivre de la démesure de Londres) et de Brian (le meilleur ami d'Ayanna, un jeune homme bien anglais.) Pour certains, Ganesh est le Dieu réincarné. Pour d'autres, il n'est qu'un handicapé, malformé. Pour la plupart des gens, il n'est qu'un enfant avec un masque. Perdu au milieu de ces interprétations de lui-même, dont aucune ne lui convient ni ne lui correspond jamais vraiment, Ganesh doit faire son chemin dans la société moderne, trouver un travail et surtout donner un sens à son existence, puis échapper aux griffes du Dr. Puri, qui dirige une secte pseudo-hindouïste et qui tente de le manipuler pour convertir de nouveaux adeptes. Dans cette première version, la divinité de Ganesh est finalement admise, et il réalise qu'il est ici pour démanteler les plans du démon Râvana (grand méchant du Ramayana), revenu prendre sa revanche sur l'humanité et travaillant à notre destruction avec la complicité de politiciens et d'hommes d'affaires véreux.
La critique de la société occidentale était soft dans cette première version (elle sera un peu plus mordante dans les suivantes), mais elle restait au cœur du propos. Les personnages d'Ayanna et de Patricia furent inspirés avec tendresse par l'une de mes grandes histoires d'amour et sa maman, occasion pour moi de mettre en scène les contradictions d'une femme arrachée à sa culture et d'une jeune fille qui a grandi dans un monde tout en étant élevée dans les valeurs d'un autre. Occasion également d'exprimer mon affection profonde pour la culture indienne et tout ce qu'elle a à nous apporter.
Cette première version sut retenir l'attention de Corinne Bertrand, qui dirigeait alors la collection Expresso chez Dupuis. Corinne quitta peu après son poste, pour finalement reprendre la collection Quadrants, chez Soleil. En dépit de ces turbulences dans sa carrière, Corinne sut prendre le temps de nous accompagner avec patience et bienveillance sur l'évolution d'un projet qui, comme je vous le disais, devait mûrir et revêtir plusieurs formes. Mais je reviendrai là-dessus dans quelques temps, lorsque je posterai les planches de la deuxième version. Même si le projet ne fut finalement pas signé, faute de trouver la maturité, la forme définitive, qu'y cherchait Corinne, nos échanges avec elle furent riches et constructifs ! Un grand merci à elle pour le temps qu'elle nous a alors consacré, et surtout à Jérôme pour avoir su à deux reprises donner forme à ce projet.
Je vous laisse à la lecture des planches réalisées et esquissées pour le dossier éditeur (il vous suffit de cliquer dessus pour les agrandir.) J'espère de tout cœur que ce début vous donnera l'eau à la bouche.
Prototype de couverture #1 :

Prototype de couverture #2 :

Pages 1-5, finalisées :





Pages 6-12, esquissées :
Où Ayanna et Ganesh s'interrogent :


Pour explication, cette page introduisait Râvana et ses deux tueuses bisexuelles (on ne voit pas très bien les personnages sur cette esquisse) :

Retour à Ganesh, qui s'aventure dans les rues de Londres :


Où l'on rencontre Brian, le meilleur ami d'Ayanna :

Quelques recherches de personnages, à présent. Tout d'abord, Râvana et ses deux tueuses bisexuelles :

Ganesh et ses amis :

Quelques autres personnages :

Et, pour finir en beauté, Ganesh au milieu des freaks de Camden :
22.11.08
... (14)
sur les fleurs & puis pleurnichent
lorsque les roses les piquent
même au jardin d’éden, les anxiogènes engendrent
le chaos
21.11.08
18.11.08
La subversion n'est plus ce qu'elle était...
Mais j’y reviendrai car les réactions à mon premier article à ce sujet m’ont inspiré quelques réflexions que je suis en train de mettre en forme pour un futur article.
Tout cela m’amène simplement à recopier ci-dessous les paroles, passées inaperçues, de l’un des tubes de l’année 2008 : le magnifique Acceptable In The 80’s de Calvin Harris. Outre que ce morceau restera comme l’une des perles electrofunk de la décennie, il évoque avec nostalgie une époque où (tout au moins dans les chansons - mais ne sont-elles pas un reflet de l'air du temps ?), le romantique, la tendresse, la sensualité et la subtilité étaient encore des concepts acceptables dans les relations hommes/femmes. Un grand bravo à Calvin Harris pour être parvenu à faire un tube d'un texte aussi subversif !
I've got love for you
If you were born in the 80's, the 80's
I've got hugs for you
If you were born in the 80's, the 80's
I'll do things for you
If you were born in the 80's, the 80's
I've got hugs for you
If you were born in the 80's, yeah!
It was acceptable in the 80's
It was acceptable at the time
It was acceptable in the 80's
It was acceptable at the time
15.11.08
Au bout du compte...
Facile à dire, extrêmement difficile à pratiquer.
Mais la récompense est sans équivalent.
14.11.08
Une incroyable découverte scientifique !
« Au bout de 14 heures d’écoute ininterrompue de l’album Mistigri Torture de Mickey 3D, nous avons constaté que les boutons blancs de 94% des adolescents avaient littéralement explosés. » déclare Valérie Solanas, attachée de presse de l’institut. « C’était tout à fait incroyable à observer, quoi qu’assez dégouttant : les boutons blancs explosaient les uns après les autres, et ce sans qu’aucune pression physique ne soit exercée ! »
L’incroyable découverte fut faite par Mme. Véla Gloryole, dermatologue au sein de l’institut : « Je connaissais l’origine du titre de l’album Mistigri Torture : les membres du groupe Mickey 3D avaient constaté que les gens vivaient effectivement l’écoute de leur musique comme une véritable torture. Je m’étais donc longtemps interrogée sur leur succès pourtant éblouissant auprès des 12-18 ans » explique Mme. Gloryole. « C’est le témoignage de ma fille qui m’a mis la puce à l’oreille : ses innombrables boutons blancs avaient soudainement explosés lors d’un concert du groupe en 1998, alors qu’elle était âgée de 16 ans. Plusieurs de ses camarades avaient subi la même expérience et tous les adolescents boutonneux du lycée avaient immédiatement acheté l’album de Mickey 3D. Il est probable que ce phénomène se soit produit à l’échelle nationale et ait expliqué le succès soudain du groupe auprès des jeunes, pour qui les boutons blancs sont un problème très pesant ! Quand je pense aux années de recherche que nous avons perdues ! Quel dommage qu’il ait fallu 10 ans à ma fille pour me raconter cela ! » conclut Mme. Gloryole.
L’institut -qui préfère garder l’anonymat jusqu’à la fin des négociations- envisage de signer un contrat avec le groupe Mickey 3D afin de concevoir un produit « associant leur prochain disque à l’un de nos produits cosmétique. » Mme. Solanas ajoute qu’à sa grande surprise, l’écoute des disques de Mick Est Tout Seul n’a aucun effet sur les boutons blancs. Mais des tests sont dors et déjà prévus pour voir s’ils n'ont pas une action quelconque sur les points noirs ou les verrues.
10.11.08
Nia / 2 - Me perdre en toi
2 - Me perdre en toi
3 - Hiroshima en août
pas vraiment désolé de t’aborder comme ça
de te tourner autour à chaque instant thé, de ne plus me contenter
de t’effleurer avec mes yeux tachetés
pas vraiment navré de ne même plus être timide
j’ai passé l’âge d’avoir un âge, je suis juste assez lucide
je suis trop sage pour rester sage
j’ai comme envie d’acheter un billet
un aller simple plus ou moins
vers l’épiderme de ton épicentre, de manger toute une épicerie de toi
j’ai comme envie de faire avancer la science
de vérifier des théories chimiques
sur la manière dont tu griffes & tu mords
viens, je veux juste me perdre en toi
plutôt que de me perdre en moi-même
dans ma tête il y a cette voix
qui m’obsède & qui me dit qu’elle m’aime
à la télé ils parlent d’amour
leurs boites crâniennes débordantes de mots
à ce stade je ne sais même plus
si ce mot existait avant toi
tu as fait de moi un créationniste
« & dieu créa la femme… en 1987 ! »
laisse-moi juste te faire un sort
t’épouser jusqu’à la prochaine cour de réincarnation
servons-nous de nos chairs, amor con carne
tu peux te lover petite chatonne ou bien jouer à catwoman
je veux juste jouer sans règles, juste jouer, juste jouer avec toi
réinventer d’hypnotiques & antiques rituels
viens, je veux juste me perdre en toi
plutôt que de me perdre en moi-même
dans ma tête il y a cette voix
qui m’obsède & qui me dit qu’elle m’aime
tous mes amis qui font des paris
sur des princesses de pacotilles
& puis mes ex qui sont toutes devenues nécrophiles
qui se vautrent dans des vieux qui puent
& toi qui joues aux billes avec un gamin sans voix
le monde se prend pour titanic ou c’est juste moi qui trippe ?
j’ai juste envie de te croquer croquette
pas juste une nuit, plutôt la moitié d’une éternité
j’ai juste envie de dire aux hôtesses de l’air
qu’elles sourient à un homme marié
j’ai juste envie de te toucher encore
de construire mon nid dans ton corps
viens, je veux juste me perdre en toi
plutôt que de me perdre en moi-même
dans ma tête il y a cette voix
qui m’obsède & qui me dit qu’elle m’aime
8.11.08
Batman forever!
Ankara – la Dogan New Agency rapporte que le maire de la ville de Batman, au sud-est de la Turquie, a déclaré mercredi qu’il s’apprêtait à attaquer en justice les auteurs des films à succès « Batman », affirmant que les auteurs en question avaient utilisé le nom de la ville sans autorisation.
« Il n’y a qu’une seule Batman sur cette terre », a déclaré le maire de Batman, Huseyin Kalkan. « Sans nous en informer, les auteurs américains des films ont pris le nom de notre région. »
Huseyin a ajouté que, si nécessaire, il porterait l’affaire devant la justice américaine.
7.11.08
La Herse
LA HERSE
un piano s’écrase sur l’ombre
synapse dévergondée
si d’ailleurs synapse il y a
silhouette inanimée d’un possible évènement
recraché par le saint journal télévisé
vissée à son cadre image d’un moine clair-obscur
entre sociétaires il n’y a nulle épouvante
qui ne soit concevable
les enfants voudraient se réfugier
en un ailleurs compulsif extensif
extension du moi cultivé en fleur
inapte à la parole donnée
les enfants gerbent nos « il ne faut pas »
(messe rock‘n’roll yeah !)
mais qui leur apprend les « tu pourrais » ?
l’échelle des possibles
est niée en cadence
mangez vos vaches en silence !
hurle la maîtresse aux enfants
la peur lyrique entretenue
(grand méchant lupus)
pour masquer l’agonie des vaches sucrées
la parole n’est que pour ne rien dire
le dogme du soi-même s’élève contre
le don de soi par les mots
si l’anse casse l’homme tombe (croit-on)
on envoie les femmes bronzer sous
un soleil paradoxal
(mais fourni avec crème solaire)
les hommes se gaussent de liquides obscènes
les enfants quant à eux
enfermés dans leurs barbies pendant que
big jim rit dans sa barbe
tic tac, l’heure tourne !
et nul ne s’éveille
mademoiselle lumière choupette chatte
love-toi entre deux pages
renie ta femme sauvage
donne-toi à l’homme poubelle, tu es si belle
(tic tac…)
objet de luxsueur
on te donnera à manger à Baal
sa semence imposée à tes dieux païens
ta semence répandue pour trois fois rien
tic tac, que reste-t-il aux morts ?
un filament de l’innocence
un firmament d’existence
une chansonnette de ruelles sombres
mais qui sait ce que font les morts, pourtant
sourit à chaque incongruité
que lui suggère le bruit
5.11.08
... (13)
le tampura porte la vie
lorsque s’achève un cycle
les jappements s’abîment
dans l’alap
4.11.08
... (12)
s’affiche un cryptogramme
le zéro s’éclipse
le un est apocalypse
le reste reste
3.11.08
... (11)
anges & à leurs danses
noirs de monde sont leurs chapiteaux
de leurs éclats se nourrit
l’utopie
2.11.08
... (10)
sont la preuve inavouable
d’électricité
en une friche déclarée
abandonnée
1.11.08
... (9)
d’entre toutes les plus goûteuses
mais la norme iso du danseur
lui interdit d’uriner
sur la piste
31.10.08
... (8)
erre en un labyrinthe sémantique
examine sans cesse
mais ses avancées nourrissent
autrement
30.10.08
... (7)
est un labeur de funambule
épuisant, sur des œufs permanents
au cœur de cet enfer
réside la joie
29.10.08
... (6)
porte son intégrité
dépourvu de niaiserie
l’art radical est une âme morte
sans recul
28.10.08
... (5)
qu’un confortable réceptacle
sans fascination esthétique
le sens même du mot « désir »
lui échappe
27.10.08
... (4)
il déborde en celui que consume
des préoccupations d’ordre divin
le corps devient l’autel de cérémonies
sacrées
26.10.08
... (3)
ni par le hurleur ni par le loup blanc
ce qui est libre de droits
sera la pitance lunaire
du hurleur
25.10.08
... (2)
les tares des anges
les exobiologistes savent que la lumière
provient des soleils
& c'est un fait
24.10.08
... (1)
quoi que tissant la toile
elle n’est qu’au service
d’une infinité d’anachronismes
vitaux
23.10.08
Nia / 1 - Jungle de toi
2 - Me perdre en toi
3 - Hiroshima en août
je vis dans une jungle de toi
je suis une fenêtre ouverte sur nos fausses notes
chaque jour
est une nouvelle
chaque jour
répétition
chaque jour
d’un opéra
chaque jour
avorté
je m’efforce de ne rien faire d’autre que des mots
je m’efforce de ne pas
à pas je tourne autour du
potiron
je me force
digne et serein comme un archange en rut !
mes dents du fond baignent dans
nos ambivalences
nos jeux secrets
nos démences imaginaires
où sont les antibiotiques ?!
qui a caché l’antirobe ?!
intuition vaine/sixième sens h.s./médiumnité déglinguée
demain est néant
dramaturgie irrévélée
trajet d’y
irrévérente
le sens est déguisé en je capte que dalle
dé où ? sexe miamachina !
juste un puit d’amour répétitif
je m’interroge en attendant la neige
& toi innocente choupette
tu ignores ton propre âge
tu te crois petite gamine
ha !
vieille âme
réchappée d’ères antiques
vers des lendemains cruciaux
un jour tu sauras !
si tu étais autre chose
je lirais tes pensées
comme je lis les autres
mais tu es un mur de briques
& moi statue
réduite au statut néant
coucou de midwich
tes coucous font mes jours
tes inconnues mes équations
mathématique(s)
je me retiens
je n’effleure que
… (!)
j’effleure quoi ?
tes yeux ?
même pas sûr !
je tourne en rond dans une flaque inflammable
combustion spontanée
tu viens et reviens et tu restes
tu parles de lui
tu es avec moi
tu parles de lui
tu es avec moi
toujours présente indifférente
d’éternelle dernière nuit grave
en éternelle dernière nuit grave
(tue) mens à la santé !
je suis là
où est-il ?
il est ton ombre
je suis ton temps
mais l’éthique m’enchaîne
à un silence enragé
l’impatience déchire mes nuits
pourris mon sommeil de poèmes impromptus
tu m’habites
tu me hantes
fantômette
exquise
j’aime bien, en fait…
on saura quand l’eau se sera retirée
21.10.08
Sensibilité
une nuit, tu découvriras que l’on peut faire tomber les objets des murs à condition d’être deux
une nuit, tu regarderas ses mains transformer la cire des bougies en lettre d’amour anti-spam
tourbillon ressenti
ensemble - uni
libère ce que le multiple divise
visitant les hauteurs
tu oublieras l'absence
de sensibilité
l’esprit s'était trop enlisé
longue domination de ce qui freine
(ce qui empêche)
écoutée, la voix qui résonne
qui tape à ton carreau, qui se donne
croire
est le vrai miroir
la sensibilité
emporté
tu
souris
tes sens te guident
rien ne vaut que rien
matin enfin apparu
vérités toutes nues
(ne plus pleurer)
personne n'est assez pour personne
tout est trop pour chacun
seul celui qui abandonne
trouve
(tout ce qui est bon)
voit l’ensemble
expose l'être
la sensibilité
demain tu étais vieux
atteingnais-tu ton mieux ?
la volonté
juste
jour où tu es là-haut
non-erreur, non-fardeau
(archange)
loin de ce qui démange
(ne peux refuser cadeaux !)
tu deviens
sensibilité
un jour, le vent soufflera paisiblement sur la ville, & tu rencontreras des êtres dévoués à l’appréciation du temps
un jour, la radio t’expliqueras le chant des tablas & l’odeur des épices
un jour, un bouton, un fil & une aiguille te montreront que celui qui cherche cherche mal, & que la réponse est toujours dans la question
20.10.08
La tentation de l'eau (2)
1- Comme le temps qu'il fait
2- Cartographie des conséquences
Cartographie des conséquences
Enfance, intense
Maison douée de raison
Le vide était fait
Lova-lova light
Les lendemains blancs comme neige
On ne sait jamais
A quelle heure
Sont livrés les colis-surprise
Verts comme neige
Disais-je
Jusqu’à la vallée multicolore (joie !)
Deux perles contre
Deux murs de sérénité
Deux voies, cartographie : néant
Imprévu, toujours
Il faudrait pouvoir
Se lasser des équivoques
Triangle de Damoclès (attention : fragile !)
Glaive de braise qui s’effrite
Aux croisement de nos yeux, mais...
Tentation du sable, si douce
Fuck aux chansons populaires mélodramatiques !
Etreinte de Shiva
Vieillir sage – peut-être
Comme un ours
Qui se nourrit de Dieu
Câliner la fée – sans doute
Des bisous
Exclusivité/compassion - compatibles ?
On doit bien pouvoir se frayer au milieu
Il faudrait essayer, un truc comme…
Bisounours ???!!!
Un compromis persopolitique
Un pacte peut-être
Deux quêtes, côte à côte
Cartographie des conséquences
Un beau mariage ?
Un beau carnage ?
C’est juste que quand je te vois, je…
Dis-moi non, stoppe/
Encore !
C’est un peu ainsi
C’est inéluctable ce tremblement
Mais je ne veux plus égarer l’extase
La lumière d’en haut
Le calme d’en bas
Cet amour qui m’arrose
Cet inconditionnel que ne valent
Ni les mots ni les caresses
Mais que peut-être…?
Ne m’emprisonne pas, tentation du sable, emplis-moi plutôt
Ne pourrions pas juste danser
Sereinement avec l’eau ?
11.10.08
Lingam

En exil
Répétitif
Agonise un bilan commun
Proactif, précipice
Répétition
Increvable boucle
Exhibition pudique
Yin et yang en triangle
Toi, toi, mon toi !
Illusoire
En/gluant
Sournois
Veuillez patienter…
Déjà dupé !
Soufflent
Les leurres
Quelle heure ?
Trop tard
Sur le seuil
De l’orgueil
Poussif sur le dance-floor
Emporté par la fontanelle
Les pieds enterrés
Dans le sable
La voix qui porte
Qui frappe à la porte ?
Shiva amoureux
Justice ambiguë
Ambivalente avalanche
Neige qui se déploie
Sans loi nulle foi
Sans voix nul émoi
Savoir
Ce que ces mots
Creusent
Ocre qui se moque ? Bric & broc médiocre(s) ?
Tout ce verbiage
Place du marché
Détourné
Nié le temps
Rentré dans leur jeu
Poussé dans le je
Sorti sous des pluies acides
Rentré dans la nuit lucide
Dissection par la démence
Âmennemi s’acharne harcèle jusqu’à la gerbe
Réactions superflues mais soulevées
Par le désir sensuel de transparence
La scène appelle
Plus forte
Se retirer vraiment ?
Ejection précoce ?
En attendant
Bon dos (toujours)
Lire entre les instants
Aspire hors du monde (?)
Lingam
Linge-âme salant famille
Brûle pourpoint certes
Mais roseau en dedans
Bref…
Vivement lundi, vivement l’indice, exil 2010
Exit en l’Inde ivre d’humide
L’humilité, enfin !
9.10.08
Crise du logement
« LYON 9
Location - Appartement - 1 pièce(s) - 25 m² environ
IDEAL COLOC POUR TROIS LYON 09 AV MEZZANINE STUDIO DE 25M² EN TBE KITCH EQUIP DBLE VITRAGE PX METRO »
Hardcore ! Lol !
4.10.08
1.10.08
La menace fantôme
Il se trouve en effet que, si l’on remonte à l’époque (révolue) à laquelle j’étais impliqué dans la scène culturelle lyonnaise, j’ai appris qu’un certain nombre de gens, tous ou presque inconnus au bataillon, ne m’aimaient pas. J’entendais des rumeurs, des amis m’avertissaient que tel ou tel daubait sur ma gueule et l’on me rapportait des propos totalement ahurissants à mon égard, qui ne manquaient jamais de me choquer et de choquer mes proches. Et puis les années ont passé et j’ai pris du recul et j’aurais bien aimé oublier tout ça mais de temps en temps je croise quelqu’un que je ne connais pas, où bien on me contacte via Myspace, et j’ai droit à des sous-entendus malveillants, des remarques ambivalentes, voire carrément à des « insultes polies » comme ce fut le cas de la part de la personne susnommée, qui s’étonne que je réagisse grossièrement à ses propos si courtois. Je lui ai quand même présenté mes excuses pour mon vocabulaire, puisqu’elle me l’a demandé… Mais nous savons elle et moi ce qui a été dit et par qui !
J’ai quand même observé quelque chose : ces gens qui ne m’aiment pas, ces ennemis inconnus avec lesquels je n’ai jamais eu l’honneur de discuter, je sais quand même à peu près qui ils sont. Et ils appartiennent systématiquement à l’un ou l’autre de ces deux milieux : les gauchistes anarchistes ou les artistes vraiment underground. Pourtant, on peut difficilement me reprocher d’être un ultralibéral ou un fasciste dans l’âme, et j’ai assez fait dans l’artistique underground pour partager les galères de la deuxième catégorie. Alors quoi ? Et bien, j’ai fini par comprendre : ces deux milieux socioculturels (si j’ose dire) ne supportent pas la joie de vivre. Les premiers parce qu’il est indécent d’être heureux dans un monde gouverné par les méchants, les seconds parce qu’il est indécent de ne pas être dépressif quand on est un vrai artiste et que si l’on a le culot









